Les Vents de Spica
( Spica 2 )
de André-François Ruaud
aux éditions Black Coat Press ,
collection Rivière Blanche
Genre : SF
Sous-genres :
  • Aventure
  • SF

Auteurs : André-François Ruaud
Couverture : Grillon
Date de parution : octobre 2008 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 330
Titre en vo :

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Du vent...

André-François Ruaud est un acteur important de l’univers de la science-fiction française : il est l’homme derrière Les Moutons électriques, mais aussi essayiste et anthologiste (Cartographie du merveilleux, Science-fiction, une littérature du réel ou bien Le Dictionnaire féérique).
C’est également l’auteur de deux romans : La Cité d’en haut et Les Vents de Spica. Ces deux ouvrages décrivent Spica, un monde peuplé d’humains et de créatures entre l’homme et l’animal. On retrouve dans les deux récits le même personnage, Ariel Doulémi. Ce dernier enquête sur des crimes commis dans la Cité d’en haut, ville construite autour et sur un palais gigantesque.

Un attentat, une enquête, un voyage.

La Cité d’en haut connaît une grande quiétude jusqu’à ce qu’un attentat soit commis. Des laboratoires important pour la ville ont été détruits. Pourquoi ? Madame Ha, son assistant Ariel, l’homme-chat Madjid et Mouni, la jeune fille, mènent l’enquête. Leurs investigations vont les mener de la Cité d’en haut à la découverte de leur monde, Spica...

Un livre-univers décevant.

Les Vents de Spica est un livre-univers. Il est indéniable que l’auteur veut explorer la planète qu’il avait déjà présentée dans son premier roman, La Cité d’en haut. Il décrit donc avec force détails le palais, la cité perchée sur son toit, mais aussi les espaces sauvages alentour. Ses personnages s’en vont même explorer des contrées lointaines, jusqu’à la mer.
Avant, les habitants de Spica vivaient à l’intérieur de cette grande construction. Mais soudainement, l’Empereur, personnage mystérieux disposant d’une technologie avancée, a abandonné Spica et forcé les habitants de la planète à vivre dehors. Ces derniers ont alors construit une cité autour et sur le palais. Le lecteur, au bout de quelques pages, est pris d’une grande curiosité pour cette cité et ce palais.
Malheureusement, il ne la verra jamais assouvie. Finalement, la Cité d’en haut se présente comme une ville assez banale. L’immense construction sur laquelle elle se dresse n’est qu’un détail dans l’histoire racontée ici. Les personnages quittent la cité dès la moitié du roman.
Le résultat est l’impression que Spica est un monde fadasse et que l’auteur ignore bien maladroitement le peu d’éléments intéressants qu’il possède.

Une histoire ennuyeuse.

Tout cela est assez contradictoire avec la place importante que prend la description de Spica au sein du roman. Car il faut dire ce qui est : l’enquête d’Ariel et de ses compagnons n’est qu’un mauvais prétexte pour faire découvrir la campagne spicane. Campagne qui ressemble d’ailleurs exactement à ce qu’on connaît sur Terre, avec animaux pseudo-différents pour agrémenter le tout.
Pourquoi dis-je que l’enquête est un mauvais prétexte ? Parce que le récit est longuet. Il y a nombre de chapitres sans intérêt (même au point de vue de la découverte de la planète). Les enquêteurs ne font que suivre une série de fausses pistes. Ils décident finalement de quitter la Cité d’en haut pour un voyage sans aucune péripétie qui les mène comme par miracle jusqu’aux coupables de l’attentat. C’est simple, il suffit de lire les trois premiers chapitres, puis l’épilogue, pour connaître tous les détails de l’enquête.
Dans un roman-univers, l’aventure vécue par les personnages principaux n’est pas forcément un élément vital. Si elle est ennuyeuse, il faut que l’univers soit irréprochable. Or, dans Les Vents de Spica, elle est sans cesse coupée, ralentie par des descriptions de l’univers qui n’émerveillent pas.

Le principal défaut des Vents de Spica est probablement que Ruaud s’appuie trop sur son premier roman. Sans doute a-t-il écrit ce livre en pensant que tous ses lecteurs auraient déjà lu La Cité d’en haut avant d’attaquer Les Vents de Spica. Ce n’est malheureusement pas le cas.
Ce deuxième roman d’André-François Ruaud est totalement dispensable.

Stéphane Gourjault

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