Les Chants de Felya
de Laurent Genefort
aux éditions Livre de Poche
Genre : Science Fiction

Auteurs : Laurent Genefort
Date de parution : mars 2016 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 608
Titre en vo :
Première parution : octobre 2013

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Itinéraire fascinant que celui de Laurent Genefort… Livre après livre, il creuse son sillon dans le milieu de la science-fiction française. Après des réussites comme Arago ou Les Chasseurs de sève, le cycle d’Omale, inauguré à la fin des années 1990 l’a fait passer à un autre stade de son œuvre, plus ambitieux. Pour autant, l’homme est humble (même s’il a passé un doctorat sur les livres univers) et n’oublie pas d’où il vient. Il a fait ses classes au Fleuve noir dans les années 1980 et 1990, l’usine à fabriquer de la littérature de gare comme disait mon ex. En 2013, les éditions Critic ont republié trois ouvrages en un seul volume, dénommé Les Chants de Feya, réédité ensuite en livre de poche. Alors, que valait la « jeunesse » de Genefort ?

 

Une planète à deux soleils, deux jeunes gens et une Multimondiale

 

Sur Felya, la planète aux deux étoiles, vivent des tribus d’indigènes. Le jeune Lorin fait partie de l’une d’entre elles et porte un tatouage de labyrinthe. Mais Lorin est fasciné par les « vangkanas », les hommes qui débarquent des étoiles en empruntant les portes de Vangk. Pour cela, il doit s’éloigner de sa tribu en compagnie de son frère Diourk pour se purifier, puis la rejoindre dans son voyage vers de nouvelles terres. Au cours de son errance, il rencontre Soheil, une jeune fille aux yeux arc-en-ciel, de la tribu des tailleurs de sel. Lorin s’entiche d’elle, au grand désespoir de Diourk. Ils ne sont pas au bout de leurs peines car la planète est mise en coupe réglée par les « vangkanas », aux ordres de la FelExport, une multimondiale particulièrement âpre au gain. Lorin et Soheil, de plus en plus liés, n’en sont qu’au début de leur errance.

 

Faire ses gammes

 

Ce volume comprend Le Labyrinthe de chair (1995), De chair et de fer (1995) et Lyane (1996), originellement publiés au Fleuve noir. On y reconnaît facilement l’influence de Jack Vance, de Stefan Wul évidemment. Les personnages de Lorin et Soheil pouvaient séduire un public alors adolescent et fan de science-fiction. Eh bien, les choses ne changent pas avec l’âge ! Sans atteindre le niveau d’Omale, Les Chants de Felya séduisent par ce mélange de naïveté et de réalisme dur : la FelExpert détruit des environnements, des cultures, des sociétés, des familles sans aucun complexe. L’arrière-plan de ces romans rappelle bien des drames contemporains. Pour tout cela, voilà bien du plaisir de lecture car, cher lecteur, Genefort a hérité de ses maîtres Wul et Vance le fameux sense of wonder. On croit à cet univers et à ces personnages. Voilà bien la marque d’un talent bien singulier.

Sylvain Bonnet