aux éditions
Auteurs :
J. M. Erre
,
Edgar Rice Burroughs
,
Arnaud Duval
,
Frédéric Mars
,
Eric Vérat
,
Howard Philips Lovecraft
,
Anna Kendall
Date de parution : 0000
Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
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Régulièrement, Jean-Luc Rivera évoque ici ses coups de cœurs et ses bonheurs de lecteur...
Avec "Le Pays des Morts", premier tome de la trilogie des "Landes d’Amevignes" (Castelmore), Anna Kendall démontre que, bien souvent, il y a plus de créativité chez les auteurs dits "jeunesse" que chez les "adultes". Voilà un roman de fantasy tout à fait curieux et original : le héros, le jeune Roger, quinze ans, orphelin élevé par son oncle et sa tante - auprès desquels les Ténardier sont de braves gens... -, possède le don de passer dans le Pays des Morts. Et quel pays étrange ! Les morts amnésiques et apathiques n’y font rien que rêvasser pour, apparemment, l’éternité dans un paysage aussi immuable que monotone, sorte de reflet terne de notre monde. Suite à un concours de circonstances dramatique, Roger se retrouve "lingère" au château de la reine Caroline, souveraine du reinaume (puisqu’ici les femmes gouvernent et les hommes protègent), en lutte avec sa mère, la reine Eleanor, qui a refusé de lui céder la couronne, comme il est de coutume, lorsqu’elle a atteint l’âge de trente-cinq ans. Mais Caroline a la réputation d’être une sorcière (elle a six doigts à une main, signe qui ne trompe pas dans cette société superstitieuse qui ressemble fort à celle du XIVème siècle européen). Résultat : le reinaume est divisé, les luttes de pouvoir sont de plus en plus ouvertes, et Roger se retrouve utilisé par la reine dans son combat contre sa mère, tout en essayant de survivre et de tirer son épingle du jeu.
Le héros de Conan Doyle fait partie de ces personnages mythiques et intemporels dont le succès ne se dément pas et qui ont un lectorat d’amateurs souvent très éclairés.Ce sont ces spécialistes, les "holmésiens", que nous emmène découvrir J.M. Erre dans "Le Mystère Sherlock" (Buchet-Chastel). Il ne s’agit pas d’un pastiche holmésien proprement dit puisque l’action se déroule de nos jours et que le grand détective n’apparaît qu’en tant que sujet d’études passionnées. L’auteur trace avec force humour, jeux de mots souvent douteux (pour ne pas dire "foireux") et pleinement assumés, à grands traits exagérés, le portrait d’une dizaine de spécialistes du Canon (les nouvelles et romans originaux de Doyle racontant les enquêtes de Holmes) réunis dans un petit hôtel, le Baker Street, près des fameuses chutes de Reichenbach en Suisse : l’objet de ce colloque est d’attribuer à l’un d’entre eux la chaire d’holmésologie qui va être créée à la Sorbonne ! Suite à une avalanche, ces (in)dignes savants vont se retrouver bloqués dans l’hôtel alors qu’un tueur se met à l’oeuvre pour les éliminer l’un après l’autre, crimes en chambre close absolue... A eux de faire tourner leurs petites cellules grises - oups, mes excuses pour avoir repris une expression du grand rival (mais nous avons appris p. 254 que "le poirotphile est sournois !") - pour essayer de résoudre le mystère et sauver leur vie. C’est l’occasion pour l’auteur de nous faire visiter avec un regard à la fois sympathique, amusé et médusé, l’Holmésie et ses habitants, découverte tout à fait savoureuse grâce aux commentaires du candide de service, dans ce cas une journaliste, Audrey, infiltrée sous la couverture d’une serveuse pour faire un reportage sur ce petit monde et qui éclaire le lecteur non averti par des extraits de son "Sherlock Holmes pour les Nuls". Grâce à Audrey et J.M. Erre, j’ai d’ailleurs appris que je me situais sans doute dans les niveaux 4 ou 5 de l’échelle holmésienne qu’ils ont établi, pas encore inquiétant mais se méfier ("on se met à privilégier le texte original en anglais, ... on suit des colloques." p. 10).
Est-il encore besoin de présenter Howard Phillips Lovecraft ? Celui qui est certainement l’un des plus grands, si ce n’est le plus grand, écrivain de fantastique/science-fiction/horreur du siècle dernier, reste totalement indémodable et mythique. Qui ne connaît, ne serait-ce que de nom, Cthulhu ou le Necronomicon ? Les Editions Bragelonne viennent de sortir, sous le titre "Cthulhu le mythe", un bel ouvrage reprenant les neuf nouvelles fondatrices du mythe (manquent uniquement "Les Montagnes hallucinées" et "Dans l’abîme du temps", peut-être pour un autre volume ?). C’est en tout cas l’occasion pour tous ceux qui aiment Lovecraft de relire leur auteur favori dans une nouvelle traduction de Maxime Le Dain et Sonia Quémener et pour les autres de le découvrir à travers certaines de ses nouvelles les plus puissantes et les plus évocatrices.
L’un des plus grands auteurs de littérature populaire - au sens noble du terme - fut, à mon avis, Edgar Rice Burroughs. L’une de ses grandes créations fut Tarzan, l’autre l’inoubliable John Carter, gentleman de Virginie et plus grand guerrier de Mars. Ils ont tous deux cent ans cette année et sont toujours aussi jeunes.
Cela fait plaisir de voir des éditeurs qui font leur travail de découvreurs de nouveaux auteurs talentueux : c’est le cas avec les Editions du Riez qui ont publié "Les Pousse-Pierres", premier roman d’Arnaud Duval. Dans ce système solaire de l’an 2170, "Pousse-Pierres" est le surnom peu flatteur donnés aux Spatieux, ces humains qui vivent dans l’espace et alimentent en matières premières la Terre, poussant des trains de minerais glanés dans les astéroïdes jusqu’à l’orbite terrestre. Terriens qui sont, eux, interdits d’exploration spatiale par les Lagrangiens, technologiquement supérieurs - du moins c’est ce qu’ils croient -, habitants d’une grande station spatiale orbitale située sur un point de Lagrange. Entre ces trois civilisations se croyant chacune supérieure - un thème devenu curieusement à la mode depuis la parution de ce livre... - aux deux autres, la situation est perpétuellement tendue. Mais les grands consortiums qui dominent la Terre ont décidé de rompre cet équilibre précaire en lançant une opération de déstabilisation : c’est à ce moment que surviennent d’une part le naufrage mystérieux du vaisseau spatial appartenant aux parents de la jeune Maureen O’Garret qui sera seule recueillie par un autre vaisseau de Pousse-Pierres et, d’autre part, la fuite subite sur la station Eloane de la famille de Richard Trévise, fuite que sa mère, cadre supérieur d’une grande compagnie terrienne, avait planifié en accord avec le mystérieux Théodoros d’Eloane. Maureen et Richard, dont les vies que tout oppose vont se croiser, se retrouveront les pions et les enjeux d’une lutte tripartite dont les tenants et les aboutissants leur échappent et réaliseront que l’union fait la force, interférant ainsi avec les plans de tous à travers une épopée qui les mènera jusqu’aux lunes de Jupiter.
En utilisant ce mot peu usité comme titre de sa série jeunesse, Frédéric Mars pose tout de suite les bases de son roman : avec "Les Ecriveurs" dont le tome 1, "La cité lumineuse", vient de sortir chez Baam !, nous sommes plongés dans un univers où l’on écrit. Et quel univers ! Nous sommes à Hometone, une île perdue quelque part au large des Aléoutiennes, inconnue et cachée du monde, où tout est gris : habitants, maisons, mode de vie, luminosité, car un volcan crache en permanence des cendres. Mais son secret le mieux gardé, y compris de ses propres citoyens, est que c’est le lieu où se Révèlent, à un moment donné, les Ecriveurs, ceux qui écrivent la vie d’une partie de nous autres, les simples humains, les Ecrits, en suivant des règles fort strictes. Voilà l’explication de ces destins qui bifurquent, de ces opportunités manquées, de ces accidents inexplicables, de ces hommes providentiels, de ces révolutions inattendues et autres imprévus de la vie : votre Ecriveur a décidé que ce serait comme cela. Lara Scott, notre héroïne, est la fille de l’un des plus hauts personnages de l’île : orpheline de mère, elle est peu assidue au lycée et affligée d’une demie-soeur particulièrement désagréable qui, naturellement, s’intéresse autant qu’elle au beau garçon du lycée, Danny, le champion de homeball, le sport local encore plus incompréhensible que le cricket... Bien entendu, lorsque son père l’emmène pour une visite imprévue chez le gouverneur de l’île, sa vie va basculer : elle va être Révélée, c’est-à-dire devenir Ecriveur et découvrir qu’elle peut changer le cours de la vie de personnes qu’elle ignore. Et découvrir ce qui est arrivé à sa mère, tout en se retrouvant tiraillée entre divers garçons tous plus attirants les uns que les autres, cela tout en contestant, en bonne adolescente, les règles de sa société.
"Génériques ! " d’Eric Vérat (Les Moutons électriques) est le genre d’essai que j’apprécie particulièrement car aux marges des études habituelles sur les séries télévisées et répondant aux questions que, comme beaucoup je suppose, il m’est arrivé de me poser sans vraiment avoir le courage de chercher les réponses : qui décide qu’un générique sera une oeuvre marquant de manière indélébile les esprits - "Les Envahisseurs" ou "X-Files" sont reconnus instantanément par tous - ou ne sera qu’un défilé aussi rapide qu’illisible ? Qui fait ces génériques et choisit leur présentation ou leur musique ? Y a-t-il des faiseurs de génériques ou est-ce produit par la boîte qui fait la série ? etc... Eric Vérat nous procure, en 127 pages d’analyse serrée et détaillée, sachant toujours se mettre à la portée des lecteurs qui, comme moi, ignorent tout de l’industrie que sont les séries télévisées américaines - celles qu’il a choisi de nous présenter car les plus représentatives et les plus évoluées -, toutes ces réponses et bien d’autres. Il nous fait découvrir un univers très particulier, au professionnalisme extrêmement pointu, qu’il décortique avec une passion communicative. Il aborde l’ensemble des séries, tous genres confondus, mentionnant bien entendu les grandes séries du fantastique et de la SF mais aussi certaines peu ou mal connues en France comme l’une des mes favorites, "I love Lucy", classique de la comédie indémodable depuis le milieu des années 1950. Il se concentre surtout sur les séries des trente dernières années, volume déjà colossal à lui seul, n’abordant que très peu, à mon regret, les séries plus anciennes et pourtant classiques (en particulier celles des années 1960) mais il répond lui-même à cette question qu’il s’est posée avec d’autres à la fin de son ouvrage : en p. 126 il écrit qu’"il faut que je me fasse une raison, je n’arriverai pas être exhaustif. Cet ouvrage n’avait pas l’ambition de l’être." Ce n’est pas un souci, l’auteur a déjà réussi le tour de force de nous expliquer tout ce qu’il y a à savoir, illustré ensuite par 25 génériques de séries qu’il considère comme particulièrement représentatifs des genres qu’il nous a présenté et que nous connaissons tous.







