Les héros meurent aussi
( 1 )
de Matthew Woodring Stover
aux éditions L’Atalante
Genre : SF
Sous-genres :
  • Fantasy

Auteurs : Matthew Woodring Stover
Couverture : Philippe Caza
Traduction : Carine Chichereau
Date de parution : janvier 2001 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

Lire tous les articles concernant Matthew Woodring Stover

Un gros et bon roman qui réconcilie SF et Fantasy

Matthew Stoover Woodring vous connaissez ? Ben moi pas. En tout cas, pas avant ce livre. Et pourtant ce bonhomme sorti de nul part à réussi un petit tour de force avec ce gros pavé de 600 pages. Il a réussi à mélanger dans un même cocktail détonnant SF et fantasy. L’idée de départ est assez simple. Au lieu de jouer des scénarios prédéfinis, l’industrie du cinéma lâche ses acteurs sur un monde médiéval parallèle nommé joliment Autremonde (mais que c’est original dites-moi…). Une fois là-bas, à eux de se débrouiller. Ils ont pour obligation de s’intégrer parfaitement dans cette société et d’accomplir la mission qui leur a été assignée. Et avec panache s’il vous plait. Plus l’aventure est risquée et plus le public aime…

Bigs brothers are watching you !

Sur Autremonde les poltrons ne sont pas admis. Pas question par exemple de prendre la poudre d’escampette. Des millions de gens assistent en direct à leurs aventures, bien au chaud dans des salles de cinéma. Mieux, les spectateurs sont plongés dans la peau des acteurs grâce à un casque spécial. Ils ressentent toutes leurs émotions, entendent toutes leurs pensées et éprouvent toutes leurs sensations physiques. Adrénaline garantie ! Et si malgré cette surveillance permanente, les acteurs avaient envie de faillir à leur mission, ils seraient coincés sur Autremonde. Ils ne contrôlent absolument pas leurs allers et venus d’un monde à l’autre. Et un bon producteur ne rappelle jamais son protégé avant la fin de la mission…

Alain Delon est Hari Michaelson


De tous, Hari est le plus grand. Son personnage de Caine, tueur aventurier sur Autremonde l’a propulsé au sommet. Le public l’adule surtout pour son caractère intrépide et sa violence. Hari n’hésite jamais à tuer quand il le faut. C’est d’ailleurs ce qu’il fait de mieux. Et les spectateurs en redemandent. Mais de retour sur Terre, sa vie est tout autre. Certes il a la gloire et ne risque pas sa vie à chaque coin de rue mais il est seul et isolé. Sa femme, actrice elle aussi, l’a quitté depuis plusieurs mois. Autre source de soucis, le studio cherche à l’embarquer dans des aventures de plus en plus folles.
Pour redonner un coup de fouet à sa carrière, ils lui ont préparé une mission spéciale. Il doit récupérer son ex-femme qui a disparue sur Autremonde et tuer l’Empereur en place. Bref, une paille qui risque bien de lui coûter la vie cette fois. Qu’importe. Le sort de la belle est en jeu et Hari va devoir une nouvelle fois jouer des poings.

Un bon gros bouquin…


Sur cette intrigue de départ, Matthew Woodring Stover a brodé un scénario complexe, se déroulant à la fois sur Terre et sur Autremonde. Sans être machiavélique, l’ensemble tient le choc même si la partie fantasy est assez conventionnelle (les héros et les sorciers se ramassent à la pelle). Bien sûr, il y a une grosse part d’action. Mais elle s’accompagne d’une dénonciation du pouvoir des médias et de l’industrie cinématographique sympathique même si l’auteur grossit parfois le trait (le méchant vilain producteur qui veut faire de l’audience à tout prix). Il n’en reste pas moins une mise en garde contre les excès de la médiamétrie qui nous renvoie aux succès des reality shows. Avec ce livre, la SF joue encore une fois son rôle de sonnette d’alarme. Tant mieux.

Pour le reste, Les héros meurent aussi est un très bon bouquin. L’écriture et le souffle épique du bouquin font oublier facilement les petites longueurs et les situations un poil convenues. A découvrir.

Jérôme Vincent

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.