Les mystères de Florence
( 1 )
de Carlo Collodi
aux éditions Joëlle Losfeld
Genre : SF

Auteurs : Carlo Collodi
Couverture : Delepièredamour
Traduction : Jean-Paul Morel
Date de parution : mars 2001 Inédit
Langue d'origine : Italien
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Jubilatoire fresque des intrigues florentines

Si Carlo Collodi, de son vrai nom Carlo Lorenzini, a connu un succès mondial, il le doit aux Aventures de Pinocchio revisitées récemment sur grand écran par Roberto Benigni. Les mystères de Florence explorent les intrigues et les travers de la haute société florentine. Ce feuilleton parut en trois livraisons de décembre 1856 à février 1857 réunies en un premier volume qui, on ne peut que le déplorer, restera unique. L’auteur dresse dans ce texte, traduit pour la première fois en français, un portrait féroce et comique de ses contemporains.

Splendeurs et misère des courtisans

Lors du banquet donné pour célébrer la fin du carnaval, certains masques sont difficiles à faire tomber. Il semble plus aisé d’arranger des romances moyennant finances ou de se rire de ses créanciers. Il suffit de rejoindre la société secrète adéquate, de trouver les bonnes entremetteuses ou tout simplement d’être rusé et audacieux. Les destins basculent autour des tables de jeux, les complots se nouent dans d’obscures tavernes ou lors de réunions d’initiés. Mais ce sont avant tout les plaisirs qui gouvernent la ville et ses habitants.

Raffiné sans préciosité, burlesque sans vulgarité

Le récit est émaillé de références, d’allusions ou d’emprunts (judicieusement explicités en notes de bas de page) à beaucoup d’œuvres de la littérature européenne, de l’Antiquité jusqu’au XIX ème siècle, en passant par la Bible. La satire de Collodi se nourrit de son érudition, il s’amuse aussi à pasticher ses modèles. Le cynisme des nobles dévolus entièrement à leurs vices et les traits d’esprit rappellent les machiavéliques correspondants des Liaisons dangereuses. Certaines scènes évoquent davantage les personnages de la commedia del arte ainsi le zélé Gastone incarne l’obséquiosité et Stanislao, la débrouillardise en personne, renvoie dans un hilarant ballet tous ses créanciers sans leur verser une lire. La virtuosité de ce texte m’a donné envie de lire le texte original de Pinocchio sans doute plus profond et ambivalent que les réinterprétations dont il a fait l’objet.

Nathalie Ruas

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