Lettres de l’Atlantide
( 1 )
de Robert Silverberg
aux éditions J’ai lu ,
collection Science-Fiction
Genre : SF

Auteurs : Robert Silverberg
Date de parution : janvier 1996 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Un sujet bien bateau.

Voilà typiquement une production alimentaire de Robert Silverberg. Encore une fois on retrouve aux sources de ce léger accroc bibliographique, le très rusé Byron Preiss.

En 1990, ce maquignon éditorial, dont la spécialité est de faire du neuf avec du vieux, lance l’idée d’un beau livre illustré sur le thème de l’Atlantide. Comme un peu de texte entre les images est souhaitable, il s’en va trouver un Silverberg toujours prêt à empocher un gros chèque. A l’imitation de son commanditaire, il va lui aussi aller piocher dans ses cartons pour créer ce personnage de voyageur du temps désincarné, tout droit sorti du Chemin du retour, excellente nouvelle de 1983 que l’on retrouve dans le troisième tome des Nouvelles au fil du temps. Mc Culloch est au passage devenu Roy Colton, et au lieu de s’incarner dans un homard géant, il va devoir partager l’esprit de Ram, dernier prince d’Atlantis.

Travail de commande

C’est moins pour laisser un témoignage à un autre voyageur temporel que pour faciliter la mise en page du beau volume auquel Byron Preiss aspire, que Colton va transgresser les règles inviolables d’interactivité entre explorateurs et hôtes, et décider de laisser une trace écrite de son aventure en corps étranger.

La forme épistolaire du roman, loin d’offrir à Silverberg un outil narratif original, lui permet plutôt de la jouer tranquille. Déroulé dans l’effort. Il néglige son propos dramatique et bâcle l’interaction de ses personnages pour s’attarder sur des descriptions qui, sans doute, seyaient à merveille aux illustrations du livre d’origine, mais qui, sans elles, nous paraissent bien fades. On pense bien-sûr au Ptah Otep de Charles Duits, mais on n’y retrouve pas la flamboyance baroque. A certains égards, les descriptions de l’Atlantide pourront même sembler familières aux lecteurs de Gilgamesh, roi d’Ourouk, c’est dire, si Robert Silverberg ne s’est pas fatigué avec ces Lettres de l’Atlantide.

Sans conséquences


Subsiste toutefois son invraisemblable aisance d’écriture, qui suffit bien à vous embarquer sur 150 pages. Un court roman qui ne nuit au fond qu’à lui-même, parce que présenté hors de son contexte éditorial. Le bel objet de papier glacé s’est transformé en tout petit coup éditorial. Ce n’est ni dommage, ni scandaleux, c’est seulement hors de propos.

Eric Holstein