Liste de sang
( Dossiers Vampire 1 )
de P. N. Elrod
aux éditions J’ai lu
Genre : Fantastique

Auteurs : P. N. Elrod
Couverture : Richard Guérineau
Traduction : Benoît Domis
Date de parution : avril 2006 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 288
Titre en vo : Bloodlist
Cycle en vo : The Vampire Files

Lire tous les articles concernant P. N. Elrod

Un mix médiocre entre Dracula et Eliot Ness

Patricia Nead Elrod commence sa carrière d’écrivain professionnelle en rédigeant des scénarii de jeux de rôles. Cela lui permet de vendre son premier roman, Liste de sang, justement inspiré de l’univers des jeux de rôle. C’est le départ d’une série entre fantastique et polar, Dossiers Vampire, qui en est aujourd’hui à 11 tomes aux Etats-Unis – 3 sortis en France pour le moment. P.N. Elrod écrit en parallèle 3 autres séries sur les vampires comme Moi, Strahd, dont le premier tome a été publié au Fleuve Noir.

L’éveil du vampire

Dans le Chicago des années 30, au sortir de la Prohibition, le journaliste Jack Fleming se réveille… mort. Enfin, vampire. Résultat de sa passion avec une vampire qui a disparu, Maureen, sa nouvelle condition lui pose quelques problèmes d’adaptation. Mais ses pouvoirs ne lui seront pas de trop pour découvrir qui lui a troué la peau et quelle est cette fameuse liste derrière laquelle court une partie de la pègre de Chicago. Jack sera aidé par un détective privé, Charles Escott, qui deviendra son ami.

Une intrigue mince et peu originale

Soyons honnêtes : le titre et la couverture de Liste de sang ne laissent pas présager d’un chef d’œuvre. On se demande comment l’auteur va mêler ces deux genres que sont le polar hard boiled et les histoires de vampires. La réponse est : sans originalité. Pour preuve l’application d’Elrod à calquer les particularités de son héros sur tous les canons à la mode concernant les créatures aux longues canines : force incroyable, capacité à hypnotiser ses victimes, alimentation exclusivement faite de sang, pas de reflet dans les miroirs… avec quand même quelques écarts plutôt bien justifiés par rapport aux clichés. C’est d’ailleurs la seule qualité de ce roman : une précision et une cohérence presque sans faille qui atténuent légèrement le sentiment de déjà vu.

Mais ça s’arrête là. L’intrigue est d’une banalité affligeante – des histoires de gangsters, de night-clubs, de chantage… Les rebondissements sont peu nombreux et convenus. Les héros se laissent trop facilement embarquer dans des situations périlleuses au nom de la sacro-sainte amitié, et s’en sortent avec une facilité déconcertante. La fin est extrêmement classique et les personnages caricaturaux. A commencer par Jack Fleming lui-même : alors que sa nature l’oblige à modifier son mode de vie, il n’en reste pas moins d’une droiture morale très agaçante, justifiant tous ses actes, faisant preuve d’une honnêteté, d’une modestie et d’une loyauté à toute épreuve, même envers ses ennemis : « Je détestais viscéralement ce type, mais je n’aurais pas voulu le voir brûler vif ». Il en va de même pour Charles Escott, archétype du détective cool et sympa, affublé ici d’un talent de comédien qui, bien sûr, lui permettra de s’infiltrer n’importe où.

Que c’est long…


On aurait pu s’accommoder de ces défauts, qui auraient fait de Liste de sang un banal roman de gare un minimum divertissant, si le style de l’auteur n’en avait pas rendu la lecture aussi ennuyeuse. Elrod tire à la ligne en permanence, agrémentant son récit de détails foisonnants pour justifier tous les actes de Jack, son narrateur. Certes, cela donne une certaine crédibilité à l’histoire, mais l’action en est ralentie et réduite à une suite de petits faits unitaires sans intérêt. Jack prend d’ailleurs tellement de temps à décrire ses actes et ses impressions présentes qu’il parle peu de ses sentiments profonds, alors que le récit à la première personne s’y prête. On a d’autant plus de mal à s’identifier. L’auteur néglige également ses décors et fait preuve de peu d’imagination pour ses métaphores.

Dispensable


Tous ces défauts font de Liste de sang un roman tout à fait dispensable et ne donnent pas forcément envie de continuer la série. Elrod introduit pourtant des éléments sur le passé de Fleming qui offrent quelques ouvertures pour les prochains tomes. Les plus curieux se laisseront sans doute tenter. Les autres risquent de s’arrêter là.

Jérôme Lavadou

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.