Mémoire vive, mémoire morte

aux éditions Livre de Poche
Genre : Science Fiction

Auteurs : Gérard Klein
Couverture : Manchu
Date de parution : avril 2016 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Anthologie
Nombre de pages : 416
Titre en vo :
Première parution : octobre 2007

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Un Mammouth de la science-fiction française
 
Jeune auteur du Rayon fantastique avec Escarmouches dans les étoiles et du Fleuve noir avec la saga d’Argyre, Gérard Klein s’est imposé dans les années 1960, parallèlement à une carrière d’économiste à la Caisse des dépôts et consignations, comme l’un des grands auteurs de la science-fiction francophone. Après la publication du fameux Les Seigneurs de la guerre en 1970, Klein a privilégié sa carrière d’éditeur chez Robert Laffont où il dirigeait la collection « Ailleurs et Demain ». Il y publia entre autres Dune de Frank Herbert, Le Château de Lord Valentin de Robert Silverberg, Hyperion de Dan Simmons, L’Usage des armes de Banks mais aussi Nuage d’Emmanuel Jouanne. Sa carrière d’écrivain se ressentit bien sûr de cette double casquette d’économiste et d’éditeur et seules des nouvelles furent publiées ici et là jusque dans les années 2000. Mémoire vive, mémoire morte les assemble, dernier recueil, semble-t-il d’un écrivain trop rare…
 
Un recueil très varié
 
D’emblée, cette anthologie frappe le lecteur par sa variété (suggérée par Klein lui-même dans sa préface). « La serre et l’ombrelle », premier récit, est une vraie réussite par le suspense créé par l’auteur et par sa thématique (le réchauffement climatique), toujours actuelle. « Mémoire vive, mémoire morte », autrefois incluse dans l’anthologie de Patrice Duvic Demain les puces (Denoël, 1986), est un récit sur la mémoire pouvant être contenue dans un implant, tentative de l’éditeur de coller à la mode cyberpunk. « L’écume du soleil » et « Le monstre » tournent autour du thème du premier contact. D’autres récits, de commande, tournent autour de thèmes d’actualité (à l’époque), comme l’an 2000. On a aussi des tentatives de coller à l’actualité du genre avec « ACME ou l’anti-Crusoé », éditée dans l’anthologie Les soleils noirs d’Arcadie, fusion ratée entre la new wave et la SF politique des années 1970…
 
Un auteur solide
 
Avec Gérard Klein, nous avons droit à des histoires solides, classiques dans leur thématique et leur développement. On retrouve le thème du premier contact, du voyage dans le temps, de l’exploration spatiale, du devenir de l’humanité. Le critique sévère se permet d’exprimer une préférence nette pour « La serre et l’ombrelle » et « L’écume du soleil », des modèles du genre à destination des jeunes auteurs de nouvelles de science-fiction. Pas de génie chez Klein. Il n’a pas révolutionné le genre certes mais il était bourré de talent et avait un sens aigu de la narration, de quoi nous faire regretter son retrait dans les années 1970. À déguster comme un vin qui aurait bien vieilli.

Sylvain Bonnet