Mini interview de Jean-Philippe Jaworski
de Jean-Philippe Jaworski
aux éditions ActuSF
Genre : Anticipation

Auteurs : Jean-Philippe Jaworski
Date de parution : 2010 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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ActuSF : Comment est née l’idée de cette nouvelle ?
Jean-Philippe Jaworski : Le thème des Utopiales ("Des mondes meilleurs ?") me semblait typiquement SF : il appelait la prospection, l’uchronie ou la dystopie, domaines où je me sentais incapable d’apporter quoi que ce soit de neuf. Et puis j’ai réalisé que le rêve d’un monde meilleur appartenait aussi au passé, au cycle arthurien qui a largement conditionné une grande part de notre imaginaire. Par association d’idées, je me suis demandé d’où certains symboles arthuriens comme l’épée magique, le chevalier, le dragon tiraient leurs sources historiques. Ce qui est très mystérieux, c’est que ces symboles sont quasiment inexistants dans la mythologie classique et paraissent aussi étrangers aux formes les plus archaïques de la religion celtique : ils semblent surgir spontanément dans la littérature médiévale, avec le succès que l’on sait. J’ai cru identifier l’origine de ces motifs, et j’ai construit ma nouvelle à ce sujet : c’est l’une des raisons de son titre, Préquelle, car elle raconte ce qui précède l’imaginaire chevaleresque, et par conséquent, l’imaginaire fantasy.

ActuSF :
Comment la présenteriez-vous ?
Jean-Philippe Jaworski : Dans le royaume de Cimmérie, un roi barbare cherche à unifier les tribus de son peuple pour fonder un monde meilleur. Il possède tous les vices qui peuvent en faire un grand conquérant : la séduction, l’orgueil, la cruauté, la roublardise. Pour sacraliser son pouvoir, il passe commande d’une épée magique auprès d’un sorcier. La forge de l’arme nécessite un exploit impossible : la trempe de la lame dans le corps d’un être surnaturel… Ce récit, qui accumule les poncifs fantasy, n’a toutefois pas lieu dans un monde secondaire, mais dans une époque et dans une région qui ont bel et bien porté les germes lointains de l’imaginaire fantasy. Si l’histoire du roi et du sorcier est une fiction, tout le cadre géographique, historique et culturel, est fondé sur des données historiques et archéologiques, y compris les noms les plus exotiques, le décor cimmérien, les pratiques magiques, la présence des femmes guerrières… La chute est la reprise d’une vieille légende, et quant à l’épée magique, on peut toujours en admirer une contrefaçon probable dans le trésor impérial du Hofburg, en Autriche.

ActuSF :
Quels sont vos projets ?
Jean-Philippe Jaworski : Je mets la dernière main à une réédition augmentée de Janua vera aux Moutons électriques. En plus des sept nouvelles initiales, on y trouvera Un amour dévorant (publiée dans la version Folio SF) et Montefellone (publiée dans l’anthologie Rois et Capitaines). S’y ajouteront une nouvelle inédite, un avertissement au lecteur de don Benvenuto, ainsi que bon nombre d’annexes comme la Charte de la Marche Franche ou un rapport secret issu du Sérail du Chah Eurymaxas sur l’organisation de la Guilde des Chuchoteurs… Courant mai, je devrais aussi publier une autre nouvelle appartenant au cycle du Vieux Royaume dans l’anthologie Magiciennes et Sorciers, chez Mnémos. Et puis je travaille toujours sur un roman qui devient un peu mon serpent de mer…

Thomas Ryngel