Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons
de Jasper Fforde
aux éditions Fleuve noir ,
collection Territoires
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Humour

Auteurs : Jasper Fforde
Couverture : Marko Tardito
Traduction : Michel Pagel
Date de parution : juin 2011 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 296
Titre en vo : The Last Dragon Slayer
Parution en vo : 2010

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Un roman entraînant qui se lit d’une traite !

Jasper Fforde est né à Londres en 1961. Il a travaillé vingt ans dans l’industrie du cinéma sur des films tels que Haute-voltige ou encore Goldeneye, avant d’abandonner ce métier et de se consacrer à l’écriture. On le connaît en France pour sa série mettant en scène l’héroïne Thursday Next, qui peut entrer dans des chefs-d’oeuvre de la littérature. Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons, prend place dans un monde de fantasy avec des dragons et des magiciens, tout en étant pas très éloigné du nôtre...

Une jeune fille au destin incroyable

Jennifer Strange, quinze ans, a été choisie pour tuer le dernier dragon. Du jour au lendemain, elle devient la personnalité la plu célèbre de tout le pays, avec ce que ça comporte de désagréments… mais la jeune fille ne s’en laisse pas compter et, afin de comprendre pourquoi il est nécessaire de tuer le dernier dragon, décide d’aller discuter avec ce dernier.

La magie vue par Jasper Fforde

L’auteur détourne les conventions habituelles du roman initiatique de fantasy : on ne compte plus les ouvrages mettant en scène un futur grand magicien ou un jeune garçon qui apprend les rudiments de la magie et de la vie sous la férule d’un maître dont la sagesse est légendaire. Nous avons cette fois une héroïne qui, si elle est jeune, est beaucoup plus mature et lucide que les adultes qui parcourent l’histoire. Ici les magiciens sont présentés comme des vieillards lunatiques et incapables de s’occuper d’eux-mêmes, des créatifs qui délèguent les tâches ingrates à leurs agents.

Le monde présenté par Jasper Fforde est proche du nôtre : la société décrite y ressemble à s’y méprendre, notamment dans son rapport à l’argent. La magie y est complètement désacralisée, et monnayable comme le reste. Une magie qui n’est pas à l’abri des contingences matérielles : un magicien ne peut ainsi pratiquer son art qu’après avoir rempli des formulaires administratifs… Tout est contrôlé, et l’auteur en profite pour critiquer l’administration, mais également l’importance démesurée prise par la spéculation, notamment immobilière.
 
Un excellent ouvrage, à la fois léger et malin, où Jasper Fforde montre encore une fois toute sa maîtrise de la narration et de l’humour.

Tony Sanchez