de Janolle et Ange
aux éditions Soleil
C’est reparti comme en 46…
Les
trois premiers volumes de Némésis formaient un tout : deux
agents du FBI, flanqués d’une coéquipière incongrue de la
CIA y déjouaient une conspiration politico-fantastique où trempaient
du beau linge et des guenilles délavées. Le troisième volume,
Critical Mass, marquait le fin de ce récit, et d’aucuns pensaient ne plus
entendre parler du dossier Némésis.
C’était sans
compter sur son scénariste, qui est en fait une entité plurielle.
Fusion d’Anne et Gérard Guéro, ANGE a une productivité digne
des quatre mains qui l’animent. Véritable touche-à-tout du scénario
(que certains rôlistes connaissent sous le pseudonyme de G.E.Ranne), ANGE
sévit aussi bien dans le domaine de la fantasy (La Geste des chevaliers-dragons
Le Peuple Turquoise)
que dans le thriller (Bloodline ou Tower). " Ille " renoue
ici avec la SF type X-files. Nanotech initie donc une nouvelle série
des aventures de Fischer et Mallow, toujours dessinées par Janolle et colorisées
(ou assombries selon les goûts) par Van den Abeele.
Un dossier
pas si classé
L’agent Mallow est un brin conformiste. Au boulot,
comme dans la vie, il aime que les choses soient faites dans les règles,
avec application et méthode. Aussi quand Roxanne Kent tombe enceinte de
lui, il devient un véritable maniaque protectionniste, ne lui laissant
pas lever le petit doigt. Pourtant New-York est redevenue une ville bien calme.
Même les visions terribles qui avaient ébranlé la santé
mentale de son collègue Fischer sont réduites à une désagréable
habitude. Le dossier Némésis n’est plus qu’un vieux souvenir.
Pourquoi dans ces conditions quelqu’un fait-il disparaître les traces
de cette affaire, allant jusqu’à assassiner un membre du FBI ? D’où
viennent ces métacréatures fluides qui prennent l’identité
des humains qu’elles assassinent ? Et pourquoi quelqu’un s’acharne-t-il à
remettre les agents Fischer et Mallow sur la brèche ? Une seule chose est
claire : ce quelqu’un n’aurait pas dû toucher à Roxanne Kent, car
l’agent Mallow est très en colère. Mais il ignore encore que c’est
à son enfant qu’on en veut.
Hollywood avec des cases et des
bulles
C’est avec un ravissement certain que l’on retrouve Fischer,
Kent et Mallow dans ce nouveau volume de Némésis. Peut-être
parce que la fin du tome 3 avait été un peu expéditive. Or,
il faut bien reconnaître que ce qui fait aussi le charme de cette série,
ce sont les " à côté " des enquêtes : les
discussions dans la cuisine, les bières dégustées au bar,
procurent à nos trois protagonistes une troisième dimension bien
agréable dans nos 48 pages étriquées.
C’est peut-être
ça le plaisir de ce scénario : le calme avant la tempête.
Car tempête il y a, comme à chaque fois d’ailleurs, et la mise en
page frénétique de la deuxième partie du volume ne vous laisse
pas reprendre votre souffle. Alors on pourrait reprocher à cette série
cet automatisme dramaturgique, la gratuité de sa violence, mais c’est aussi
ce qui fait sa réussite : Némésis est une sorte de
défouloir au vernis hollywoodien et, bien que je m’en étonne à
chaque fois, on en redemande !
Pour ce qui est du graphisme, c’est toujours
propre et sans bavure, et le trait évolue comme depuis le début
de la série. Je ne suis pas de ceux qui la trouvent trop sombre, juste
parfois un peu chargée. Ne vous trompez pas : Némésis
est une série en tous points sans nuance, et c’est ainsi qu’on l’apprécie.







