Novice
de Octavia Butler
aux éditions Au diable vauvert
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Vampire

Auteurs : Octavia Butler
Traduction : Philippe Rouard
Date de parution : septembre 2008 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 504
Titre en vo : Fledgling
Parution en vo : 2005

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Une nouvelle vision du mythe des vampires

Octavia Estelle Butler est une novelliste et romancière américaine très appréciée mais malheureusement décédée en 2006. Ecrivaine très engagée, elle a défendu dans ses œuvres les causes qui lui étaient chères, telles que le racisme ou le sexisme. Les deux thèmes principaux de son dernier roman.

Oubliez Dracula et les siens

Le mythe des vampires suceurs de sang existe depuis des siècles et si comme dans beaucoup de légendes il existait une part de vérité ?

Les vampires ne seraient donc pas des monstres ou des démons mais une espèce humaine mutante. Ce peuple est de la race des Inas, une ethnie plus vieille que celle des hommes. Les Inas vivent la nuit, craignent le soleil mais ne tuent pas les êtres humains, ils sont parvenus à vivre en symbiose avec eux.

Une fragile mémoire

Shori se réveille seule un matin en plein milieu de la foret. Elle ne se souvient ni de son identité, ni comment elle est arrivée là, et encore moins pourquoi elle souffre d’une multitude de blessures. Les seuls indices de sa vie passée sont les ruines qu’elle découvre non loin de son refuge. Elle parvient à rejoindre la route où elle sera recueillie par un homme quelle ne pourra s’empêcher de mordre.
Shori a le physique d’une fillette noire d’une dizaine d’année mais à la maturité et la sexualité d’une adulte, elle va devoir se battre pour découvrir ce qu’elle est et ce qui a bien pu lui arriver.

Une communauté très réaliste

Novice est un roman sur les vampires qui diffère suffisamment des clichés pour être original. La vision que l’auteur a donné des vampires est très bien construite et paraît ainsi très réaliste.
Leur société est organisée, possède ses propres règles adaptées à leur mode de vie et à leur physiologie. Ils vivent en symbiose avec certains êtres humains et ne sont aucunement des démons de l’enfer.

Critique du sexisme et du racisme

Au travers, de la quête de vérité de Shori, l’auteur dénonce les actes de barbaries parfois dictées par le racisme ou la peur de l’inconnu. Shori est une métisse issue de manipulation génétiques : elle peut permettre à son espèce de profiter du jour et ainsi améliorer leur vie, mais le coté négatif de cette évolution est la couleur sombre de sa peau. Il est impossible pour le lecteur de rester insensible aux attaques perpétrées envers Shori. Elles sont montrées comme des actes absurdes et injustes.

Le récit est une véritable enquête judiciaire, Shori et les siens vont devoir découvrir ce qu’il est advenu de sa famille et attaquer les coupables devant un conseil. A part, certaines petites longueur, le récit est palpitant et mérite réellement d’être lu.

Ce roman est captivant mais il est difficile d’admettre qu’une petite fille d’une dizaine d’année ait des rapports sexuels normaux avec des adultes. L’auteur fait voler en éclat un des tabous les plus cher de notre société : la pédophilie. C’est le point le plus dérangeant de ce roman pourtant bien mené et qui aurait pu avoir des suites intéressantes si l’auteur ne nous avait pas quitté prématurément.

Myriam De Loddere

L’avis de Eric HOLSTEIN

Dernier roman d’Octavia Butler, bêtement victime d’un accident domestique alors qu’elle venait d’en achever l’écriture, Novice constitue un bien piètre testament littéraire.

Tout d’abord d’un strict point de vue stylistique. L’écriture est ici si pauvre, qu’on préfèrera soupçonner Octavia Butler de n’avoir eu le temps que de livrer à son éditeur qu’un premier jet, qui aura été timidement ravaudé. Phrases plates, images ternes et surtout, aucune précautions narratives convaincantes.

Et des précautions, il eût sans doute fallut en prendre plus. Notamment pour tout ce qui touche à la sexualité de Shori. Car même si Butler tente de se couvrir en rappelant presque systématiquement l’âge réel de son héroïne, une scène de pédophilie reste une scène de pédophilie, et pardon, c’est certainement un manque d’ouverture d’esprit de la part d’un critique, mais à titre personnel, je ne parviens pas à ne pas trouver cela tout simplement gerbant. D’autant plus que la facilité avec laquelle elle fait tomber ce tabou quasi universel manque singulièrement de crédibilité.

Ce sera d’ailleurs une constante de ce Novice, où l’on est atterré du manque de profondeur des personnages. Aussi bien chez les humains, dans leur docilité servile qui disqualifie toute mise en abyme éventuelle sur l’esclavage, que chez les Inas, dont Butler ne parvient pas à dissimuler la candeur consternante. En bref tout est bien, tout est beau dans ce qui nous est presque décrit comme une sorte d’utopie adamite, jusqu’à ce que, réinventant la roue, quelques Inas n’y introduisent le racisme.

Et l’on en arrive à cette intrigue faiblarde, linéaire et convenue. De ce réveil amnésique, vieille scie du genre, à la redécouverte du monde des Inas, en passant par d’improbables rebondissements, on tourne les pages, toujours à la limite extrême de l’ennui. Et l’on ne peut que se demander comment aurait été perçu ce livre si, au lieu d’avoir été écrit par une Afro-américaine, militante, anti-raciste et notoirement de gauche, il l’avait été par un homme, blanc et plutôt réputé de droite ? Mettons Orson Scott Card, par exemple. Pas certain du tout qu’on y aurait vu la belle fable humaniste, véritable appel à la tolérance qu’on se plaît à y voir. Et c’est sans doute ce qui reste le plus désagréable dans la lecture de Novice : la sensation déplaisante de voir sa bonne conscience prise en otage par le profil de son auteur. Et plus encore que les défauts qui en font un mauvais livre, c’est certainement ce qui en rend la lecture déplaisante.

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

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