aux éditions Au diable vauvert
Sous-genres :
- Vampire
Auteurs :
Octavia Butler
Traduction :
Philippe Rouard
Date de parution : septembre 2008
Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 504
Titre en vo : Fledgling
Parution en vo : 2005
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Une nouvelle vision du mythe des vampires
Oubliez Dracula et les siens
Le mythe des vampires suceurs de sang existe depuis des siècles et si comme dans beaucoup de légendes il existait une part de vérité ?
Les vampires ne seraient donc pas des monstres ou des démons mais une espèce humaine mutante. Ce peuple est de la race des Inas, une ethnie plus vieille que celle des hommes. Les Inas vivent la nuit, craignent le soleil mais ne tuent pas les êtres humains, ils sont parvenus à vivre en symbiose avec eux.
Une fragile mémoire
Shori a le physique d’une fillette noire d’une dizaine d’année mais à la maturité et la sexualité d’une adulte, elle va devoir se battre pour découvrir ce qu’elle est et ce qui a bien pu lui arriver.
Novice est un roman sur les vampires qui diffère suffisamment des clichés pour être original. La vision que l’auteur a donné des vampires est très bien construite et paraît ainsi très réaliste.
Leur société est organisée, possède ses propres règles adaptées à leur mode de vie et à leur physiologie. Ils vivent en symbiose avec certains êtres humains et ne sont aucunement des démons de l’enfer.
Critique du sexisme et du racisme
Le récit est une véritable enquête judiciaire, Shori et les siens vont devoir découvrir ce qu’il est advenu de sa famille et attaquer les coupables devant un conseil. A part, certaines petites longueur, le récit est palpitant et mérite réellement d’être lu.
L’avis de Eric HOLSTEIN
Tout d’abord d’un strict point de vue stylistique. L’écriture est ici si pauvre, qu’on préfèrera soupçonner Octavia Butler de n’avoir eu le temps que de livrer à son éditeur qu’un premier jet, qui aura été timidement ravaudé. Phrases plates, images ternes et surtout, aucune précautions narratives convaincantes.
Et des précautions, il eût sans doute fallut en prendre plus. Notamment pour tout ce qui touche à la sexualité de Shori. Car même si Butler tente de se couvrir en rappelant presque systématiquement l’âge réel de son héroïne, une scène de pédophilie reste une scène de pédophilie, et pardon, c’est certainement un manque d’ouverture d’esprit de la part d’un critique, mais à titre personnel, je ne parviens pas à ne pas trouver cela tout simplement gerbant. D’autant plus que la facilité avec laquelle elle fait tomber ce tabou quasi universel manque singulièrement de crédibilité.
Ce sera d’ailleurs une constante de ce Novice, où l’on est atterré du manque de profondeur des personnages. Aussi bien chez les humains, dans leur docilité servile qui disqualifie toute mise en abyme éventuelle sur l’esclavage, que chez les Inas, dont Butler ne parvient pas à dissimuler la candeur consternante. En bref tout est bien, tout est beau dans ce qui nous est presque décrit comme une sorte d’utopie adamite, jusqu’à ce que, réinventant la roue, quelques Inas n’y introduisent le racisme.
Et l’on en arrive à cette intrigue faiblarde, linéaire et convenue. De ce réveil amnésique, vieille scie du genre, à la redécouverte du monde des Inas, en passant par d’improbables rebondissements, on tourne les pages, toujours à la limite extrême de l’ennui. Et l’on ne peut que se demander comment aurait été perçu ce livre si, au lieu d’avoir été écrit par une Afro-américaine, militante, anti-raciste et notoirement de gauche, il l’avait été par un homme, blanc et plutôt réputé de droite ? Mettons Orson Scott Card, par exemple. Pas certain du tout qu’on y aurait vu la belle fable humaniste, véritable appel à la tolérance qu’on se plaît à y voir. Et c’est sans doute ce qui reste le plus désagréable dans la lecture de Novice : la sensation déplaisante de voir sa bonne conscience prise en otage par le profil de son auteur. Et plus encore que les défauts qui en font un mauvais livre, c’est certainement ce qui en rend la lecture déplaisante.







