Paradis artificiels
( GeMs 2 )
de Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta
aux éditions L’Atalante ,
collection La Dentelle du Cygne
Genre : SF

Auteurs : Corinne Guitteaud , Isabelle Wenta
Couverture : Gess
Date de parution : juin 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 416
Titre en vo :

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Où l’on retrouve Gabriel, Gaïl et les autres personnages de Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta

Corinne Guitteaud, dont GeMs est la troisième trilogie de science-fiction, cosigne avec Isabelle Wenta GeMs : Paradis artificiels, la suite de Paradis perdu. Le premier tome de ce que l’on peut voir comme une relecture post-apocalyptique de "La Belle et la bête" s’est vu reprocher un fonds "déjà vu" ou une écriture trop particulière. Il avait reçu, pour ces raisons, un accueil partagé.

Des clones modifiés et un eDen à préserver

Sur la Terre d’après la grande défluviation, les riches vivent dans des villes sous dômes pour s’y protéger d’un soleil trop brûlant et oublier la désolation du dehors. Ils se sont habitués, peu à peu, à être servis par les GeMs (on prononce "j’aime"), des individus créés par clonage dans des cuves appelées mArt. S’ils sont d’abord destinés à effectuer les tâches dangereuses ou pénibles à la place des humains inédits, ils finissent par devenir aussi d’agréables objets de plaisir.

Dans GeMs 1, Gaïl, une GeM esclave sexuelle, s’enfuit du dôme Parisien et se retrouve brutalement confrontée aux difficultés de la vie à l’air libre. Gabriel, fruit monstrueux d’une expérience ratée, lui sauve la vie et l’emmène à EDen, la communauté où il survit avec d’autres exclus, inédits et clones en fuite. Outre sa mixité, EDen a une particularité, un trésor convoité par beaucoup, qui n’hésiteront pas à tuer pour s’en emparer.

Dans le tome 2, EDen se reconstruit après avoir essuyé une attaque violente. Mais sans sa fondatrice, assassinée, la communauté manque de souffle. Gabriel et Gaïl continuent à se tourner autour, tandis que, sous le dôme et à l’extérieur, se préparent des événements majeurs. Un général complote pour mettre au point, rien moins que le moyen de son immortalité. Un GeM particulièrement génial sévit sur le réseau planétaire et prépare l’éveil de celui qui aura la puissance suffisante pour lever une armée de clones.

Pendant ce temps-là, au sein même d’EDen et dans ses parages immédiats, des plans de destruction se bouclent, à la faveur de l’obscurité.

Bien des questions seront élucidées

Tout en poursuivant l’histoire entamée dans le tome précédent, Paradis artificiels éclaire celui-ci d’une lumière nouvelle. Construit, comme Paradis perdu, d’un patchwork d’actions présentes, de poèmes, d’extraits de journaux et de flash-back, le tome 2 de GeMs repique régulièrement dans le passé et retrace les étapes de la création des GeMs.

On découvre ainsi pourquoi des individus différents, parfois quasi-uniques, sont appelés « clones », comment la question de l’éthique a pu être contournée. On en apprend un peu plus sur la notion de résonance, ce lien entre les GeMs qui leur permet de se "sentir" à courte distance. On découvre également pourquoi les échanges entre les villes sont réduits à presque rien. On comprend quel est le rôle véritable des GeMs du modèle de Gaïl et ses jolies sœurs de mArt. Enfin, « qui est Sol » n’est pas le moindre des mystères résolus dans ce volume.

Pas pour le suspense

Si l’on reste accroché aux pages de Paradis artificiels du début à la fin, ce n’est pas pour obtenir des réponses. Car, malgré les efforts que l’on ressent tout au long du roman, le suspense n’est haletant que pour les personnages. Chaque petit élément du récit principal étant utilisé pour l’intrigue, on a tôt fait de résoudre les questions qui se poseront un peu plus tard. Ainsi, on ne peut que rire à voix haute en voyant mises en scène, à mi-distance de la fin, les "grandes révélations" qu’on tenait pour évidentes dès le tome précédent.

Ce qui accroche est ailleurs. Dans les récits adjacents, dans le quotidien des personnages secondaires qui décrit de façon vivante le contexte un peu compliqué de l’histoire. Dans l’écriture également, dont le niveau demeure exigeant, et qui sait mêler à la poésie classique, des paroles de chansons populaires, pour donner du relief à une action située dans le futur. Conformément à son mode d’écriture, GeMs se prend comme ces feuilletons que l’on ne suit que pour savoir, non pas Ce qui va se passer, mais Comment va se réaliser ce que l’on a déjà deviné.

À suivre...

Le tome 3, suite et fin de la trilogie, est annoncé, comme il se doit, en fin de volume. Il doit répondre aux questions qui demeurent :
"Que va-t-il se passer ?" évidemment, mais aussi :
Comment vont se rencontrer les personnages dont l’importance s’est révélée dans Paradis artificiels  ?
Le rôle de Mars est-il susceptible de grandir ?
Quelle forme prendra le triomphe final ? S’il a lieu...
Gabriel, Gaïl et les autres, que deviendront-ils ?
Même si, là encore, on devine beaucoup sur la suite des événements, restent la curiosité du "comment", et, pour les auteurs, la possibilité de nous surprendre vraiment.

GeMs : Paradis artificiels, plus que Paradis perdu qui devait poser le cadre et les personnages, est un volume d’action. Une action que l’on jugera toutefois plus chaotique et moins maîtrisée que dans le tome précédent. On s’interrogera sur l’introduction de personnages nouveaux comme les Allemands et l’Anglais, dont les caractéristiques se justifient difficilement, sans douter cependant de trouver des réponses, et plus encore, dans le dernier opus de GeMs : Paradis retrouvé.

Ketty Steward

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