Paradis retrouvé
( GeMs 3 )
de Isabelle Wenta et Corinne Guitteaud
aux éditions L’Atalante ,
collection La Dentelle du Cygne
Genre : Anticipation
Sous-genres :
  • Space Opera

Auteurs : Isabelle Wenta , Corinne Guitteaud
Couverture : Gess
Date de parution : août 2008 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 320
Titre en vo :

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Suite et fin des aventures de "La Belle et la bête" du futur.

Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta co-signent, chez L’Atalante, Paradis retrouvé, dernier tome de la trilogie GeMs. Si Isabelle Wenta est peu connue du public, Corinne Guitteaud, née en 1976, en est à sa troisième trilogie. Elle a récemment fondé les éditions Voy’[el] pour rééditer ses premiers romans et leurs suites.

Des retrouvailles

Il aura fallu un an et demi d’attente pour retrouver Gaïl, Gabriel et les autres héros de GeMs. Le précédent tome, Paradis Perdu, laissait la communauté d’EDen en bien vilaine posture : les clones affaiblis par la Grande Fièvre, Gabriel disparu, Gaïl folle de douleur, et personne d’assez charismatique pour perpétuer le rêve de Tasha.
Une troupe hétéroclite, formée d’amis d’EDen, et accompagnée par Géryon le jumeau sanguinaire du clone jardinier, part à la recherche de Gabriel, mortellement gavé de Rainbow.
Sous le dôme, les nantis se défient de leurs esclaves génétiquement modifiés, tandis que, placé en orbite, s’agite Gwydion, l’intelligence organique du vaisseau interplanétaire Pendragon.
C’est sur cette ouverture que démarre Paradis retrouvé, suite et fin du roman-feuilleton futuriste, sis aux alentours d’un Paris méconnaissable.

Quelques déceptions

On n’est jamais déçu qu’à hauteur de ses attentes. Et nous attendions beaucoup de ce dernier tome. Cent pages plus court que le précédent (déjà plus bref que le premier), Paradis retrouvé présente, malgré le retard à la parution, un aspect bâclé. Le travail éditorial, irréprochable sur les tomes précédents, pèche ici par sa légèreté, puisqu’on retrouve dans le texte final quelques erreurs de syntaxe et de conjugaison.
Le découpage de l’action et la superposition des points de vue, prennent ici des allures de hachages et font du récit un puzzle trop embrouillé parfois, tandis que les citations d’introduction semblent accolées au récit d’une manière artificielle.

Côté intrigue, malgré les quelques incertitudes qui maintiennent le suspense, on peine à partager les craintes de personnages subitement moins attachants. La magie de la résonance et l’absolu de l’amour qu’elle porte à Gabriel font de Gaïl un être très différent de la GeM fragile qui s’interrogeait sur son identité. Gabriel, que l’amour rend benêt, est réduit à sa lutte contre sa part animale, tandis que Géryon, méchant parce qu’il en faut bien un, perd de son mystère et de sa supposée profondeur. Tous semblent des pantins entre les mains toutes-puissantes de Gaïa, la capricieuse.
Après la thèse Paradis perdu et l’antithèse Paradis Artificiels, la synthèse Paradis retrouvé semble forcément modérée. L’ensemble est affaibli, sans doute, par la construction en trois parties.

Alors, faut-il acheter Paradis retrouvé ?


La plupart des questions posées dans les tomes précédents trouvent heureusement une réponse dans celui-ci. On apprend ce qu’est la résonance, les projets secrets se dévoilent et des personnages secondaires trouvent une utilité nouvelle.
Le lecteur est invité à embrasser une vision particulière du monde, des menaces qui pèsent sur lui, et de son avenir possible. À cause de ces choix très nets, qui abhorre les récits écologistes un peu moralisateurs aura soin d’éviter ce roman.
Ceux qui ne supportent pas les héros élevés au rang de dieux ou la sacralisation du vivant, devront, eux aussi, hésiter un peu.
En revanche, si, comme moi, on apprécie le mariage (d)étonnant de la poésie classique avec l’anticipation, on trouvera dans ce volume, encore plus concentrées que dans les deux précédents, quelques pépites qui valent le détour. La découverte, en milieu d’ouvrage, de la tombe de Victor Hugo par un clone tout juste éclos est, à cet égard, exemplaire. Les vers du poète et l’éveil progressif du clone se répondent durant plusieurs pages en un dialogue dont la beauté à elle seule fait oublier les faiblesses de l’histoire et les rachète honorablement.

Paradis retrouvé clôt une trilogie dont l’essentiel de l’originalité et de l’action résidait dans les deux premiers tomes. À ce titre, ce roman peut décevoir. Pour autant, la trilogie, prise dans son ensemble, constitue une lecture agréable et mérite assurément le coup d’œil.

Ketty Steward

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