Rage
de Lim Kwang Mook et Nicolas Tackian
aux éditions Soleil ,
collection Fusion
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Post apocalyptique

Scénariste : Nicolas Tackian
Dessinateur : Lim Kwang Mook
Date de parution : mai 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 64
Titre en vo : Rage

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Dans un univers sans espoir, la lutte de deux êtres pour la délivrance…

Après la collection Terres Secrètes, on retrouve Nicolas Tackian dans ce one-shot de la collection Fusions : Rage.

Dans cette collaboration franco-coréenne, c’est Mook qui signe les dessins et couleurs de cette aventure post-apocalyptique.
 
Voyage en enfer
 
En 3010, 50 ans après une guerre mondiale ayant déchaîné le feu nucléaire sur la planète entière, il ne reste que des ruines et les survivants ont subi de lourdes mutations génétiques. Kama est un homme-loup. Il vit dans un village non loin de la mégalopole Sangpok avec sa sœur Misaki. Sa vie bascule lorsqu’un gang urbain de pillard vient ravager le village et enlève Misaki. Kama se lance alors dans un périple à travers la violence de la ville pour retrouver sa sœur. En chemin, il fait la connaissance de la belle et redoutable Maé…
 
Un univers glauque et empli de détresse
 
Lorsque l’on feuillette Rage, on est frappé par le flou qui baigne ses dessins. Mook use et abuse des camaïeux de bleu et vert d’eau et d’infographie. Le résultat rend des paysages embrumés, pollués, des personnages plongés dans des atmosphères fétides, en bref, un univers étouffant Seul le personnage de Maé se détache comme une bouffée d’oxygène et d’espoir. Son visage est précis dans le flou général, ses couleurs plus vives.
L’album est coupé en deux parties. Dans la première partie du voyage de Kama, le découpage des vignettes est ordonné et structuré. Puis, comme pour renforcer la rupture du rite initiatique des prêtres de l’œil, les cadres explosent et les couleurs envahissent toutes les surfaces des pages dans une dynamique assez proche du manga. Cela donne un rythme plus marqué.
Rage porte bien son nom. Même si les motivations de Kama et de Maé sont nobles (la liberté pour Maé et l’amour de sa sœur pour Kama), leurs moyens d’agir sont emprunt de rage et de fureur.
Certaines situations sont un peu clichés et rappellent certaines scènes de films SF. Mais on garde de cet album un sentiment diffus de détresse profonde et d’impuissance.
En résumé, c’est un univers sombre et étouffant à souhait dans lequel on aime plonger le temps de ce périple à l’allure de cauchemar. Un album, somme toute, assez intéressant pour ses graphismes et pour l’atmosphère que les auteurs ont su retranscrire.

Stéphanie Morello-Fenouillet