Rapaces
( Rapaces 4 )
de Enrico Marini et Jean Dufaux
aux éditions Dargaud
Genre : Fantastique

Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Enrico Marini
Couleurs : Enrico Marini
Date de parution : août 2003 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 56
Titre en vo : 1

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La fin d’une série, le début d’une autre ?

Dans les premières pages de ce tome 4, Camilla, la Rapace complice de Drago est blessée pour la première fois de sa longue existence. Lénore, la fille d’une riche famille de la ville, tente de la guérir. C’est le moment que choisit Drago pour révéler au jeune Aznar Akeba les circonstances de sa naissance. Dans ce tome, on retrouve également l’inspecteur Spiaggi, toujours amoureux de Lénore. Après avoir tué son supérieur hiérarchique, il assiste à l’assassinat de Newton par sa sœur, la belle Léonore, au cours d’une fête. Mais il repère aussi l’arrivée d’un motard qui n’est autre qu’Aznar Akeba, le fils de Drago. Ces manœuvres sont balayées par de violentes explosions qui créent un véritable carnage. Lénore, Aznar et Drago parviennent à fuir… Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines. La traque peut commencer.

Petit résumé d’une vie de dessinateur déjà bien fournie


Né à Ninove en Belgique le 7 Juin 1949, Jean Dufaux fréquente tout d’abord l’Institut des Arts de Diffusion, à Bruxelles. Psychanalyse de l’art et cinéma seront au cœur de sa formation. Dès sa sortie, il écrit des articles pour Ciné-Presse, des pièces de théâtre pour enfants et des nouvelles. Pour ses premiers pas dans la bande dessinée, il scénarise en 1983, avec Vernal, la série Brelan de dames, dessinée par Renaud et publiée dans l’hebdomadaire Tintin. Puis il donne naissance à Jessica Blancy, aux Enfants de la Salamandre et à Santiag toujours avec Renaud. L’année suivante, il continue avec une série consacrée aux écrivains et réalise autour d’Hemingway La Mort du léopard, dessinée par Malès, ainsi que Pig pig pig, consacré à Pasolini et mis en images par Rotundo (Glénat. En 1991, il imagine deux nouvelles séries : Fox et Avel (Glénat) et travaille autant avec les jeunes pousses du 7ème art comme alors Nicaise pour Sang de lune (Glénat) qu’avec les auteurs les plus confirmés comme Rosinski, pour qui il rédige en 1993 La Complainte des landes perdues (Dargaud). Depuis le style Dufaux s’affirme pleinement dans une variété de genres (thriller, récit historique, fantastique ou western) et d’époques, avec des séries telles que Niklos Kodas, Les Voleurs d’empires, L’Impératrice rouge, Jaguar, Les Rochester, Munera, Djinn et bien sûr Rapaces. Traduits dans plus d’une dizaine de langues, les albums de Dufaux doivent leur succès entre autre à son sens inné du suspense et des cadrages. Un travail récompensé par une vingtaine de prix en Europe. Par ailleurs très bon dialoguiste Jean Dufaux travaille actuellement sur l’écriture d’un téléfilm et l’adaptation cinématographique de Giacomo C.

Tout au long de son enfance Enrico Marini dessine pour son plaisir. Il crée ainsi nombre de bandes dessinées dont les seuls lecteurs seront d’abord ses amis proches. Élevé au biberon des dessins animés japonais - Marini est né en 1969 - qui déferlent sur les écrans de télé européens à partir du milieu des années 70, le jeune Enrico développe son trait dans la lignée de son univers visuel de prédilection, avec une série culte : Lupin III, signée par le pape de l’animation japonaise (mais Marini ne le sait pas à cette époque), Hayao Myazaki, Poussé par ses amis, il se décide à participer à certains concours puis intègre à dix-huit ans l’Ecole des Beaux-Arts de Bâle. Jusqu’en 1991, il y étudiera le graphisme sans renier ni les mangas qui l’ont nourri, ni les auteurs qu’il chérit aujourd’hui encore : Hermann, Moebius et Otomo. En 1992, Smolderen lui propose de changer d’univers. Leurs regards se tournent alors vers Gipsy, un vrai héros de chair et de sang, mélange de cynisme, de force grossière et de sensibilité dissimulée. Puis c’est la rencontre de Stephen Desberg et la concrétisation d’un rêve d’enfant avec L’Étoile du Désert  : dessiner un western. Aujourd’hui son style a évolué. Plus lyrique, il s’est lancé dans deux séries baroques et fantastiques, l’une d’époque, Scorpion avec Desberg, l’autre d’anticipation noire autant que rouge sang : Rapaces avec Dufaux.

Une fin un peu moins convaincante que les tomes précédents

Voilà enfin la dénouement de cette ténébreuse série. Le premier choc vient de la vitesse de lecture. Alors que j’ai lu les trois premiers tomes en prenant mon temps, ce dernier est passé plutôt vite. Du point de vue du scénario, comme dans toute bonne conclusion, on comprend enfin certains côtés obscurs de l’histoire comme les secrets de la famille de Lénore. Le fil conducteur de la série était basé sur les deux rapaces mais l’apparition de multiples éléments sans trop de liens entre eux font perdre de sa cohérence au récit. Le rythme particulier instauré dans les trois premiers tomes n’est plus maintenu. Beaucoup de personnages mériteraient un approfondissement comme le Dévoreur. Même si on voit se profiler une seconde série, on reste un peu sur notre faim.

Passons maintenant aux dessins qui constituent d’ailleurs l’intérêt majeur de cette série. Marini a ici une occasion de mettre son talent au service d’un univers gothico-érotique. Mais il semble se lasser, le trait est plus net, ce qui du coup correspond moins à l’ambiance sombre et floue des tomes précédents. L’univers glauque et sombre des ruelles perd de son intensité et les rapaces semblent moins agressifs. Malgré ces quelques déceptions, ce tome reste dans la lignée de la série. C’est un album moyen qui ne conclue pas l’ensemble avec panache. On s’en contentera.

Thomas Ryngel

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