Ravage - Tome 2
de Rey Macutay et Jean-David Morvan
aux éditions Glénat
Genre : Anticipation
Sous-genres :
  • Post apocalyptique

Scénariste : Jean-David Morvan
Dessinateur : Rey Macutay
Couleurs : Walter
Date de parution : septembre 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo :

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Le deuxième tome de l’adaptation de Ravage de Barjavel

Jean-David Morvan (scénariste prolifique et primé), Rey Macutay (illustrateur et storyboarder philippin) et Walter se sont réunis pour adapter l’oeuvre de Barjavel en trois tomes.
 
Un des premiers romans de Barjavel, précurseur de la science-fiction

L’histoire de ce deuxième tome commence immédiatement là où finissait le premier, sans résumer le début du récit : c’est un black-out mondial, la disparition inexplicable de toute l’énergie électrique de la surface du globe.

L’incompréhension et la panique s’emparent des gens de ce XXIe siècle qui ont bâti leur société sur l’électricité. Et à raison : les avions, les voitures volantes leur tombent dessus, les morts commencent à pourrir et à déclencher des maladies, plus aucune communication n’est possible.

François Deschamps, le brillant étudiant en chimie de 22 ans, personnage principal de l’histoire, est un des rares à ne pas sombrer dans une panique aveugle. Il court au secours de Blanche Rouget, son amie d’enfance, et organise ensuite la survie d’un groupe de rescapés qu’il parvient à rassembler. Objectif : quitter Paris livrée aux pillards, et survivre à tout prix...

La violence arrive

Cette société qui semblait policée se révèle plus violente qu’on ne le pensait. La loi de la jungle s’installe à peine quelques heures après le début du black-out, et le seul fait d’aller chercher à manger peut s’avérer mortellement dangereux.

François n’est pas le dernier à se révéler menaçant. La dureté de son caractère était déjà manifeste dans le premier tome ; là elle devient effrayante et mortelle pour ses ennemis. Car il a décidé que seule l’inhumanité pouvait leur sauver la vie, quitte à accumuler les "dommages collatéraux".

La survie dans un monde post-apocalyptique

Il s’agit ici de la pure tradition du post-apocalyptique, avec catastrophe, panique, effondrement de l’Etat et de la société, anarchie, crimes, survie dans des conditions terribles. La BD respecte bien l’histoire créée par Barjavel, et du coup pêche au même endroit que lui : quelle est l’origine de cette catastrophe ? Par quoi est causé ce black-out qui fait disparaître tout l’électricité d’un coup ?

On nous suggère une sorte d’éruption magnétique solaire, une vengeance de la nature qui se rebelle contre la domination humaine, mais cela reste faible. C’est peut-être une sorte de prétexte imaginé par Barjavel pour mettre l’accent sur les dangers d’une confiance excessive en la technologie, aux dépens de la nature. En tout cas, c’est assez simpliste, voire caricatural. C’est dommage.

Un dessin expressif mais pas assez violent

Le style de dessin sert bien le côté dramatique de l’histoire, mais je le trouve malgré tout un peu trop gentil par rapport aux horreurs racontées. Il est question de meurtres, de vrais carnages, et le dessin a un côté presque enfantin, comme si le dessinateur avait peur d’entrer dans le vif du sujet.

Une bonne adaptation

Tout cela fait une BD plutôt réussie, issue d’un roman court mais difficile à adapter. On a hâte de découvrir ce qui arrivera aux survivants dans cet univers sinistré. François est un personnage hors du commun, dont on pressent qu’il va avoir un destin extraordinaire. 

Anaelle Weiss