Rien qu’un souffle
( O-N-E 1 )
de Zivorad Radivojevic et Sylvain Cordurié
aux éditions Le Lombard
Genre : Fantastique

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Zivorad Radivojevic
Couleurs : Alex Gonzalbo
Date de parution : septembre 2009 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 50
Titre en vo :

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Un thriller paranormal qui démarre bien

Sylvain Cordurié est né en 1968. Il commence sa carrière, après des études aux Beaux-Arts d’Angers, chez Oriflam, maison d’édition de jeux de rôles. Puis en 2001, il s’oriente vers la bande dessinée. Il signe alors les scénarios de nombreuses séries parmi lesquelles Sälem la Noire, Acriboréa ou Le Code d’Hammourabi. Cordurié multiplie les projets avec différents éditeurs, ne s’attachant pas à un en particulier.
Zivorad Radivojevic est serbe, et né en 1965. Depuis 1981 il travaille dans la bande dessinée, avec succès puisque son travail a été récompensé plusieurs fois par des prix, mais il réalise également de l’illustration pour des livres pour enfants. O-N-E est la première série à laquelle il participe publiée en France.

Des télépathes au service des politiques

Le président Harmond s’est installé à la Maison Blanche depuis peu mais le monde semble déjà en être bouleversé. Les querelles entre les nations s’apaisent. Mais pourquoi la nouvelle administration américaine réussit-elle autant ? C’est ce que veut découvrir le sénateur Pershing. Affilié au consortium militaro-industriel, il dispose d’outils parfaits pour cela : les pensanguins. Ces hommes et femmes, fruits d’une expérience ratée, peuvent lire dans les pensées et découvrir les secrets les mieux cachés...

Un thriller fantastique intrigant


Le monde décrit dans O-N-E est quasiment le nôtre. Rajoutez-y seulement un président des USA qui réussit à ramener plus ou moins la paix dans le monde et des personnages capables de lire dans les pensées, et vous y êtes !

Dans ce premier tome de la saga, Rien qu’un souffle, Sylvain Cordurié met en effet en avant les manigances politiques des hautes sphères de Washington. La réussite du président démocrate Harmond affole ses opposants. Les complexes militaro-industriels, qui sont susceptibles de perdre beaucoup d’argent s’il n’y a plus de guerres, veulent comprendre la raison de ces succès diplomatiques. Ils sont prêts, pour cela, à utiliser leur botte secrète : les pensanguins.
Rien qu’un souffle décrit très bien qui sont ces hommes et ces femmes capables de lire dans les pensées, comment ils le peuvent  et de quelle façon ils sont apparus. En l’occurrence, ils sont le fruit d’une expérience ratée, qui a eu des effets inattendus. Le personnage principal de la série, Julian Lethercore, est l’un d’entre eux, ce qui est idéal pour comprendre les avantages et les inconvénients de cette capacité.

À l’image du « pouvoir » des pensanguins qui possède un côté positif et un côté négatif, O-N-E se caractérise par un flou dans la définition du Bien et du Mal. Qui sont vraiment les gentils et les méchants dans l’histoire ? Ce n’est pas clair. Harmond, démocrate et président visiblement vertueux, est-il le gentil ? Le sénateur Pershing, républicain et allié des industriels de l’armement, est-il le méchant ? Une seule chose est sûre : Julian Lethercore est le héros que nous allons suivre tout au long de la série, et il n’est pas non plus tout blanc ou tout noir. Ténébreux, rusé, opportuniste, à la botte de Pershing, il semble prêt à beaucoup pour accomplir sa mission... Contrairement aux autres pensanguins, parqués dans un camp secret car on les considère comme dangereux.

L’histoire est mise en images par Zivorad Radivojevic, un dessinateur serbe talentueux, qui ne brille pas par un style iconoclaste, mais grâce à un coup de crayon réaliste qui convient parfaitement à un thriller se déroulant dans notre monde, même s’il incorpore des éléments fantastiques. Les dessins sont magnifiés par le travail de coloriste d’Axel Gonzalbo, effectué avec soin.

Rien qu’un souffle introduit les éléments mystérieux et passionnants d’une série prometteuse, où on cherche encore qui sont les figures héroïques, voire même s’il y en a. On attend maintenant la suite avec impatience.

Stéphane Gourjault

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