Science-fiction : les frontières de la modernité
de Raphaël Colson et André-François Ruaud
aux éditions Mnémos
Genre : SF
Sous-genres :
  • Essai

Auteurs : Raphaël Colson , André-François Ruaud
Couverture : François Jung
Date de parution : novembre 2008 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Bibliographie
Nombre de pages : 352

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Un essai intéressant abondamment illustré

André-François Ruaud est un acteur important de l’univers de la science-fiction française : fondateur du fanzine Yellow Submarine et rédacteur en chef du nouveau Fictions, il est aux commandes des éditions Les Moutons électriques, mais il est également essayiste et anthologiste (Cartographie du merveilleux, Science-fiction, une littérature du réel ou encore Le Dictionnaire féérique).
Raphaël Colson est un écrivain et essayiste français. Il a déjà collaboré avec André-François Ruaud pour le titre Science-fiction, une littérature du réel.

Un essai ambitieux

Cet essai commence par une introduction où les auteurs s’attachent à définir la science-fiction, exercice difficile s’il en est mais qui leur permet de préciser leur approche, qui sera le fil conducteur de ce livre. Ils considèrent ainsi la SF comme une culture particulière et ne s’y intéressent pas en tant que phénomène unique, mais sous son aspect culturel au travers de ses différents supports : littéraires mais aussi dessinés et cinématographiques. La science-fiction est aussi présentée comme une réflexion sur la manière d’appréhender le monde en changement.

Il s’en suit un parcours chronologique qui démarre aux premières utopies pour nous emmener jusqu’à l’époque actuelle. A chaque période, l’essai navigue entre l’Europe et les Etats-Unis, avant de s’attarder sur le Japon à partir de la seconde guerre mondiale. Les œuvres de science-fiction sont ainsi mises en perspective par rapport à leur contexte historique, la principale nouveauté étant de faire intervenir l’imaginaire asiatique. Plusieurs analyses et passages classiques côtoient des passages qui offrent des perspectives originales. Ainsi de la partie concernant la place du robot considéré comme un partenaire chez les japonais, et non comme un concurrent.

Quelques manques

On pourra regretter le manque de clarté de la définition du concept de modernité : le mot est souvent invoqué mais jamais vraiment expliqué, ou alors entendu sous son acception occidentale. Or le fait d’utiliser l’imaginaire japonais aurait sans doute mérité une définition plus précise ; on se situe ici dans une conception purement occidentale du terme et on peut s’interroger sur la pertinence de son application à la culture asiatique.

Les parties consacrées à la science-fiction japonaise s’attachent surtout à ce qu’on connaît le mieux en France, c’est-à-dire les mangas et les animés. Il est dommage de ne pas évoquer davantage la culture littéraire, autrement qu’en passant et sans mentionner les écrits de la fin du dix-neuvième. Le Japon est pris en tant que pays représentatif de l’évolution de la culture science-fictive vers l’image et le visuel, ce qui est juste mais réducteur dans le sens où il existe aussi une forte culture littéraire. D’autant que les interactions entre ces différents médias y sont très développées : jeux-vidéos, mangas, animés mais aussi support écrit.

Malgré quelques points qui auraient mérité d’être développés, les livres de réflexion sur le sujet ne sont pas légion. Les nombreuses illustrations et un panorama assez complet des différentes œuvres marquantes du genre, lié à un rappel du contexte historique, ont le mérite d’ouvrir des pistes de réflexion à creuser, mais aussi de découvrir une partie de la culture science-fictive japonaise.

Tony Sanchez

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1 Message

  • Je suis d’accord avec cette analyse de l’ouvrage, à bien des égards convaincant. Le projet est ambitieux, et l’ouvrage témoigne évidemment d’une grande maîtrise du genre, y compris dans ses développements récents (ce qui n’est pas fréquent). L’introduction se veut théorique mais convainc moins : le concept de genre appliqué à la SF est en partie rejeté pour celui de "culture" (discutable mais passons), mais en réalité, les auteurs s’appuient sur une définition (implicite) du genre qui se définirait par des traits thématiques : que ce soit en littérature ou pour les autres supports, la notion de genre est bien plus complexe (et convient bien pour la SF à travers tous ses supports médiatiques). Il y a aussi des erreurs : les propos attribués à Kalifa sont qualifiés de jugement de Kalifa, mais le propos de ce chercheur n’est pas de juger... Et au fait, il est historien, pas sociologue... Bref, un ouvrage très intéressant, aussi complet qu’on peut l’être, mais l’introduction théorique manque de précision théorique, justement...

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