Soupir
de Mathieu Gaborit
aux éditions Mnémos ,
collection Hélios
Genre : Fantasy

Auteurs : Mathieu Gaborit
Couverture : Daniel Balage
Date de parution : octobre 2017 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 256
Titre en vo :
Première parution : septembre 2011


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Un des grands noms de la fantasy francophone

Né en 1972, ancien rôliste, Mathieu Gaborit s’est fait connaître lors de la publication des Chroniques de Crépusculaires chez Mnémos, de 1995 à 1996. Il a confirmé les espoirs placés en lui avec Abyme (Mnémos, 1999). On lui doit également un excellent court roman de steampunk, Confessions d’un automate mangeur d’opium (Mnémos, 1999), coécrit avec Fabrice Colin. Avec Gaborit, on est volontiers dans un style baroque, l’auteur prend certaines libertés avec les stéréotypes du genre tout en les maîtrisant parfaitement : Soupir, nouvelle version des Chroniques du Soupir (Le Pré aux Clercs, 2011), on va le voir, le confirme nettement.

Aux racines du monde

L’univers est régenté par les hautes fées qui, autrefois, ont implanté une fée à la place du cœur de chaque créature vivante. Cerne a autrefois perdu sa femme lors de l’accouchement de leur fille, qu’il a ensuite abandonnée au bon vouloir des fées. Loin de là, dans la cité de Médiane, la naine Lilas s’occupe d’une auberge. Elle a choisi de rester ici lorsque Frêne, son mari, s’est pétrifié pour l’éternité. Ses enfants sont partis et elle vit désormais avec Errence, un magicien elfe. Un soir, son fils Saule débarque chez elle, épuisé et à demi mourant, traînant avec lui une fille dénommée Brune qu’il dit avoir adopté comme sa fille. Brune est en fait une des enfants de la haute fée, qui envoie ses miliciens, auquel appartenait autrefois Lilas, la rechercher. Lilas les tue et tente de négocier avec la haute fée…

Du baroque

J’en connais un qui chantait « on a tous en nous quelque chose de Tennessee » : avec Gaborit, c’est plutôt « on a tous en nous quelque chose d’une fée ». C’est moins glamour (quoique) mais plutôt inspiré, voire habité. Qu’est-ce qui est baroque chez Gaborit ? Eh bien, il joue avec les codes du genre, fait coucher des elfes avec des naines, écrit le roman d’initiation d’une mère ou d’un père (normalement c’est plutôt un enfant ou un adolescent qui s’initie). Le baroque c’est l’exagération, la surcharge, l’exubérance et l’harmonie des contraires. Soupir témoigne donc d’une démarche baroque. C’est intéressant, parfois joliment écrit. À découvrir donc.

Sylvain Bonnet