Spécial Clifford D. Simak
( Bifrost 22 )
de Bifrost et Clifford D. Simak
aux éditions Le Bélial
Genre : SF

Auteurs : Bifrost , Clifford D. Simak
Couverture : Philippe Gady
Rédaction : Olivier Girard
Date de parution : juin 2001 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Revue
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1

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Un dossier pour redécouvrir un auteur génial !

Ca n’a l’air de rien mais ce numéro 22 de Bifrost est un petit morceau de bravoure. En effet, si dans le choix cornélien des auteurs à étudier dans la revue, Dick (n°18) et Moorcock (n°26) s’imposent d’eux-mêmes, il n’en va pas ainsi de Simak. Dans le firmament de la SF, son étoile brille sans doute moins que celle d’un Asimov ou d’un Clarke. Pas sûr non plus qu’il n’ait pas été quelque peu oublié ces dernières années par le public français. Bref, Simak n’est pas une star de la SF qui fait forcément vendre. L’entreprise de lui consacrer un numéro spécial peut donc paraître assez audacieuse.

Une entreprise audacieuse mais justifiée


Mais qu’on ne s’y trompe pas. Les petits gars de Bifrost font partis de ceux qui se souviennent que Simak c’est avant tout une plume et une ambiance. On peut d’ailleurs s’en rendre compte en lisant les quatre nouvelles que la revue nous propose. L’ensemble se veut didactique puisque les textes s’étalent tout au long de sa vie. Les lecteurs attentifs auront donc un aperçu de l’évolution du style de Simak au fil des années. Bon, c’est relatif bien sûr mais l’intention est louable. D’autant plus que le dossier permettant de bien mettre en perspective ces nouvelles dans la carrière de Simak se trouve après dans le sommaire. Pas sûr par conséquent que tout le monde le consulte avant de se ruer sur ces 4 fictions.

Je chipote évidemment... Les histoires se suffisent à elles-mêmes et le dossier est très bien fait. La première nouvelle, écrite en 1941, est la plus classique et sans doute la plus datée. Sur Mercure, un groupe d’explorateurs terriens se retrouve aux prises avec une entité extraterrestre caméléon qui prend un malin plaisir à tuer les membres de l’équipe et à prendre leur place un à un. Bref, pas de quoi défriser un ET. Faisant vaguement écho à des thèmes dickiens, Mascarade est surtout le produit de son époque où la conquête spatiale tenait le haut du pavé dans l’imaginaire des lecteurs. Il n’en reste pas moins un texte agréable en guise d’entrée. Le meilleur reste à venir.

Le peintre des étoiles

Dans les pages qui suivent, Simak prend véritablement toute sa dimension avec les trois autres nouvelles. On retrouve alors sa plume et son style poétique. La fiction qui suit, Un Van Gogh de l’espace, est une petite merveille de sensibilité. Sur une planète éloignée, un voyageur retrouve la trace de son peintre favori. Celui-ci a semé de son vivant des toiles superbes dans toute la galaxie avant de venir mourir dans cet endroit anodin. C’est un lieu chargé d’émotion pour notre fan découvrant les dernières peintures de son idole et une toile inachevée qui va bouleverser sa vie. Poignante et touchante sont deux qualificatifs qui vont bien à cette histoire.

Objectif atteint !

La suite est du même acabit. Un voyage dans le temps (Une visite chez Grand-mère) et un petit tour dans l’horreur (Le puits siffleur) devraient finir de vous convaincre que Simak était un écrivain de premier ordre. Avec le dossier qui lui est consacré, ce numéro 22 de Bifrost met en appétit. Sûr que de nombreux lecteurs auront envie de (re)découvrir Simak. Tant mieux. C’était sans doute un des objectifs de ce dossier. En tournant la dernière page de la revue, il est pleinement atteint.

Jérôme Vincent

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