Stairways to hell
( 1 )
de Thomas Day
aux éditions Le Bélial
Genre : SF

Auteurs : Thomas Day
Couverture : Guillaume Sorel
Date de parution : octobre 2002 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Pas de pitié

Auteur découvert ces cinq dernières années, Thomas Day a commencé sa vie d’écrivain en multipliant les nouvelles notamment pour le magazine Bifrost. Il s’y est taillé une réputation d’auteur extrême, n’hésitant pas à surenchérir dans la violence et à emmener ses lecteurs dans les bas fonds de nos sociétés et de la nature humaine. Le recueil Stairways to hell en est l’exemple parfais. Les éditions du Bélial y ont regroupé ses trois nouvelles les plus dures, les plus glauques, les plus violentes.

Un espoir et deux folies

Les deux premiers textes, Extermination Highway et Dirty Boulevard, sont déjà connus des lecteurs de Bifrost où elles ont été publiées. Assez curieusement, Extermination Highway qui ouvre le recueil est la nouvelle la plus optimiste. Certes le retour à la vie d’un ancien tôlard dévoré par la haine de l’humanité et par un racisme violent, n’est pas de tout repos. Personnage antipathique au début, il n’a rien du héros sympathique et bon enfant. Reste qu’au bout de son chemin, une lueur de rédemption subsiste. Un espoir qui est refusé aux principaux acteurs des deux nouvelles suivantes. Chacune à leur façon sont des plongées vers l’enfer et la folie. Dirty Boulevard raconte la dérive d’un homme pourtant très sage à Paris. Sa vie bascule quand il s’aventure dans les catacombes. Il y découvrira des choses, des extrêmes qu’il aurait mieux fait d’éviter. Inédit, le dernier texte n’est pas le moins remuant. Un ancien junkie, auteur de son état, en fait voir de toutes les couleurs à sa petite amie. Au cœur de son problème la haine de la vie et de lui-même. Et une sérieuse perturbation mentale. Il entend dans son crâne la voix d’un ancien amour mort quelques années avant. Elle lui parle et lui dit des choses peu agréables. Des choses qui ont parfois l’accent de la vérité.

On peut pas plaire à tous le monde

Soyons clair, le talent de conteur de Thomas Day ne s’exprime jamais mieux que quand il se lance dans ce genre de nouvelles violentes et extrêmes. Certes c’est dur, au point parfois de ne pas avoir envie de relire ces textes, il n’empêche que l’on est souvent pris par l’intrigue avec l’envie d’en savoir plus, un peu comme lorsque l’on ralentit en passant devant un accident. Ou peut-être tout simplement parce que ces plongées dans la folie nous renvoient à nous-même et exacerbent les sentiments des personnages. Avec ce genre de textes, le lecteur transgresse l’interdit par l’intermédiaire des héros. Bien sûr cela ne peut pas plaire à tout le monde et on le conçoit aisément. La hargne déployée ici est parfois choquante comme cette volonté d’aller jusqu’au bout et de ne pas se "contenter" de la normalité. D’autant plus que l’aspect "viril" et violent de tout ça en rebutera plus d’un. On se contentera donc de dire que Stairways to hell a au moins le mérite d’exister et de bousculer un peu le commun des lecteurs de SF. Et puis rappelons simplement que malgré tout, Thomas Day a décidément une belle plume.

Jérôme Vincent

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