Superstition
( 1 )
de David Ambrose
aux éditions J’ai lu ,
collection Fantastique
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Fantastique

Auteurs : David Ambrose
Couverture : Jean-Pierre Roblain
Traduction : Laurent Askienazy
Date de parution : juin 2003 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1

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Surtout n’en croyez rien...

David Ambrose a débuté à Hollywood comme scénariste en compagnie d’Orson Welles. En parallèle de ses activités cinématographiques, il écrit des livres situés à la croisée de la littérature générale et des différentes branches des littératures de l’imaginaire. Après son premier roman, L’homme qui se prenait pour lui-même, les lecteurs français peuvent à nouveau découvrir avec Superstition sa grande maîtrise de la narration.

Une créature encombrante

En dénonçant une arnaque de médium, Joanna Cros s’aventure sur le terrain marécageux du paranormal. Sam Towne chercheur universitaire en parapsychologie l’invite à poursuivre son exploration en participant à une expérience visant à faire se manifester l’esprit d’une personne inventée de toutes pièces par les volontaires. Les résultats ne se font pas attendre : Adam Wyatt, faux compagnon de Lafayette entre en contact au cours de séances spirites avec ses créateurs. Mais le fantôme prend goût à l’existence et semble déterminé à éliminer ce qui nierait sa réalité...

Fascinant

Inspiré par une expérience menée à Toronto au début des années 1970, l’auteur semble avoir fort bien documenté ce récit, le rendant d’autant plus saisissant. Habitué à maintenir les spectateurs en haleine, il conduit ses lecteurs dans une course poursuite folle contre une réalité parallèle qui cherche à s’imposer sans scrupule aucun. Ces ficelles de scénariste ressortent également dans l’histoire d’amour plutôt schématique et dans la pirouette finale de l’épilogue. Dans la lignée de Frankenstein, ce livre s’interroge sur le pouvoir et devoir des chercheurs et créateurs. Jusqu’où peut on aller dans la science : l’ignorance n’est-elle pas parfois préférable à l’expérience sans conscience ? Peut-on tuer ce à quoi on a prêté vie, aussi monstrueux soit cet être ? Le démiurge n’est-il pas dépassé voire effacé par ce qu’il engendre ? Mais on se retrouve également dans une interrogation à la Philip K. Dick, en présence de deux réalités simultanées et la validité de l’une plutôt que de l’autre ne dépend que de la subjectivité de celui qui les envisage. Cette histoire hybride a de quoi déstabiliser les plus sceptiques et c’est sûr de quoi fasciner les amateurs de fantastique.

Nathalie Ruas