Talulla
( Le Dernier loup-garou 2 )
de Glen Duncan
aux éditions Denoël ,
collection Folio SF
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Loup-garou

Auteurs : Glen Duncan
Date de parution : octobre 2015 Réédition
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 541
Titre en vo : Talulla rising
Parution en vo : janvier 2012
Première parution : janvier 2014

Lire tous les articles concernant Glen Duncan

Lycanthropie et amour maternel

Glen Duncan, né en 1965, est un auteur britannique qui a étudié la littérature et la philosophie. Ses deux romans Moi, Lucifer et Le Dernier loup-garou ont rencontré un franc succès. Talulla est la suite du Dernier loup-garou.
 
La maternité vue par une louve-garou un peu paumée
 
Difficile de résumer ce livre sans dévoiler beaucoup de spoilers... Disons simplement que l’histoire de ce volume se situe immédiatement après celle du premier. Talulla est enceinte, et elle est seule – Jake, son amant, son guide dans la lycanthropie, est mort.
 
Après un prologue qui fait dans la provocation sexy/sexuelle inutile, qui n’explique pas les événements du premier tome et qui ne rend pas hommage à ses qualités, on retrouve Talulla sur le point d’accoucher, cachée au fond d’une forêt et, croit-elle, à l’abri de ses ennemis. Elle va devoir gérer à la fois son deuil, sa grossesse hors norme, et une foule d’anciens et de nouveaux personnages qui vont l’aider à retrouver son fils, enlevé par des vampires renégats pour d’obscures raisons...
 
Âmes sensibles s’abstenir
 
Du gore, de la violence, des boyaux, du sang, du sexe, des situations volontairement choquantes... L’auteur ne nous épargne rien pour nous montrer le potentiel du loup-garou, sa nature profondément monstrueuse. Si le premier volume se concentrait sur Jake, personnage à bout de souffle, pour développer le caractère monstrueux – et gore – de la lycanthropie, dans ce deuxième volume c’est une femme, et qui plus est une mère, qui prend la parole et l’initiative de l’action. Horreur supplémentaire donc, puisqu’on associe traditionnellement la maternité à la douceur, et qu’on ne peut pas s’imaginer une mère faisant certaines choses...
 
Talulla si, elle imagine. Et elle nous raconte tout ce qu’elle imagine, dans les détails, en se demandant jusqu’où elle pourrait aller dans l’horreur. Le roman est ainsi presque plus focalisé sur ses pensées, ses peurs, son imagination, ses questionnements, que sur l’action elle-même, qui paraît parfois curieusement ralentie et comme mise à l’écart. 
 
Une louve qui reste une mère
 
Et pourtant, à travers ce personnage de mère louve-garou tourmentée et aimante, on ne quitte jamais réellement le domaine de l’humain, de l’affectif, comme si l’animal en l’homme/la femme était là pour exacerber le côté humain d’une personne et lui permettre de s’accomplir entièrement. Le monstre en effet est là pour accompagner la mère, la soutenir dans la recherche de son fils, et lui donner les moyens physiques et la violence nécessaire pour y parvenir. Talulla louve est presque encore plus maternelle que Talulla humaine.
 
Une suite digne du premier volume
 
Il faut aussi saluer le jeu des personnages dans ce deuxième volume : les nouveaux prennent de l’épaisseur tandis que d’anciens ressurgissent dans des rôles à contre-emploi qui rafraîchissent considérablement l’histoire.
 
Pour le reste, les fans du Dernier loup-garou se retrouveront sans problème dans cette suite : mêmes problématiques, même type de récit à la première personne, même style, mêmes questionnements, mêmes scènes gores. Talulla a bel et bien pris la relève de Jake.

Anaelle Weiss

D'accord, pas d'accord ? Parlez de ce livre sur le forum.

Vous voulez donner votre avis sur ce sujet ? Vous voulez mettre un lien vers votre propre chronique ? Cliquez ici.