The Unwritten - Tome 1 : Entre les lignes
de Peter Gross et Mike Carey
aux éditions Urban Comics ,
collection Vertigo essentiels

Scénariste : Mike Carey
Dessinateur : Peter Gross
Traduction : Jérémy Manesse
Date de parution : octobre 2017 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 328
Titre en vo : The Unwritten
Première parution : février 2011

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Un scénariste original

Mike Carey est un scénariste britannique qui s’est investi dans le monde des comics à la suite des succès d’Alan Moore, Grant Morrison et Neil Gaiman. Comme eux, il a d’abord trouvé asile chez Vertigo, label de DC comics versé dans l’étrange et l’avant-gardiste. Il y a travaillé sur God save the queen, Crossing Midnight et surtout Lucifer, série qui a lancé sa carrière. Carey a aussi travaillé chez Marvel, d’abord sur les versions Ultimate (conçues à l’origine pour un public plus « adulte ») de Fantastic Four et Vision, puis sur X-Men  : le résultat ne fut pas probant (problème éditorial ? on ne sait).

Carey est aussi un auteur de romans dont un, Celle qui a tous les dons (L’Atalante, 2014), a remporté un certain succès. Pour The Unwritten, il s’est associé à Peter Gross, avec qui il a déjà travaillé sur Lucifer. On a donc affaire à une paire créative plus à l’aise sur des séries originales et non sur du comics mainstream : tant mieux, c’est là que la créativité se niche aujourd’hui ! Urban édite donc cette histoire, après une première publication par Panini il y a quelques années. Alors chef-d’œuvre ou pétard mouillé ?

Où est la réalité ?

Tom Taylor est le fils de Wilson Taylor, auteur d’une série pour enfants où le jeune sorcier Tommy Taylor vit de nombreuses aventures où il bat monstres et magiciens. Wilson Taylor s’était basé sur son fils Tom pour créer Tommy, d’où sa célébrité quasi légendaire… amplifiée il faut bien le dire par la disparition de Wilson. Tom vit sur cette célébrité et fait tous les festivals, jusqu’au jour où une certaine Lizzie Hexam l’interpelle en lui disant qu’il n’est pas le fils de Wilson mais un enfant d’un couple serbe que ce dernier a adopté.

Et au juste de quoi se rappelle-t-il de la disparition de son père ? Tom est bientôt traité d’imposteur et rejeté d’une bonne partie des fans de l’œuvre de son père, jusqu’à sa capture par un fou qui se prend pour le comte d’Ambrosio, un personnage de vampire sorti des romans. Ce dernier veut l’exécuter en direct sur internet et en est empêché par Lizzie Hexam. Tom récupère alors toute sa popularité. Il est loin de se douter qu’on veut sa mort, que tout est lié à l’œuvre de son père, voire à d’autres œuvres… Finalement, la magie n’est pas si loin.

Une œuvre pleine d’ambition

La lecture de ce premier tome de The Unwritten décoiffe ! On a affaire ici à une œuvre pleine de références, « métatextuelle », et Mike Carey instille le doute au début avec maestria : qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Tom est-il Tommy, c’est-à-dire une création ? La réponse définitive n’est pas à la fin de ces 328 pages denses et perturbantes mais en tout cas le doute est semé.

Mike Carey, par son ambition narrative et aussi servi par le trait très plastique de Peter Gross, marche sur les traces de ses aînés : réussira-t-il à transformer l’essai ? On attend la suite !

Sylvain Bonnet