Théâtre d’ombres
( Voodoo Child 1 )
de Nicolas Cage et Weston Cage
aux éditions Fusion Comics
Genre : Comics

Auteurs : Nicolas Cage , Weston Cage

Scénariste : Mike Carey
Dessinateur : Dean Ruben Hyrapiet
Couleurs : S. Sundarakannan
Couverture : Ben Templesmith
Date de parution : mars 2008 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 68
Titre en vo :

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Super-héros à la sauce vaudou

Voir Nicolas Cage sur la couverture d’un album de comics est une chose étonnante même si l’acteur est a priori un grand fan de BD. Il aurait d’ailleurs imaginé l’univers et le personnage de ce dyptique avec son fils Weston avant d’en confier le scénario à Mike Carey, qui s’est illustré auparavant avec Hellblazer et The X-Men. Au dessin, on retrouve Dean Ruben Hyrapiet qui a signé Snake Woman.

Décembre 1860, Nouvelle Orléans

Alors que la guerre de Sécession se termine aux Etats-Unis, les tensions sont toujours très vives à la Nouvelle Orléans et un soir de décembre 1860, des sudistes s’en prennent à la maison de Mason Moore, connu pour ses sympathies pour les abolitionnistes. Seule sa femme noire et son fils métisse parviennent à s’enfuir. Mais ils sont pris pour cible et touchés de plusieurs balles. C’est à ce moment là qu’apparaît Billy Sans-Blâme. Ce mystérieux sorcier vaudou parvient à arracher le jeune homme des griffes de la mort, faisant de lui un être hors du commun. 145 ans plus tard, le petit fils de Billy rappelle l’adolescent dans le monde des vivants pour jouer au justicier.

Magie vaudou pour un scénario plutôt classique

Si le scénario ne brille pas par son originalité, il a le mérite d’apporter une touche d’originalité dans le monde des comics en exploitant le thème de la magie vaudou pour ressusciter le jeune Weston. Cela lui vaut de devoir échapper à l’incarnation vaudou du Diable, le baron Samedi, et de créer une deuxième ligne de récit, ce dernier voulant à tout prix récupérer Weston après avoir été floué pendant 145 ans. Un petit goût d’exotisme qui rend le récit plutôt agréable même s’il ne contient qu’assez peu de surprises. Autre atout du scénario, un super-héros encore très jeune et un peu idéaliste. Weston doit se méfier de lui-même s’il ne veut pas que son enthousiasme et surtout sa violence aveugle ne compromettent son enquête, et surtout s’il ne veut pas tomber dans les griffes du Baron. Un héros qui est donc en pleine phase d’apprentissage en même temps qu’il collectionne les exploits et sème la terreur dans la pègre de la Nouvelle Orléans. Cela ajoute un intérêt supplémentaire, Mike Carey ayant refusé d’en faire un être monolithique.

Côté dessin, on est bien entendu dans l’univers des comics américains avec un maximum des personnages adoptant des positions outrancières. Ils semblent en faire presque trop avec des expressions posées. Néanmoins il y a un vrai souci du détail dans les visages et les ambiances. Et les couleurs sont magnifiquement travaillées. L’aspect visuel est donc plutôt agréable même si certaines planches sont clairement trop chargées. Au final ce premier tome est plutôt intéressant à suivre graphiquement et scénaristiquement. On espère simplement que le second album tiendra les promesses du premier sur le plan de la psychologie du héros principal et sur l’ambiance vaudou. Ce sont là ses deux principales forces.

Jérôme Vincent