Transferts, un problème de transmission

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Date de parution : 0000 Réédition
Langue d'origine : Français
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Annoncé comme la série-choc de cette fin d’année sur la chaîne franco-germanique, Transferts a, sur le papier, tout pour plaire. Retour sur le premier épisode de la nouvelle création originale Arte en six parties, sorti aujourd’hui.

Florian est ébéniste, lors d’une balade en bateau, il se noie et se retrouve dans le coma. Cinq ans plus tard, il est ranimé... mais dans le corps de Sylvain Bernard, policier de la BATI une nouvelle unité de police traquant les ’’transférés’’.

Imaginant une société dans laquelle les transferts d’esprits, bien qu’illégaux, sont monnaie courante et sujets à débats, Arte montre ses muscles et ne cache pas ses ambitions. Générique à l’américaine, contexte digne d’un roman noir SF de Philip K.Dick, le premier épisode nous sort le grand jeu mais ne nous a pas convaincus. A cela, trois raisons :

- L’écriture. Clairement le gros point faible de cette première partie, tous les clichés sont là : conspiration téléphonée autour du policier à abattre, critique pataude du transhumanisme (c’est mal, c’est bien, aucun juste milieu pour le moment) réflexion maladroite sur la médecine et ses limites éthiques... ajoutez à ça la prévisibilité du script et vous avez une série qui paraît déjà datée.

- Le jeu d’acteurs. Parfois, un bon casting permet de rendre une intrigue, pourtant bancale, intéressante, ce n’est malheureusement pas le cas ici. On a droit aux policiers lourdauds à la limite de l’abus de pouvoir, aux scientifiques aux raisonnements tout trouvés (’’nous devons sauver des vies même si ça implique de jouer aux apprentis sorciers’’), bad guys ridiculement loufoques...Seule exception au tableau, le héros, campé par un Arieh Worthalter très attachant en homme perdu dans les oripeaux d’un autre. 

-Une forme quelconque. Pas de réelle esthétique, mise en scène mollassonne, couleurs et lumières sans éclats... la forme dénote une absence quasi-totale de parti pris, ce qui n’aide pas la série à sortir du tout-venant de la production française. 

En bref, si la série affiche de grandes ambitions, elle n’en a pour l’instant pas les moyens. La suite devra sérieusement cravacher pour sortir des sentiers part trop rebattus...

Sacha Lopez