Walking Dead 14. Piégés
( Walking Dead 14 )
de Charlie Adlard et Robert Kirkman
aux éditions Delcourt
Genre : Horreur
Sous-genres :
  • Zombies

Scénariste : Robert Kirkman
Dessinateur : Charlie Adlard
Date de parution : septembre 2011 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 144
Titre en vo :
Parution en vo : juin 2011

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Robert Kirkman est américain, il est né en 1978 à Richmond. Prolifique, il se fait connaître très jeune avec la série Battle Pope qu’il publie lui même au sein d’une structure qu’il a créée. Scénariste de la nouvelle vague US, il apparaît sur la scène comics en 2000. Amateur des films de genre, son talent pour décrire les relations entre ses personnages, à coups de dialogues réalistes et touchants trouvent leur aboutissement dans Walking Dead.

Charlie Adlard a commencé sa carrière très jeune dans les années 90. Particulièrement connu pour ses travaux sur Judge Dredd ou encore Rogue Trooper, il est aussi remarqué sur X-Files et White Death (La Mort Blanche). Il travaille actuellement dans un style plus épuré, avec Corps de Pierre, qui traite d’un héros atteint d’une maladie rare, album d’une grande sensibilité.

Tout s’écroule...

Après la tragédie et la mort de Regina et Pete, l’univers bien propret du village est mis à mal. Douglas Monroe, ne supportant pas la mort de sa femme, se rejette toute la faute et sombre dans la dépression, laissant à Rick les rênes du pouvoir. Tout le monde est prêt à suivre ce dernier après l’attaque des maraudeurs : il a prouvé son sang froid et sa grande faculté à régler les dilemmes les plus épineux.

Devenu de nouveau le leader du groupe, Rick se retrouve devant un nouveau problème de taille. En effet les coups de feu échangés pendant l’attaque ont attiré l’attention des marcheurs à des kilomètres à la ronde. C’est une foule énorme de zombies qui débarquent aux portes du village. Elle marque la fin de cette tranquillité illusoire, et de l’utopie qu’entretenait Douglas.

Le retour à la vie normale semble complètement impossible, et les murs ne tiendront pas longtemps devant l’affluence des trépassés. Rick, Michonne et tous les autres vont retrouver très rapidement leur instinct de survie, qui fait si cruellement défaut aux habitants de cet éden. Une fois de plus nos héros vont devoir faire face à l’enfer de la survie à tout prix...

L’enfer est de retour.

Les auteurs signent une fois de plus un petit bijou. Le calme avant la tempête des derniers tomes laissaient présager une suite des plus mouvementée. Le lecteur ne va pas être déçu. En effet le vernis de la bienséance et de la collectivité imposé par Douglas Monroe a fait long feu : chacun se rend compte de l’utopie de cette vie au sein du village, et le réveil est très rude pour certains. Rick, le personnage fétiche de Robert Kirkman est toujours aussi tourmenté mais avec l’urgence de la situation, il reprend les rênes et retrouve la sagesse du leader.

Toujours autant de force pour cette œuvre novatrice et fondatrice du genre : la série joue autant sur la psychologie des personnages que sur l’action et la tension palpable apporte du dynamisme aux scènes. Les choix des héros pour leur survie, leurs peurs et mauvais côtés sont autant de bonus pour l’intrigue de l’album, avec toujours cette question en toile de fond : la fin justifie-t-elle toujours les moyens ?

Robert Kirkman utilise une large palette autour des diverses personnalités de ses personnages, et propose un tableau extrêmement crue de l’humanité et de ses travers les plus noirs. On retrouve tous les composants qui font le succès mérité de cette série : ambiance, intrigues, rebondissements et psychologie travaillée des héros ne laissent pas beaucoup de temps aux lecteurs pour reprendre leur souffle.

Avec les dessins de Charlie Adlard, en grande forme pour parachever le spectacle, nous sommes devant un véritable film. Arrêt sur image, travelling et divers artifices empruntés au cinéma se trouvent au gré des planches. Peu de détails dans les cases, simplement l’essentiel dans toute sa froideur, comme le visage de Carl face à son père en lui avouant sa peur de l’avenir ou encore Rick voulant croire à l’espoir.

Une série comme on aimerait en voir plus souvent. Merci messieurs Kirkman et Adlard !

 

Yann Blanchard