ITW Benoît Domis
de Benoît Domis
aux éditions
Genre : Fantastique

Auteurs : Benoît Domis
Date de parution : janvier 2011 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
Titre en vo :

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Actusf : Comment avez-vous choisi les nouvelles qui figurent dans ce recueil ?
Benoît Domis : J’ai plusieurs sources. D’abord, les textes que l’on m’envoie (une dizaine par mois, d’auteurs aussi bien francophones qu’anglophones). C’est de cette façon que j’ai découvert Glynn Barrass ou Aurélie Ligier, par exemple. Ensuite, les revues (essentiellement Black Static et Cemetery Dance) que je lis tout au long de l’année. Je lis également les "best of" annuels de Steve Jones et Ellen Datlow. Et à partir de tout ça, j’essaie de construire un sommaire équilibré, tout en respectant la ligne éditoriale de Ténèbres, à savoir fantastique et horreur modernes, avec une pointe d’originalité (mais je ne m’interdis pas d’y déroger à l’occasion : le texte d’Eugie Foster, couronné par le prix Nebula, peut sans doute être lu comme de la SF).
 
Actusf  : Il y a une palette de fantastique très large. On va de l’effroi avec le Seuil de Glynn Barrass à la folie avec Jean-Pierre Planque en passant par ce qui est plutôt un conte de Noël pour Noël en enfer d’Orson Scott Card. Vous aviez envie de montrer toute une palette de fantastiques ou est-ce vraiment le miroir de ce qu’il se faut aujourd’hui ?
Benoît Domis : En fait, c’est surtout le miroir de ce que j’aime. La palette est forcément incomplète, dans la mesure où je laisse volontairement de côté un fantastique que j’estime trop classique. Personnellement, pour que je publie une nouvelle sur le thème du vampire, l’auteur a intérêt à faire preuve d’une bonne dose d’originalité. Les figures traditionnelles du fantastiques sont donc probablement sous-représentées dans Ténèbres, mais je l’assume.
 
Actusf : Vous avez mis à l’honneur William Peter Blatty avec une interview. On le connait en France pour l’Exorciste mais ses autres romans n’ont jamais été traduit en France. Quel type d’auteur est-il ? Quels romans faudrait-il selon vous traduire ?
Benoît Domis  : La suite de l’Exorciste a été publiée chez Pocket terreur et c’est aussi un excellent roman. Avant l’Exorciste, Blatty n’avait publié que des romans humoristiques (qui avaient d’ailleurs connu un beau succès aux États-Unis). En 2010 est sorti Dimiter, un nouveau roman d’horreur, mais j’ignore si un éditeur français en a acquis les droits.
 
Actusf  : Il y a pas mal d’auteurs anglo-saxons, comment se porte le fantastique en Angleterre et aux Etats Unis ?
Benoît Domis : Sur le plan créatif : bien. Sur le plan commercial : mal. Presque tous les auteurs intéressants ont trouvé refuge dans des petites maisons d’édition. Ramsey Campbell, chez PS Publishing en Angleterre, Robert McCammon, chez Subterranean Press aux États-Unis, et je pourrais multiplier les exemples. En librairie, le rayon fantastique et horreur est enseveli sous les titres de bit-lit.
 
Actusf : Parmi les auteurs à découvrir ou à redécouvrir, il y a Eugie Foster qui pour sa nouvelle Masques a eu le prix Nebula. Que pouvez-vous nous en dire ?
Benoît Domis : Pas grand chose. Eugie m’a envoyé son texte par email, je l’ai lu et je l’ai immédiatement accepté (avant qu’elle décroche son prix), même s’il sortait (un peu) de la ligne éditoriale de Ténèbres (on va dire que c’est de la SF horrifique...)
 
Actusf  : Il y a beaucoup d’auteurs assez peu connu chez nous ? Est-ce un signe d’un manque de traductions en France ?
Benoît Domis : Manque de supports surtout. Je ne vois guère que Malpertuis qui publie régulièrement du fantastique, mais Thomas Bauduret sort, comme moi, une antho par an, et Borderline qui fait aussi du bon boulot, mais ils mettent plus l’accent sur les auteurs français (ce qui est tout aussi nécessaire).
 
Actusf : Quel regard portez-vous sur le fantastique en France ?
Benoît Domis : Je trouve que ça ronronne un peu. Ça fait longtemps que je n’ai pas pris un électrochoc à la lecture d’un nouvel auteur français . Je lis des nouvelles intéressantes de temps à autres, mais à quand un bon gros roman ? En disant cela, je suis bien conscient que les auteurs ne sont pas seuls responsables. Quel éditeur français est prêt à publier un roman fantastique d’un auteur du cru ?
 
Actusf : Parlez-vous d’Aurélie Ligier, une jeune auteur. Comment l’avez-vous découvert et pour quelle raison l’avez-vous sélectionné ?
Benoît Domis : Même réponse que pour Eugie Foster : Aurélie m’a envoyé son texte par email et il m’a plu tout de suite. Pourquoi je l’ai sélectionné ? Parce que j’y ai trouvé ce petit plus, ce grain de folie, cette originalité dont je parlais plus haut. Parce que j’ai pas eu l’impression d’avoir déjà lu ça 1000 fois.
 
Actusf : Pourquoi n’y a-t-il pas eu de Ténèbres 2009 ? Auriez-vous envie de refaire une revue trimestrielle ?
Benoît Domis : Il n’y a pas eu de Ténèbres 2009 parce que le 2008 est sorti très en retard. Alors, plutôt que de courir après la numérotation, j’ai décidé de passer directement à 2010. L’antho annuelle est un rythme qui me convient bien, je n’aurais plus le temps ni les moyens de faire une revue trimestrielle.
 
Actusf : Que pourrons-nous trouver dans Ténèbres 2010 ? Quels sont vos projets ? Et comment se porte Dreampress et quels sont les projets de la maison d’édition ?
Benoît Domis : Le sommaire de Ténèbres 2011 est pratiquement bouclé. Voilà ce que ça donne :
LOCKLEY Steve : Imaginary Friends
JIRAIYA CUMMINGS Shane : The Cutting Room
PICCIRILLI Tom : Alchemy
SUZANNE Guillaume : Ni Début ni fin
BARRASS Glynn : The Worm
HERQUEL Fanny : Presque normal
CROUZET Yves : L’ombre sur le palier
SHIPP Jeremy C. : Camp
PEARLMAN Daniel : The Fetal Position
BLEVIN Brenta : Beyond
BOLDUC Claude : L’enclos
SHIRLEY John : Faces In Walls
Autre projet 2011 : un recueil de nouvelles de Douglas Smith, auteur canadien, que j’ai publié à deux reprises dans la première mouture de Ténèbres (la revue).

Actusf  : Comment se porte Dreampress ?
Benoît Domis : On survit... et c’est déjà pas mal !

Jérôme Vincent