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Derniere Issue
( Vlad
4 )
de
Griffo
et
Yves Swolfs
Bof, bof, bof...
Le
scénariste Swolfs se lance dans la Bande dessinée durant ses études
artistiques à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Son premier album paraît
en 1978 dans le deuxième volume de Neuvième Rêve.
Il se lance dans la saga historique avec Dampierre, chez Glénat,
dont il confiera plus tard les dessins à Legein. En 1994, il publie Le
Prince de la Nuit, dont le deuxième cycle s’est achevé il y
a un an avec le tome 6 : Retour à Ruhenberg (Glénat). Cette
série a rencontré un très grand succès public, pour
preuve les nombreux coffrets et autres " produits " dérivés,
tel que le A Propos du Prince de la Nuit (Divers Editeurs), qui lui sont
consacrés. En mai 2000, il crée pour Griffo la série Vlad.
Griffo a fait son entrée aux Beaux-Arts d’Anvers à l’âge
de 15 ans. A la fin de ses études, il entre dans la communauté artistique
Ercola et publie quelques bandes pour des journaux de presse " underground
". Il débute réellement dans la BD en 1975 grâce aux
éditions Le Lombard qui lui offrent de prendre la relève de Mittéï,
c’est-à-dire de dessiner une planche par semaine de gags de Modeste
et Pompon. En 1984, il va collaborer pour la revue Spirou et mettre
en images un scénario de Jean Van Hamme, S.O.S. Bonheur. Des Bandes
dessinées, il en a fait bien d’autres encore, mais l’on retiendra surtout
Giacomo C. parue chez Glénat dont le scénario est assuré
par Jean Dufaux. Cette série nous narre les exploits d’un gentilhomme du
XIIIème en plein cœur de Venise. Précisons encore que Griffo a été
primé par la Chambre belge des Experts en Bande dessinée en 1995
pour l’album Monsieur Noir (Intégrale, Dupuis, 1999) scénarisé
par Dufaux. Laissez-nous sortir... Vlad Zolkoff et Simon
Elenstein sont toujours prisonniers de la " Zone Rouge ", intégrés
au personnel à leur corps défendant. Alors que Vlad avait mis au
point une stratégie pour s’évader, Simon se fait emprisonner le
jour même pour avoir pénétré dans une zone interdite.
Vlad doit donc d’abord arriver à libérer Simon pour ensuite se risquer
à une tentative désespérée d’évasion. Mais
contre toute attente, ils vont trouver sur leur route des alliés qui ne
s’étaient pas encore révélés. Leur aide leur sera
d’autant plus précieuse que Simon a découvert que l’ancienne centrale
nucléaire sert de laboratoire clandestin dans lequel le professeur Néglatov
se livre à de bien étranges expériences sur des cobayes humains…
Dur, dur... Il y a eu bien du chemin entre le premier tome
et ce dernier qui vient de sortir. L’intrigue de départ, à savoir
la recherche de son frère jumeau Igor par Vlad, est reléguée
au second plan au profit d’autres rebondissements. En outre, la série qui
tirait au début vers la BD d’anticipation devient carrément S-F et
l’on se demande sincèrement si c’est du lard ou du cochon lorsque l’on
trouve un martien au détour d’une page. Entre récit confus et clichés
surannés qui alourdissent sans rien proposer de novateur, Swolfs se prend
les pieds dans le tapis, ce qui est d’autant plus dommage que les premiers tomes
étaient bien meilleurs. Plus on avance dans les épisodes, plus les
personnages tirent vers la caricature. Vlad en premier, héros solitaire
au grand cœur qui ne parle pas beaucoup mais agit vite et bien, le type même
du personnage beau, grand, fort qui sous ses airs d’ours a un sens moral : on
ne tue que les " méchants " et une éthique : le sentiment
du devoir et du dévouement envers les siens. Mais il a une faiblesse que
l’on découvre dans ce dernier album, les araignées, qui a une raison
rassurez-vous, Maman l’enfermait dans la cave quand il était petit et lui
souhaitait d’être dévoré par elles, mais il est devenu un
homme maintenant et son courage incommensurable va le faire passer outre sa frayeur.
Simon Elenstein ensuite, le double en négatif de Vlad et le parfait second
rôle. Chétif, faible, cérébral, gauche, lâche
et un brin naïf, il se laisse toujours surprendre quand il ne le faudrait
pas et fait capoter tout le plan d’évasion que Vlad avait mis au point.
Et il ne faut pas oublier Juif, dans l’imaginaire collectif cette image de Juif
ashkénaze intellectuel et portant presque physiquement encore, des générations
après, les marques des camps s’est suppléée à la figure
du Juif errant. Les personnages secondaires enfin, le professeur Néglatov
qui rappelle les médecins nazis et qui se prend, tout comme eux, pour un
apprenti-sorcier en faisant des manipulations génétiques sur des
êtres humains et le Capitaine Mentov, une brute sanguinaire qui pourrait
vendre père et mère et qui coule des jours heureux dans l’armée
à abuser de sa position de " chef ". N’oublions pas leur doubles
positifs, le Docteur Arzaniev vieux médecin alcoolique rongé par
la culpabilité et le sergent Lepski qui retrouve son sens de l’honneur
grâce à Vlad. Griffo ne parvient pas malgré ses efforts à
relever le scénario et pis ses dessins s’y adaptent, même les scènes
d’action sont mal rendues, on se croirait dans une série Z. En guise de
conclusion, disons simplement que la critique est d’autant plus sévère
que les auteurs sont estimés.
Charlotte Volper
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