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Le Thaumaturge
( Marlysa
5 )
de
Jean-Pierre Danard
et
Jean-Charles Gaudin
Sous le masque...
Qui peut nier aujourd’hui l’importance d’un Crisse pour une maison d’édition
comme Soleil ? Non content d’alimenter l’éditeur avec ses propres productions,
il est également à l’origine d’un style, et de nombreuses rencontres
qui font la BD d’aujourd’hui. Parmi ses rencontres, on notera celle de Jean-Charles
Gaudin (également scénariste de Garous ou des Arcanes
de Midi-Minuit) et de Jean-Pierre Danard (qui a collaboré à
de nombreux journaux de BD avant de se lancer dans des albums intégraux),
les deux auteurs de Marlysa. Cette série, qui aurait pu rester confidentielle,
a connu un joli succès public et son cinquième tome : Le Thaumaturge,
nous promet un dénouement riche en surprises.
La malédiction
du thaumaturge
L’affrontement contre les forces du Maître semble
désormais inévitable. Après avoir réussi à
s’enfuir de son château en compagnie de Bragal le guerrier, Marlysa rejoint
ses compères dans les marais avec l’aide des wolders, ces créatures
volantes asservies par le Maître. Elle apprend la mort d’Uras-Tra par sa
faute, celui qui l’avait pourtant recueillie, tout bébé, après
que sa mère s’était éteinte entre ses bras. Marlysa porte
désormais sur ses frêles épaules les espoirs de tous, et consent
à mener les Uraklans au combat.
Les chances de succès de
Marlysa et des siens semblent bien minces, d’autant que leur ennemi de toujours,
l’Ombre, que tous croyaient mort, réapparaît pour le bouquet final.
Déjà, il manifeste son pouvoir et prend possession de l’esprit des
plus intimes compagnons de la femme au masque. Mais Marlysa n’est pas la seule
à dissimuler un secret sous son masque ; que dissimule le maître
sous le sien ? Peut-être la clé des origines de Marlysa elle-même...
Ainsi s’achèverait la légende de la femme au masque ?
Marlysa est une série divertissante. La variété
des personnages et des créatures et le charme de l’héroïne
masquée sont pour beaucoup dans cette réussite même si, il
faut l’avouer, ce cycle ne brille pas par son originalité. Toutefois, du
point de vue du dénouement final, ce dernier tome est LA bonne surprise :
les pièces éparses du puzzle construit au cours des quatre précédents
volumes trouvent ici leur place sans artifice et avec un savoir-faire certain.
Gaudin en profite pour rajouter au passage des éléments sur l’identité
du Maître qui, s’ils ne sont pas très originaux, viennent combler
un vide certain.
Au fil des épisodes, la série Marlysa
s’est émancipée d’un ton adolescent, et son propos s’est assombri.
On pourra regretter réciproquement que cette mutation scénaristisque
n’ait pas connu de répercussion dans le trait : la couverture du Thaumaturge
est un parfait exemple du côté simple -voire juvénile- qui
animait initialement cette série (et son horrible logo).
L’ouverture
offerte en fin de volume (qu’est-il advenu de Marlysa ?) ainsi que la mention
"fin du cycle des origines" nous promettent une suite aux aventures
de la femme au masque. Gageons que le rebond scénaristique du Thaumaturge
assurera un avenir tout aussi épique à Marlysa.
Laurent Deneuve
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