Onde Stationnaire
( Tétragrammaton 2 )
de Howard Hendrix
aux éditions Payot ,
collection SF
Genre : SF

Auteurs : Howard Hendrix
Traduction : Guy Abadia
Date de parution : février 2003 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1

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Où l’on reparle du bol de soupe !

Voilà donc enfin ce deuxième volet de la série du Tétragrammaton. Treize mois entre les deux volumes, mazette ! Pour une trilogie parue il y a presque cinq ans aux Etats-Unis voilà qui est fort dommage. Orbital Park, le premier tome, nous avait laissé sur notre faim, tout embrumé qu’il était de métaphysique fumeuse. Treize mois de lecture plus tard, c’est avec quelques difficultés qu’on raccroche les wagons.

Unanime, la critique avait reproché à Hendrix de s’être laissé aller à de trop nombreuses digressions philosophiques, au détriment de son histoire. Force est de constater qu’il a tenté d’y remédier dans ce second volet. Autour d’une vague de meurtres perpétrés via le réseau informatique global, cinq protagonistes vont se croiser et finalement se retrouver sur l’habitat orbital CONFORT 1 pour une apocalypse à - peut-être - éviter.

Bol de soupe

Les références purement dramatiques au premier volume sont suffisamment bien amenées pour vous épargner de fastidieuses recherches. Si des cinq personnages, Roger Cortland, le chercheur anciennement dépravé d’Orbital Park, et le jeune Aleck McAleister, gardien d’une entité interfacée au réseau, vous emmènent assez vite sur le terrain de la réflexion pure, on reste presque dans le concret avec Mei Ling Magnus, inspectrice d’Interpol, Brandi Esater, fille d’intellectuelle contestataire à la recherche de ses origines, et avec Ray Dalke, commando chrétien en crise de quarantaine.

Presque seulement, car impitoyablement, Howard Hendrix profite du moindre temps mort dans l’action, pour lancer ses héros dans d’interminables discours didactiques qui vous familiariseront avec la pensée de Teilhard de Chardin, les théorèmes de Gödel et d’Heisenberg, et avec son grand dada d’auteur : la Conscience Universelle. Le Tout qui est dans tout, qui est dans rien, la Tambouillasse Ultime des croyances et connaissances, c’est le couteau suisse de la métaphysique. Le Bol de Soupe comme l’appelle Roland C. Wagner.

Trop de métaphysique peut tuer une intrigue


Il manque très clairement à cette Onde Stationnaire un personnage référent banalement neuneu auquel le lecteur pourrait s’identifier, tant il se retrouve perdu au milieu de toutes ces sommités, qui causent épistémologie à l’apéro, philologie au gigot et proto-histoire au dessert, parce qu’il faut bien rigoler de temps en temps. Tant d’érudition rassemblée chez autant de personnes rend l’intrigue hautement improbable, et empêche de manière définitive tout investissement personnel du lecteur.

Partie sur des bases plus saines et plus conventionnelles, l’histoire culmine enfin en un salmigondis transcendantal sur 60 pages totalement illisibles, et par conséquent d’un ennui profond. Alors certes, le propos est noble. Hendrix s’interroge sur l’avenir du monde, sur l’épuisement des ressources de la planète, sur l’asservissement de l’homme par la technologie. Rien de bien neuf en somme. Le catalogue de ses lectures n’illumine guère la pensée ontologique d’un regard radicalement nouveau. Mais si toutefois, ce questionnement à haute voix devait revêtir une importance quelconque, je ne suis pas sûr, que la forme fictionnelle soit la plus appropriée.

Eric Holstein