Les coups de coeur de Jean-Luc Rivera - Février 2013
de Tiphaine Siovel et Peter F. Hamilton
aux éditions
Genre : Actes de colloque

Auteurs : Tiphaine Siovel , Peter F. Hamilton , Denis-Pierre Filippi , Richard D. Nolane , Sylvio Camboni , John Scalzi , Jean-Luc Rivera , Rachel Aaron , Rod Rees , Jean-Luc Boutel , Lon T. Williams , Rob-Vel
Date de parution : février 2013 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Tiphaine Siovel ou Peter F. Hamilton

Régulièrement, Jean-Luc Rivera évoque ici ses coups de cœur et ses bonheurs de lecteur...

Redshirts, au mépris du danger de John Scalzi
 
J’appartiens au lectorat qui considère John Scalzi comme un excellent auteur : j’avais beaucoup apprécié la trilogie du "Vieil homme et la guerre" (L’Atalante), du space opera militaire fin et intelligent et j’avais partagé avec vous mon admiration pour "Deus in machina" (en juin 2011, L’Atalante aussi). Il nous revient à nouveau avec "Redshirts, au mépris du danger" (toujours à l’Atalante), un pastiche débridé du space opera, hommage avoué plein d’humour et d’affection à la série culte "Star Trek" dans ce qu’elle a eu de meilleur et de plus innovateur, c’est-à-dire la série originale de Gene Rodenberry. Le point de départ est une expédition au sol, sur la planète de Borgovie, par le commandant de "L’Intrépide", le capitaine Lucius Abernathy, accompagné de son officier scientifique, R’hwa, et de son son ingénieur en chef, Pal West, plus deux enseignes, les fameux hommes à la chemise rouge, ces matelots qui constitue la piétaille du vaisseau. Les malheureux se feront dévorés par des vers géants alors que les officiers réussiront à s’en sortir de justesse. Quand l’enseigne Andrew Dahl, un garçon plutôt intelligent, va être transféré sur "l’Intrépide", il va vite se rendre compte que le taux de mortalité chez les "redshirts" est beaucoup plus élevé que dans les autres vaisseaux de la flotte de l’Union Universelle, que les officiers supérieurs, eux, s’en sortent toujours de justesse et parfois non sans casse - surtout le pauvre astrogateur Kerensky ! - et que des techniques sophistiquées d’évitement des missions ont été soigneusement mises au point par les membres de l’équipage les plus anciens à bord. Bien entendu, Andy, avec ses copains Finn, Hester, Jimmy Hanson et la belle Maia Duvall, va se mettre en tête de découvrir ce qu’il se passe. Et il ira, avec nous, de surprise en étonnement ! Pourquoi ces morts ineptes à chaque mission, matelot dévoré par un requin de glace ou désintégré au pulseur ? Pourquoi seuls les ponts 6 à 12 sont-ils toujours touchés ? Qui est le mystérieux Jenkins, qui hante les couloirs intérieurs du vaisseau sans être enregistré, sorcier de l’informatique ? Quelle est la nature de la Boîte, cet engin qui apporte toujours la réponse à n’importe quel problème quelques minutes avant la fin du délai imparti pour le résoudre ? Quel lien y a-t-il avec cette vieille série télévisée du XXème siècle sur Terre ?
Andrew Dahl et ses amis vont se trouver précipités dans une aventure de plus en plus échevelée mais où, avec malice, John Scalzi nous entraîne sur des pistes que nous avons très vite devinées mais en y apportant des rebondissements totalement inattendus et parfois totalement loufoques, comme les scenarii des épisodes de la série en question. Et, bien entendu, c’est fort bien trouvé ! Il se moque gentiment du Hollywood des séries télévisées, en particulier des scénaristes, met en boîte les acteurs, relève les incohérences des histoires, incohérences qui d’ailleurs ne nous gênent guère quand nous sommes devant notre écran. C’est très drôle, plein d’affection pour ces séries, et un hommage avoué à l’excellent film "Galaxy Quest" (y compris, p. 206, la reprise adaptée de la scène célèbre où Guy déclare qu’il va mourir puisqu’il n’a qu’un rôle si insignifiant que l’on n’a même pas jugé nécessaire de lui donner un nom de famille). Voilà un roman où l’auteur et les lecteurs s’amusent sans complexe et c’est fort bienvenu. A lire de suite pour se changer les idées et bien rire de ce que nous aimons !
 
 
 
Aux portes de l’enfer (Wunderwaffen tome 2) de Richard D. Nolane
 
Il y a un an (mars 2012), je partageais avec vous mon enthousiasme pour le premier volume de "Wunderwaffen", scénarisé par Richard D. Nolane et dessiné par Maza. Le deuxième tome, "Aux portes de l’enfer", vient de sortir, toujours chez Soleil, poursuivant cette uchronie où la guerre se poursuit toujours en 1946, suite à l’échec du débarquement et à la mort de l’état-major russe, suite aussi à des prises de décisions intelligentes des dirigeants nazis comme rompre l’encerclement à Stalingrad afin de sauver l’armée du maréchal von Paulus et, surtout, développer le programme des armes secrètes, les "Wunderwaffen" qui vont faire la différence grâce à la technologie très avancée des Allemands.
Nous retrouvons donc le "hauptmann" Walter Murnau, ce pilote d’exception, décoré par Hitler et anti-nazi, qui a survécu à son accident programmé et va se retrouver de théâtre d’opération dangereux en théâtre d’opérations encore pire, nous posant la même question que Himmler et l’Ahnenerbe : qui est-il vraiment ? Ce sera l’occasion de rencontrer Rudel, le grand as allemand de l’aviation, qui pilotait avec une dispense pour sa jambe de bois ! Et du côté allié, nous retrouverons l’agent secret d’exception Jacques Bergier qui est décidé à percer, quel qu’en soit le prix à payer, le mystère de ce qui se trame dans le Nouveau Auschwitz, ce centre de recherches interdit d’où l’on ne revient jamais...
Comme dans l’album précédent, Nolane manie avec brio, en fin connaisseur de ces sujets, occultisme nazi, recherches allemandes authentiques sur des armes technologiquement sans équivalent à l’époque et rumeurs folles (vivement que nous en apprenions plus sur la base de Nouvelle Souabe que développent les SS !), plus les fantasques et fantastiques recherches - mais qui laissent rêveur aujourd’hui sur l’état psychologique de Himmler - de l’Ahnenerbe. Quant au dessin de Maza il est toujours aussi superbe : que ce soit les combats aériens, les avions prototypes, les trains blindés ou même le Wewelsburg, tout est très réussi. 
Un deuxième album qui ne donne qu’une envie, lire très vite sa suite !
 
 
 
Spirou par Rob-Vel l’intégrale 1938-1943
 
Nous connaissons tous Spirou, ce petit groom qui fait partie de notre imaginaire depuis toujours, croqué par le grand Franquin. Or ce personnage incontournable de notre imaginaire a en fait 75 ans : d’une jeunesse éternelle, il a connu une première incarnation que j’ai découvert avec surprise, les planches, outre leur édition originale avant et pendant la guerre, n’avaient connu qu’une réédition à tirage limitée en noir et blanc en 1975 ! Les Editions Dupuis viennent donc d’avoir l’excellente idée de sortir un volume avec ces aventures quasi inconnues de Spirou, dessinées par Rob-Vel, en un fort beau volume cartonné intitulé "Spirou par Rob-Vel l’intégrale 1938-1943".
La lecture se commence avec un dossier très complet sur l’historique de la création de Spirou, fruit de l’idée de Jean Dupuis et dessiné par un Parisien, Rob-Vel qui fut, pendant deux ans, l’élève de Martin Branner (le dessinateur de Winnie Winkle / Bicot) à New York ! On y apprend aussi la signification du nom "spirou" en wallon et la raison du costume de groom, toutes choses que j’ignorais. La reproduction de documents rares et de photos contribue à rendre ce dossier très riche.
Puis ensuite viennent les aventures proprement dites. Tout d’abord, dès la première planche (p. 45), j’ai découvert que Spirou est un personnage totalement fantastique : il prend vie et corps sur une toile peinte par son créateur, Rob-Vel, toile dont il descend ! Puis j’ai aussi découvert que, bien avant l’arrivée du comte de Champignac ou de Zorglub, ce premier Spirou avait déjà fort à faire avec des savants plus ou moins fous ou excentriques : prisonnier avec Bill Money et M. Papyrus dans des souterrains datant de l’Egypte antique, il aura maille à partir avec "Sosthène Silly, égyptologue, savant illustre et constructeur d’automates" (p. 104), en fait des robots magnifiques de toutes tailles. C’est aussi là qu’il sauvera et adoptera Spip, son écureuil (p. 105), qui ne le quittera plus. Il croisera au cours de cette aventure échevelée un monstre étonnant. Il connaîtra aussi d’autres aventures en Afrique et en Amérique (je n’ai pu m’empêcher de penser que Rob-Vel et sa femme qui écrivait le scénario connaissaient les aventures d’un petit reporter, belge lui aussi) et, bien avant le marsupilami, repartira en Afrique à la poursuite du singe bleu intelligent, y faisant la connaissance d’une tribu de singes tout à fait civilisés... Spirou, accompagné de son fidèle Spip, ira même faire un tour dans l’espace (p. 271 et sq) dans le "bolide" du professeur Stratos et explorera ainsi la planète Zigomus, habitée par de tout petits hommes. 
Le volume se termine par une demie douzaine de planches dessinées par Rob-Vel en 1970, une courte aventure portant le titre " 1938 Spirou 1", pleine de nostalgie.
Voilà un album que j’ai lu avec un immense plaisir, découvrant tout un pan totalement inconnu de Spirou, un des héros qui ont bercé ma jeunesse comme celle de tant d’autres lecteurs, et le talent d’un dessinateur dont j’ignorais l’oeuvre, une fort belle découverte à faire ! 
 
 
 
Sérénade sélénite de Jean-Luc Boutel
 
La science-fiction est souvent considérée comme le fer de lance de la modernité et des progrès scientifiques, avec des auteurs qui utilisent les dernières avancées de la science pour donner libre cours à leur imagination. Mais nous avons tendance, dans notre monde contemporain au rythme de progrès effréné, à oublier que notre littérature favorite est maintenant une vieille dame - toujours très jeune certes - et que de nombreux textes, parfois, le plus souvent même, ainsi leurs auteurs, sont bien oubliés aujourd’hui, excepté de quelques amateurs éclairés. Jean-Luc Boutel, l’auteur de "Sérénade sélénite" (dont c’est le premier texte de fiction), est l’un d’entre eux, et non des moindres, puisque son blog, "Sur l’autre face du monde" (www.merveilleuxscientifique.fr), consacré à la SF ancienne fait découvrir des merveilles à ses lecteurs depuis plusieurs années. Quant à son éditeur, Robert Darvel, et à sa maison d’éditions, "Le Carnoplaste" (www.lecarnoplaste.fr), le pseudo et le nom choisis sont significatifs, d’autant plus que n’y sont publiés que des fascicules à l’ancienne !
Avec un talent d’auteur chevronné, Jean-Luc Boutel nous livre une histoire de "merveilleux scientifique" dans la droite ligne de celles qui ravissaient nos prédécesseurs : en fin connaisseur de la littérature populaire, il intègre pour notre plus grand plaisir tous les ingrédients que nous aimons. Alors que le malheureux Julien, un pauvre garçon difforme amoureux de livres, se promène dans la campagne où l’a emmené son père adoptif, il tombe nez à nez avec les occupants en scaphandre d’un astronef sélénite qui a eu un accident et ceux-ci, dans un geste de frayeur non contrôlé, d’un coup de diffuseur d’ondes sonores, le réduisent à presque rien. Fort heureusement pour lui, le savant de génie Nicéphore Clodomir poursuivant ses recherches juste à côté, dans un ancien asile, il va ainsi pouvoir bénéficier de toutes les recherches de celui-ci et se transformer en Sélénex, le surhomme ! Quant à nos deux Sélénites, ils partent à Paris à la recherche de Méliès afin qu’il les aide à rentrer chez eux et à arrêter les dangereux criminels que leur vaisseau transportait, dont un savant fou sélénite. Le Club des Savanturiers (clin d’oeil de l’auteur au club actuel informel d’amateurs de SF ancienne dont il préside aux destinées) interviendra donc, club qui comprend aussi bien Rosny que de Graffigny ou le professeur Tornada, ainsi d’ailleurs qu’un certain Robert Darvel... L’histoire se déroule à un rythme rapide, avec toutes ces références et ces clichés qui nous font nous remémorer avec plaisir toutes ces lectures anciennes si formatrices. Le "sense of wonder" à la française est toujours présent, tout l’art de l’auteur étant de donner à son écriture et à son aventure le charme de l’ancien sans tomber dans un style désuet. Le résultat est très réussi, ce premier essai est parfaitement transformé ! 
J’ajouterai que la couverture de Marc Caro est magnifique, un dessin aux tons sépia, rendant bien l’imagination délirante et parfois un peu naïve mais si pleine de charme de ces couvertures des petits fascicules d’avant-guerre qui tenaient dans la poche, hommage manifeste à tous ces dessinateurs. 
Voilà donc une lecture indispensable pour tous les amateurs de SF qui ont envie de passer un pur moment de détente et dont je ne doute pas qu’elle vous incitera à découvrir les autres fascicules publiés, dont de nombreux pastiches de Harry Dickson et d’autres personnages variés dont un catcheur mexicain et Jeanne d’Arc !
 
 
 
Le Voyage Extraordinaire de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni
 
Grâce au tome 1 de "Le Voyage Extraordinaire" (Glénat / Vents d’Ouest), sur un scénario de Denis-Pierre Filippi et des dessins de Silvio Camboni, nous effectuons un voyage fort agréable dans un monde extraordinaire, une Terre uchronique puisque l’album débute en pleine Première Guerre Mondiale en 1927, où Alliés et Empires centraux s’affrontent toujours et où d’étranges robots appartenant à un Troisième Axe énigmatique - on ne sait d’où ils viennent ni quelles sont leurs motivations puisqu’ils tirent indifféremment sur les deux parties. Nous sommes en Angleterre où deux enfants de génie, Noémie et Emilien, quittent leur internat car les parents de Noémie sont de retour et les récupèrent donc pour vivre avec eux dans leur domaine. Et quel domaine ! Absolument superbe, nous plongeons dans cette Angleterre loufoque et excentrique telle que nous l’adorons depuis "Chapeau melon et bottes de cuir" (la scène sous la tente dans le parc m’a fait irrésistiblement penser à un épisode de la série) ou des films de la série "The Mummy" avec Brendan Fraser : les parents de Noémie sont des explorateurs qui vivent sous la tente, à l’extérieur de leur manoir, avec leur majordome en habit, leurs domestiques et leur cuisinier japonais qui les ont suivi partout car "la simplicité n’est pas l’ennemie du confort"... Malheureusement l’inventeur de génie qu’était le père d’Emilien n’est pas là, disparu mystérieusement lors des essais de l’engin révolutionnaire qu’il mettait au point pour sa participation au prestigieux concours Jules Verne (d’où le clin d’oeil du titre). Les enfants, dans leur cabane dans un arbre - je vous laisse le soin de découvrir cette cabane, une pure merveille ! - vont découvrir avec l’aide de leur nouvelle préceptrice, Amélia, ex-assistante de leur père, certains des secrets qui se cachent dans le laboratoire de celui-ci et dans le fatras de ses prototypes.
Le scénario de Filippi est à la fois plein d’humour et très fin, il sait nous accrocher immédiatement en nous intrigant et en rendant ses personnages fort attachants. Quant au dessin de Camboni, délicieusement Steampunk, il est superbe : je suis resté sous le charme du manoir p. 9 ou de la scène de la cabane dans l’arbre p. 23, et je ne vous parle pas de l’avion sous-marin à la "Thunderbirds" version steampunk... Et, pour une fois, je mentionnerai aussi le travail du coloriste, Gaspard Yvan, qui met en valeur le dessin. Vous l’avez compris, j’ai été enthousiasmé par la nouveauté et la qualité de cet album et je suis impatient de continuer ce "Voyage extraordinaire".
 
 
 
Briséïs de Tiphaine Siovel
 
Un premier roman est toujours un pari, à la fois pour l’auteur qui se lance et pour le lecteur qui prend un pari sur la qualité de ce qu’il va lire. Dans le cas de Tiphaine Siovel, avec "Briséïs" (Laffont), je peux vous dire que le pari ne présente aucun risque ! J’ai lu avec plaisir ce roman, accroché dès ses débuts par l’intrigue et me demandant avec l’héroïne, Briséïs, où elle pouvait bien se trouver et pourquoi. Briséïs Riccetti est une jeune fille de dix-sept ans, tout ce qu’il y a de plus normale, pour ne pas dire banale : elle va au lycée, elle vit avec sa famille dans une petite maison de banlieue, elle a un petit frère, une mère infirmière à l’hôpital. Le seul point noir est son père, qui fut un physicien renommé mais qui, pour des raisons inconnues, est devenu une sorte de "légume" totalement dépendant pour les choses les plus simples et n’ayant plus d’esprit depuis onze ans. En rentrant du lycée, elle ressent un petit choc à la nuque et rencontre le lendemain un clochard qui tient à lui remettre un cadeau, un pendentif minable, qu’elle prend par gentillesse. Elle tombe très malade, avec une tache rouge étrange sur la nuque. Sa mère l’emmène à l’hôpital et c’est là que sa petite vie bascule : son père apparaît en pleine possession de ses moyens avec un de ses copains, physicien lui aussi, et insiste pour lui faire passer en cachette un scan. Mais il a trafiqué l’appareil et Briséïs, après avoir perdu connaissance, se retrouve dans un endroit invraisemblable : la Citadelle ! Elle va découvrir, à sa surprise et à la nôtre, après un parcours courtelinesque dans les bureaux de l’administration du lieu, qu’elle était attendue et inscrite comme élève dans le contingent français du mois. Car la Citadelle dispense ses cours à des étudiants choisis, huit par pays, une promotion par mois, pour un cursus de neuf mois, afin de former ainsi l’élite mondiale ! Malgré la fascination mâtinée de révolte qu’elle ressent, Briséïs va suivre les cours de cet étrange endroit, tout en se posant des questions que personne, à part son "roommate" Benji, qui redouble son mois à cause de ses explorations des lieux, ne semble se poser. Il va l’entraîner à sa suite pour essayer de trouver réponse à d’innombrables questions que nous nous posons aussi. Qu’est la Citadelle ? Quel but véritable poursuivent les Maîtres avec cet enseignement curieux, est-ce bien "construire l’avenir, grâce aux connaissances du passé" comme ils le déclarent ? Comment peut-elle être aussi gigantesque, avec des endroits comme le stade qui semblent pouvoir toujours contenir tout le monde, quel qu’en soit le nombre ? Sans parler de la bibliothèque, "organisée par ordre d’idées", qui fera rêver plus de l’un d’entre nous ? Comment peut-elle rester invisible et inconnue aux yeux du monde moderne ? Et d’ailleurs où se trouve-t-elle, alors que le soleil a des positions étranges et que les montres n’y fonctionnent pas ? Pourquoi aussi les "techniciens" (domestiques) et les artisans de la ville basse au pied de la Citadelle sont-ils de toutes origines et portent-ils des costumes aussi extravagants ? Et qui sont ces cavaliers noirs qui sèment la terreur dans le bon peuple, créatures fantomatiques que les Maîtres ignorent souverainement ? Briséïs va découvrir des éléments de réponse qui ne feront que soulever de multiples questions encore plus ardues. Je ne vous en dirai pas plus afin de ne pas dévoiler les rebondissements de ce roman : tout l’art de Tiphaine Siovel est de nous conter avec talent une quête pour la vérité et la connaissance de soi, celle de Briséïs, mais aussi celle de ses compagnons, dans un environnement particulièrement riche et surprenant, je ne peux guère en écrire plus sans vous gâcher le plaisir de la découverte. Mais c’est assez inattendu malgré les indices semés par l’auteur et qui permettent de deviner certains éléments. Bravo à l’auteur pour ce premier roman qui ne présente aucun des écueils habituels : la narration est agréable et concise, l’intrigue bien écrite. Je suis très curieux de lire le prochain volume, découvrir quelle sera la marche suivante de Briséïs et où l’imagination de l’auteur nous mènera.
 
 
 
 
La Rébellion des esprits de Rachel Aaron
 
Il y a près d’un an (mars 2012), je vous avais fait part de mon enthousiasme pour le premier volume de "La Légende d’Eli Monpress" de Rachel Aaron. Le tome 2, "La Rébellion des esprits" (toujours chez Orbit), vient de paraître et la qualité du roman est aussi bonne que celle du premier. J’ai retrouvé avec le même plaisir la suite des aventures d’Eli Monpress, ce voleur talentueux et charmeur, dans ce monde étonnant où tout - du moindre grain de poussière aux montagnes et aux vents - a un esprit individuel avec lequel certains individus, dont Eli, non seulement peuvent communiquer mais aussi collaborer ou, au contraire, utiliser sans vergogne. C’est d’ailleurs pour cela que les Spirites de la Cour des Esprits ont un rôle essentiel afin de protéger les esprits innocents d’une exploitation assimilée à de l’esclavage puisque ceux-ci sont reconnus comme des personnes individuelles ayant des droits comme les humains. Accompagné de ses fidèles compagnons, Josef Liechten, le bretteur hors pair qui manie la redoutable épée éveillée Coeur de la Guerre, et Nico, l’humaine qui contrôle tant bien que mal le démon qui s’est logé en elle (elle est donc une "démonengeance" qui suscite une terreur sans nom chez les esprits qu’elle peut détruire), Eli ne résistera pas au défi posé par la forteresse du redoutable Edward, duc de Gaol, à l’intelligence acérée et à la volonté de contrôle implacable, forteresse réputée imprenable et inviolable qui abrite des trésors immenses dont une épée d’os de Fenzetti, indestructible, et qui est l’objet d’un paiement qu’il s’est engagé à faire en échange d’un nouveau manteau de protection et de contrôle fabriqué par le plus grand des Façonneurs, le tout aussi génial et talentueux qu’inquiétant Slorn, à l’étonnante maison mobile entièrement éveillée. Et une fois de plus, son chemin croisera celui de la Spirite Miranda Lyonette dont il avait fait le malheur dans le premier tome puisqu’elle se retrouve maintenant mise en accusation pour l’avoir laissé échapper et condamnée à perdre sa place et, surtout, ses esprits personnels, ses amis avec lesquels elle est liée et son chien géant fantôme si sage et si sympathique, Gin. Cela donne un roman tout aussi réussi que le premier, un roman de fantasy de cape et d’épée trépidant, où duels et affrontements magiques ne manquent pas, où les méchants sont à nouveau remarquables - le terrifiant duc de Gaol ou l’ignoble et pompeux maître des Gardiens de Tour Hern -, où nous en découvrons plus sur l’organisation et la hiérarchie des esprits - dont le tout puissant Vent d’Ouest - ainsi que sur le passé d’Eli qui nous fait comprendre comment il est devenu ce qu’il est. Certes, à la lecture du roman, la place qu’occupe Eli paraît moindre que dans le premier, il semble parfois un peu dépassé, mais il faut dire qu’entre Miranda qui essaye à la fois de faire ce qui est juste vis-à-vis des esprits et d’arrêter celui-ci et son père Giuseppe Monpress, voleur aussi redoutable que lui, il a fort à faire. Outre les origines d’Eli, nous apprenons plus sur son destin - favori de la Dame Blanche -, sur sa famille mais aussi sur l’inquiétante Ligue des Tempêtes et son rôle. L’humour est toujours aussi présent - la manière dont Eli convainc les roues de son chariot de faire la course est hilarante -, ce qui n’empêche pas Rachel Aaron de parler sérieusement de résistance et de courage vis-à-vis de l’oppression (apparemment un message à la mode en ce moment) : la description du duché et de la ville de Gaol (nom significatif puisqu’en anglais il signifie "geôle" ou "prison") est magnifique et étonnante. Quant aux pages sur la rébellion des esprits, elles sont remarquables et pleines d’émotion. Voilà de la belle fantasy, pleine d’originalité, à découvrir si vous n’aviez pas lu le premier volume (mais à lire dans l’ordre de parution pour bien suivre l’intrigue) ou à poursuivre avec autant de plaisir.
 
 
 
Hiver de Rod Rees
 
Les mondes de réalité virtuelle dans lesquels se retrouvent plongés des personnages de notre vie réelle sont loin d’être une idée novatrice, c’est pourquoi l’exploitation qu’en fait Rod Rees dans le premier volume, "Hiver" (Nouveaux Millénaires), d’une tétralogie à venir s’intitulant "Le Demi-Monde" m’a passionné. Le Demi-Monde est une simulation ultra-réaliste hébergée et contrôlée par un super ordinateur quantique répondant au nom d’ABBA (on ne peut que penser au célèbre groupe et au contenu de ses chansons...), ce qui est d’autant plus drôle qu’il s’agit d’un monde virtuel créé pour entraîner les soldats américains aux conditions les plus extrêmes de la guérilla urbaine sous toutes ses formes. L’idée a été d’entasser une trentaine de millions de personnalités virtuelles - surnommées les Dupes, chacune correspondant théoriquement à un être humain réel vivant ou mort - dans un espace confiné, divisé en quelques villes surpeuplées, en mélangeant types ethniques, religieux et politiques selon une répartition propre à créer un maximum de tensions et, cerise sur le gâteau, en y intégrant les personnalités reconstituées de quelques-uns des plus grands psychopathes et tyrans - cela va souvent de pair - de l’histoire humaine, toutes époques confondues ! Tout cela crée un environnement particulièrement "dur" dans lequel évoluent de manière autonome les entités virtuelles et donc un excellent terrain d’entraînement à la survie pour les soldats. Mais comme aucun programme informatique, si sophistiqué soit-il, n’est à l’abri d’un bug, la dernière douzaine de soldats envoyée n’a jamais pu être récupérée et ils ont disparu des écrans informatiques. Et le comble, c’est que la propre fille du Président des Etats-Unis, Norma, y est aussi allée, qu’elle est perdue dans le Londres du Demi-Monde où règnent les SS de l’Ordo Templi Aryanis ! Résultat : il faut la faire revenir à tout prix en y envoyant un émissaire extraordinaire et le choix s’arrête, c’est le début du livre, sur Ella Thomas, jeune actrice et chanteuse de jazz noire sans succès, excessivement intelligente et talentueuse, qui se voit offrir une somme colossale pour accepter la mission, ce qu’elle fait, bien sûr, pour notre plus grand plaisir de lecteur. C’est ainsi qu’en 540 pages d’action haletante nous allons découvrir ce monde atroce et répugnant que constitue la partie aryenne du Demi-Monde, dominée par Reinhard Heydrich qui, assisté de Béria, a pris le pouvoir lors d’un coup d’état sanglant en renversant Henri VIII et le tsar Ivan le Terrible. Et nous découvrirons avec Ella les débuts de réponse à un certain nombre de questions fondamentales : pourquoi et comment l’a-t-on choisi elle, une chanteuse noire, pour une mission dangereuse au royaume des suprématistes blancs les plus enragés ? Pourquoi et comment Norma, la fille du Président, s’est-elle retrouvée dans le Demi-Monde ? Quel rôle joue l’énigmatique et réservé professeur Septimus Bole, concepteur et créateur du programme du Demi-Monde ? 
Ce qui fait toute la force et la richesse de ce premier volet, outre une écriture excellente et une intrigue très serrée, c’est le réalisme de toutes les descriptions du monde virtuel et la manière dont l’auteur a fait vivre et évoluer le monde des Dupes depuis sa création, puisque pour eux l’an est 1004. Rod Rees s’est appuyé sur une documentation fort complète, non seulement en ce qui concerne les personnages historiques - son Heydrich est fascinant, comme c’est souvent le cas avec le Mal, par son intelligence et son sens pratique glacé et glacial mis en oeuvre dans la réalisation fanatique de son but : la suprématie aryenne - mais aussi en ce qui concerne les doctrines politiques et surtout les discussions contemporaines sur les mythes de la création et des débuts de l’humanité : le lecteur amateur de fortéanisme y retrouvera sans peine la transposition fine et intelligente des controverses sur la création de l’humanité, les anciens astronautes et la nature des dieux dans les mythologies et les croyances développées dans le Demi-Monde par des factions s’opposant théologiquement (les sceptiques matérialistes, les vrais croyants de nature diverse etc...). Il s’appuie aussi sur une bonne connaissance de l’occultisme : par exemple quelle bonne idée que d’avoir transformé Aleister Crowley en Sa Sainteté le révérend camarade défenseur de la religion dominante du nonHédonisme, spécialiste des Esprits, ces Esprits du Monde supérieur avec lesquels entreraient en contact des Spirites comme Vanka Maykov, le séduisant médium escroc qui deviendra le partenaire d’Ella à Londres (la description des séances et de leur trucage montrent qu’il a bien étudié la littérature métapsychique). Cela fait partie de ce mélange remarquable qu’opère l’auteur entre des technologies de SF exploitées à fonds (Ella a une puce qui lui permet, dans le Demi-Monde, d’avoir accès à toutes les connaissances d’ABBA, c’est-à-dire à une connaissance totale et absolue qui paraît donc surnaturelle) et des croyances de la fin du 19e siècle dans ce Demi-Monde quasi-steampunk car son développement technologique a été plus ou moins figé à la même époque, mélange auquel se rajoute une pointe d’humour - aussi bien en ce qui concerne les personnages, cf. par exemple les rôles tenus par Trotski ou par Toussaint-Louverture dans ce monde, que par leurs réactions face à ce qui, pour eux, est indicible. Cela permet une interaction très finement pensée entre les deux mondes, avec des idées excellentes comme le rôle vital du sang chez les Dupes (qui, eux, n’en ont pas, donc il vaut mieux éviter de se couper devant eux si on veut rester incognito...). De plus, son message appuyé sur la liberté et la résistance dans les sociétés totalitaires, sur le fait que chaque individu doit toujours conserver une parcelle d’espoir même dans les situations les plus désespérées et qu’il peut toujours résister, est fort bienvenu dans les circonstances actuelles, vu l’état de notre propre monde où nous avons l’impression que des forces irrésistibles sont à l’oeuvre pour nous écraser sans que nous puissions rien y faire. L’auteur évite fort bien, et en les justifiant, toutes les remarques que l’on pourrait se faire sur pourquoi il ne suffit pas simplement de modifier le programme d’ABBA afin de tirer de ce mauvais pas Norma. Comme je l’ai déjà écrit, voilà un roman d’une densité peu commune, d’une richesse historique remarquable (merci Google parfois), d’une lecture pas forcément facile mais qui procure un très grand plaisir. Un roman magnifique et prenant qui me fait attendre impatiemment le tome 2, "Printemps", prévu cette année afin de découvrir d’autres villes de ce Demi-Monde si complexe. A lire de suite !
 
 
 
Lee Winters shérif de l’étrange de Lon T. Williams
 
J’avoue que, jusqu’à la lecture de ce recueil, j’ignorais tout de la prose de Lon T. Williams dans les pulps de western qu’étaient "Real Western Stories" et "Western Action" dans les années 1950. Grâce à Julien Bétan qui a coordonné ce livre et à André-François Ruaud qui l’a publié, nous découvrons cet auteur et son personnage favori "Lee Winters shérif de l’étrange" (Les Moutons électriques, collection la bibliothèque voltaïque), c’est-à-dire les tout débuts du "Weird Western" - on découvre aussi qu’il s’agissait de l’un des héros favoris du grand auteur américain Wayne Barrow qui a consenti une trop rare et courte préface... Et l’on se régale à lire ces nouvelles où régulièrement le shérif adjoint Lee Winters revient, de nuit, sur son cheval Cannon Ball vers la petite ville de Forlorn Gap, dans un coin perdu de Far West ; en général il vient d’abattre un bandit quelconque, est très fatigué ou légèrement blessé ou alors il vient de faire la fermeture du saloon de son ami Doc Bogannon, un Bostonien éduqué qui vit pour des raisons inconnues dans le patelin avec son épouse métisse shoshone et rentre chez lui retrouver sa chère épouse Mira. Le plus souvent il passe par la zone d’Alkali Flat et il s’y déroule la nuit des choses étonnante car manifestement le lieu est hanté : Lee Winters y rencontrera pour son plus grand déplaisir - et notre plus grand plaisir de lecteur ! - des bandits fantomatiques ("La fontaine de jouvence" ou "En selle, fantôme !") ou une société de poètes assassins ("Une lanterne en plein ciel"). Certaines nouvelles sont vraiment fantastiques, sans aucune explication rationnelle : la région de Forlorn Gap est une porte sur ailleurs qui permet au carnaval des maudits d’apparaître (le très beau "La marque du wampus"), aux anciennes déités grecques de régler finalement, avec l’aide des bonnes balles de plomb de Lee, leurs problèmes ("Les chariots de sel" ou "Les porteuses d’eau") ou aux condamnés à la damnation du Shéol de s’échapper (sans doute ma nouvelle favorite : "La fiole d’hydromel"). Le shérif adjoint Lee Winters est l’un de ces personnages aux pieds bien ancrés dans la glaise et au bon sens inaltérable, qui fait face à ce qu’il ne comprend pas sans trop d’états d’âme, même lorsqu’il prend le café avec un prospecteur fantôme, et qui s’étonne seulement de comprendre sans problème un Grec antique comme le capitaine Argos ou un général espagnol de la Reconquista. Alors, installez-vous à la table de Lee Winters chez Doc, payez-lui un verre de vin ou un whisky si il est vraiment secoué et écoutez-le vous narrer sa dernière aventure !
 
 
 
Manhattan à l’envers de Peter F. Hamilton
 
Comme, je pense, la plupart d’entre nous, je connais et apprécie Peter F. Hamilton pour ses énormes trilogies comme "La Trilogie du Vide" (Milady) où l’action est parfois un peu perdue dans la masse des phrases. Or, grâce à "Manhattan à l’envers" (Bragelonne), je viens de découvrir un nouvelliste de SF de talent, sachant être incisif ! J’ai aussi découvert des univers magnifiques d’imagination et parfois, n’ayons pas peur du mot, de poésie.
C’est le cas de la première nouvelle - ou plutôt une novella - du recueil, "En regardant pousser les arbres", une uchronie douce-amère au point de divergence qui fait immanquablement penser à Robert Heinlein et aux Familles Howard : sous l’Empire romain les gladiateurs ont commencé à être croisés de manière sélective pour leur force et leur longévité ce qui, en 1832, nous donne un monde fort différent, dominés par ces familles toutes puissantes et richissimes, où la technologie et les sciences se sont développées plus rapidement dans certains domaines sous la direction bienveillante de l’Empire. Et, à Oxford, va être découvert le corps de Justin Ascham Raleigh, des Raleigh de Nottingham. le jeune Edward Buchanan Raleigh va assister son chef dans l’enquête. Puis nous le suivrons dans sa carrière de "missi dominici" où il se taillera une réputation méritée de diplomate hors pair, et découvrirons en même temps l’évolution de cette Terre où humains normaux cohabitent harmonieusement avec ceux qui jouissent d’une longévité hors norme, où la conquête spatiale aura lieu bien plus tôt que chez nous, jusqu’en 2038 dans le système solaire de Eta Carinae où il résoudra enfin l’énigme du meurtre commis deux cent six ans auparavant... C’est fort bien écrit, l’auteur nous fait bien ressentir à la fois la rapidité des progrès scientifiques et technologiques et la lenteur qui préside aux actions de personnages qui ont des siècles devant eux pour accomplir ce qu’ils souhaitent. Une nouvelle superbe !
La nouvelle suivante, "Un électorat qui marche", est à la fois extrêmement drôle - d’un humour parfois grinçant qui est une critique acerbe de la société britannique contemporaine - et politiquement très incorrect, un grand plaisir de lecture que cette colonisation de la planète New Suffolk par tous les candidats remplissant les conditions posées par Bradley Murray pour passer par le trou de ver qu’il a ouvert dans sa propriété privée ! 
"Si du premier coup..." est une belle nouvelle sur la possibilité de refaire sa vie en envoyant des informations du futur à son moi du passé et les conséquences qui s’ensuivent.
J’ai particulièrement apprécié les nouvelles "Le piège à démons" et "Manhattan à l’envers" (la nouvelle qui donne son titre au recueil) où nous suivons l’enquêtrice extraordinaire Paula Myo - d’autant plus extraordinaire qu’elle a été génétiquement conçue sur la planète éthiquement fort mal considérée de Huxley’s Haven pour ce travail - dans ses missions au sein du Commonwealth, cette société galactique où l’on se déplace confortablement en train par des trous de vers à travers planètes et systèmes solaires ! Elle est d’autant plus sympathique qu’elle habite Paris et se déplacera, dans la première nouvelle, sur la planète de Nova Zealand où des terroristes ont fait sauter un avion rempli de jeunes héritiers de Dynasties intersolaires, ces oligarchies qui dominent la société galactique. Pourquoi et comment ont-ils réussi ? Paula apportera les réponses, toutes plus surprenantes et originales les unes que les autres. Quant à "Manhattan à l’envers", il s’agit d’une enquête sur la planète de Menard où, soudainement, des animaux (des indigènes ?) pacifiques s’attaquent aux colons : Paula résoudra là encore l’énigme. Je vous laisse le soin de découvrir la raison du titre mais elle m’a rendu Peter F. Hamilton fort sympathique par son humanité. 
Quant à la dernière nouvelle, "Béni par un ange", elle se déroule aussi dans le Commonwealth, mais bien plus tard, et offre un éclairage inquiétant sur certaines dérives possibles de la société.
Voilà donc un bien beau recueil qui se dévore de la première à la dernière page avec un plaisir inégalable, celui de lire 350 pages de bonne SF !
 
 
Jean-Luc Rivera

Retrouvez tous les coups de coeur de Jean-Luc Rivera :