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Nécropsie
( Le Territoire
1 )
de
Eric Corbeyran
et
Espe
Une véritable galerie du fantastique
Au
cours d’une soirée, Nigel retrouve la belle et troublante Kirstie, dont
il était amoureux à l’université. Mais quelques minutes plus
tard, Kirstie, indisposée par des visions inquiétantes disparaît
corps et biens de l’immeuble. Elle est retrouvée morte quelques heures
plus tard dans le métro. Nigel reste très troublé par cette
affaire mais cela devient encore plus étrange lorsqu’il reçoit un
fax signé de la main de Kirstie, l’appelant à l’aide. Pour faire fuir
ses doutes, il se rend à la morgue et pendant l’autopsie du corps se produit
un phénomène étrange qui marque l’entrée de Nigel
dans Le Territoire. Beaux-Arts de Toulouse Espé
est né en 1974 à Mazamet dans le Tarn. Tout petit déjà,
il dessinait en s’inspirant de ses héros : Serval, Dardevil et autres super-héros.
Sur les conseils de ses parents du type " Passe ton Bac d’abord !",
il se dirige un temps vers une filière scientifique. Après son Bac,
il décide d’imposer son choix et il intègre l’Ecole des Beaux-Arts
de Toulouse. Là, il participe à sa première expérience
fanzinesque, l’occasion pour lui de rencontrer plusieurs auteurs de la région
toulousaine tel que Aris. Diplôme en poche, il fait un bref détour
par le design industriel. Puis, il dessine d’abord pour le compte des éditions
Petit à Petit avec lesquelles il collabore à trois collectifs puis
à Paroles de Taule sous l’œil bienveillant de Corbeyran. Avec
qui il s’associe pour Le Territoire avec des peintures d’Ugarte.
Ugarte est né le 7 janvier 1950 à Bordeaux. Il entre aux Beaux-Arts
de Bordeaux en 1966 puis travaille un temps comme graphiste avant de se tourner
définitivement vers sa passion : la peinture. Il a réalisé
depuis le début des années 1980 environ 450 toiles en maniant différentes
techniques ou supports. Entre atmosphères brumeuses et détails,
les peintures d’Ugarte sonnent comme une réécriture du passé
de l’humanité. Ce côté volontairement déstabilisant
a séduit, entre autres, Corbeyran qui est tombé sous le charme lors
d’une exposition. Ce dernier est né à Marseille en 1964.
Son premier scénario est publié en 1990, un récit fantastique,
situé dans un Moyen-Âge ravagé par la guerre et la lèpre.
Depuis, en compagnie de nombreux dessinateurs, jeunes ou confirmés, (Guérineau,
Falque, Berlion, Charlet...), il ne cesse d’explorer de nouveaux territoires.
Jamais là où on l’attend, sa curiosité sans limites et sa
fascination pour des graphismes très variés l’entraînent à
arpenter une multitude d’univers. Du thriller pur et dur (Le
Chant des Stryges avec Guérineau) à la poésie décalée
(La Digue, et Abraxas avec Alfred) en passant par la fable uchronique
(Le Fond du Monde avec Falque), Prolifique, il ne cesse de développer
ses idées et ses concepts originaux. Il développe autour de son
univers du Chant des Stryges d’autres séries comme Le
Maître de jeu avec Charlet, et Le Clan
des Chimères avec Suro. En compagnie de Riad Sattouf, il analyse
le pouvoir que peut s’accorder l’adulte sur l’enfant dans Petit Verglas,
et sous le dessin de Bouillez, il mesure les effets d’une expérience éducative
rigide et insensible régnant dans Le Phalanstère du Bout du Monde.
Bref, il n’arrête pas. Emballant ! Cet album atypique
est une véritable galerie du fantastique car on y explore beaucoup de possibilités
graphiques. En juxtaposant vignettes et peintures surréalistes, on voudrait
nous donner un second niveau de lecture. Ce n’est pas totalement réussi
mais quel ambiance ! Dans cette ville sombre, on suit l’héroïne dans
ses déambulations en s’attendant à avoir une apparition derrière
chaque porte. Je suis emballé par cet album, il n’y a pas d’autres mots.
Thomas Ryngel
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