Interview de Paul Béorn et Silène Edgar pour leur roman 14-14

aux éditions Castelmore

Date de parution : avril 2014 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Age minimum : 13 ans
Titre en vo :


Achetez-le en numérique !

Lire tous les articles concernant

Paru de cela il y a quelques mois aux éditions Castelmore, le roman 14-14 a été un coup de cœur pour nous. Zoom sur ce roman jeunesse et fantastique sur fond de Première Guerre Mondiale...

ActuSF : Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous en êtes venus à l’écriture ?
 
Silène Edgar : Bonjour, je suis Silène. J’écris parce que c’est le meilleur moyen d’expression que j’ai trouvé pour transmettre mes histoires, mes idées et ma vision du monde. Je n’ai pas assez de temps pour le théâtre et je ne dessine pas si bien que je voudrais !
 
Paul Beorn : Bonjour, je suis Paul. Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Quand j’avais cinq ans et qu’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais : "je serai écrivain". Je ne sais pas pourquoi, je suppose que c’est dans mes gènes.

 
ActuSF : Quelles sont vos influences et sources d’inspiration ?

 
Silène Edgar : Influencée par la littérature classique que j’ai étudiée longuement durant mes études de lettres, j’ai aussi lu énormément de romans pour la jeunesse. Encore plus qu’énormément en fait ! Sinon, je suis aussi cinéphile et les films que je vois sont une de mes sources d’inspiration la plus vive.

Paul Beorn : Je suis cinéphile aussi, mais je lis surtout, et tout ce qui me tombe sous la main : de la jeunesse, de la fantasy, de la SF, des classiques, du théâtre, des romans historiques, des polars, de la littérature générale, de la BD... Mon auteur préféré reste Tolkien, dont j’ai dévoré les romans très jeune, mais je crois que j’ai digéré cette influence depuis longtemps et qu’elle n’apparaît pas dans 14-14.
 
 
ActuSF : Pouvez-vous nos parler de la genèse de 14-14, d’où vous est venue l’idée de ce roman ?
 
Silène Edgar : Avec Paul, nous voulions écrire un roman ensemble, à deux voix, avec cette idée de traverser le temps. J’ai d’abord proposé un bond dans le futur mais Paul a judicieusement fait remarquer que nous étions férus d’histoire. Là évidemment, on a pensé que les périodes qui ressemblaient le plus fortement à la nôtre étaient les avant-guerres, surtout celle de 14, d’un point de vue politique et médiatique surtout. Nous voulions aussi que les enfants d’aujourd’hui se sentent concernés par les commémorations du centenaire, qu’ils comprennent ce qui s’est passé, comment vivaient les jeune gens de leur âge à l’époque.

 
ActuSF : Comment avez-vous procédé, pour l’écriture ? Vous avez pris chacun un des deux héros, c’est bien ça ? Comment s’est décidé la répartition des personnages ?
 
Paul Beorn : Nous faisions parler deux adolescents de deux époques différentes, leur manière de s’exprimer ne pouvait pas être totalement identique. Il était donc assez naturel de nous répartir les personnages. Silène, qui est professeur de français, était intéressée par l’univers scolaire d’Hadrien de 1914, elle m’a donc demandé si j’étais d’accord pour qu’elle l’incarne. Pour ma part, j’ai été ravi de prêter ma voix à l’Adrien de 2014.

 
ActuSF : On ne sent pas du tout l’écriture à quatre mains, dans 14-14. Ce n’était pas trop difficile d’harmoniser le récit ?
 
Silène Edgar : Alors ça, ça a été le plus plaisant ! On n’a pas arrêté de faire des aller-retours pour créer des échos entre les deux fils d’intrigue, et corriger, améliorer... du coup, ça s’est fait tout seul. C’était du gâteau ! Au chocolat !
 
Paul Beorn : Chaque chapitre était discuté à deux en amont, puis relu et corrigé par l’autre après le premier jet, ce qui a sans doute harmonisé un peu nos deux styles. C’était une expérience très ludique, finalement, et très amusante. On a passé beaucoup d’heures au téléphone (le mien en est mort au bout de trois mois), on s’est envoyé énormément de mails, et pour ma part, j’ai aussi écrit un nombre considérable de petits bouts de papier volants pris en note au téléphone.

 
ActuSF : Chacun des chapitres se conclut avec la reproduction d’un document d’époque... comment s’est opéré le choix des photos ?

Silène Edgar : Au début, on s’est servi de cette iconographie pour notre travail d’écriture : par exemple, je savais bien à quoi ressemblait une trieuse de grains, j’en avais une chez mon grand-père, mais pas Paul alors je lui ai envoyé l’image. Quand on a envoyé le fichier à Barbara Bessat-Lelarge, notre éditrice, il contenait toutes ces images et elle a trouvé ça très bien.
 
Paul Beorn : Silène et moi, on s’était beaucoup attachés à ces images, pour la plupart trouvées sur internet, qui nous avaient en partie inspirés le récit. Certaines sont des photos de la guerre - et c’était une manière de faire planer ce spectre sur ce récit où celle-ci n’a pas encore commencé. D’autres donnent à voir et à comprendre cette époque passée. Malheureusement, pour des questions de droits, nous ne pouvions pas les faire figurer dans le roman. Barbara, notre adorable et vénérée éditrice, nous a alors proposé "d’acheter" et de choisir nous-mêmes le même genre d’iconographie sur des banques d’images.
 
 
ActuSF : L’ouvrage peut s’étudier en classe, et s’accompagne via le site internet de tout un matériel à destination des professeurs ; est-ce que c’était prévu dans le projet dès le départ, et est-ce que cela a été une contrainte pour l’écriture du roman ?
 
Silène Edgar : Ce n’était pas prévu que je fasse le support didactique, ni même qu’il y en ait un, donc il n’y a eu aucune contrainte. Par contre, je suis prof alors j’ai bien pensé à certains moments que ça pourrait être utile en classe, évidemment ! Par exemple les progrès scientifiques sont au programme, ou la description qu’a écrite Paul de la bataille du chemin des Dames est un cours d’histoire à lui seul, très représentatif, je trouve ce passage superbe. Par contre, il y a aussi des éléments dont je sais qu’ils ne sont pas étudiés, par manque de temps ou parce qu’ils sont absents des programmes et c’était une bonne occasion de les faire découvrir aux ados, en particulier la vie quotidienne en campagne, l’occupation allemande ou la grippe espagnole, évoquée à travers la maladie des enfants.

 
ActuSF : L’amitié qui se noue entre Adrien et Hadrien est le moteur du récit... est-ce que c’est un motif qui vous tient particulièrement à cœur ? N’était-ce pas difficile à faire passer, étant donné la distance qui les sépare ?

 
Silène Edgar : C’est un roman entre amis sur des amis... Oui, ça me tient à coeur ! Et pour l’amitié qui les lie, je crois que c’est aussi simple que le lien qui existe entre nous, une sorte d’évidence, non ?
 
Paul Beorn : Je pense que ce n’est pas un hasard que ce roman écrit à deux auteurs amis de longue date parle d’une histoire d’amitié entre deux personnages. La distance géographique qui nous séparait, Silène et moi, ressemblait un peu à la distance temporelle qui séparait les deux personnages.
 

ActuSF : Quels sont vos projets ?
 
Silène Edgar : Paul est en train de relire mon prochain roman pour Castelmore pendant que je lui donne un avis sur la couverture de son prochain roman pour Castelmore !!! Sinon, je travaille sur les dernières épreuves d’un court roman pour adultes, Féelure, à paraître chez Snark, le 17 septembre et d’un autre, pour enfants de 9-10 ans, chez Imaginemos : Le Manoir en folie, le 27 septembre ! D’ailleurs, Paul vient d’en sortir un dans la même collection, Le Club des chasseurs de fantômes...
 
Paul Beorn : Je sors effectivement un roman d’anticipation chez Castelmore en octobre 2014, Le jour où…, destiné aux adolescents de 15 ans et plus. Mais je n’ai pas abandonné mes premières amours et en parallèle, j’écris aussi un roman de fantasy.
 

 

Laura Vitali , Tony Sanchez