Jean-Luc Rivera : Au pied du sapin
de Xavier Fournier et Stephen Baxter
aux éditions

Auteurs : Xavier Fournier , Stephen Baxter , Robert Charles Wilson , Philippe Caza , Albert Uderzo , Poul Anderson , Raphaël Colson , Etienne Barillier , Raphaël Granier de Cassagnac , Jean-Luc Rivera , Nicolas Le Breton , Camille Brissot , Eric Hudspeth , Ramez Naam , Yal Ayerdhal
Date de parution : décembre 2014 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
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Jean-Luc Rivera nous fait partager régulièrement ses coups de cœur sur Actusf. Alors que Noël approche à grands pas, il revient sur les ouvrages qu’il n’a pas pu encore évoquer cette année...

Je suppose que beaucoup de ceux d’entre vous qui suivent mes coups de coeur ont réalisé que je suis un lecteur à la fois boulimique et éclectique - dans les littératures de l’imaginaire s’entend ! - mais nettement moins prolifique lorsqu’il s’agit d’écrire, d’autant plus que d’autres activités m’ont pris pas mal de temps ces derniers mois d’où des chroniques plus raréfiées. Or nos éditeurs ont publié énormément de livres dont quelques-uns m’ont beaucoup plu et j’ai pensé qu’il serait bon que je les partage, ne serait-ce que brièvement, avec vous afin de donner éventuellement des idées au père Noël...
 
Robert Charles Wilson est un bon auteur en général mais "Les derniers jours du paradis" (Denoël, Lunes d’encre) est magnifique : les premières expériences de radio ont démontré l’existence d’un organisme entourant la Terre, dans la haute atmosphère, l’Hypercolonie, qui a assuré, en influant sur les événements, un siècle de paix suite à une guerre de 1914 avortée. Un siècle plus tard, la Terre est en paix, prospère mais terne, et la jeune Cassie va découvrir que des "simulacres" envoyés par l’Hypercolonie recommencent à assassiner les membres de la Correspondence Society, cette société de savants discrets qui essayent de comprendre les motifs de la présence de celle-ci et de lui résister. Derrière cette bienveillance lointaine et plutôt indifférente, sauf dans des cas bien précis, que se cache-t-il ? Parasitisme ou symbiose ? De l’Amérique au Chili, la route sera longue et semée d’embûches, humaines ou hypercoloniales, pour trouver la réponse. Et celle-ci vaut-elle le prix payé ? C’est le roman de Wilson que je préfère à ce jour, car il est très bien bâti, avec une conclusion qui donne à réfléchir sur les choix de nos sociétés contemporaines.
 
Les derniers jours du paradis de Robert Charles Wilson
 
Autre roman d’excellente SF que celui de Raphaël Granier de Cassagnac, "Thinking Eternity" (Mnémos) qui décrit les événements qui ont conduit au monde de son premier roman, "Eternity Incorporated" (aussi chez Mnémos). Eternity Inc. c’est le nom de cette gigantesque entreprise multinationale qui allie profits et philanthropie, son but avoué étant d’assurer la survie de l’espèce humaine en fonction des catastrophes possibles à venir. Alors que sa soeur est recrutée pour développer des consciences artificielles chez Eternity - mais l’a-t-on attendu ? -, Adrian Eckard, biologiste et premier bénéficiaire, suite à un attentat dans le métro, d’une greffe oculaire cybernétique, va développer le mouvement du Thinking, l’éducation des populations sur toute la planète y compris, et surtout, dans les zones les plus reculées et les plus pauvres. Tout le roman tourne autour de la question suivante : qu’est-ce être humain, transhumain ou posthumain et quel est le meilleur choix pour notre espèce ? Avec en question subsidiaire quel sera, toujours pour notre espèce, le meilleur moyen de survivre ? L’auteur pose ces questions, aborde de manière intelligente, sensible et claire les réponses possibles et les conséquences de ces choix. J’avoue que la réponse est difficile, je sais quel serait mon choix si je l’ai un jour. Quel sera le vôtre (mis à part lire ce grand roman) ?
 
Thinking Eternity de Raphaël Granier de Cassagnac
 
Curieusement, un autre roman paru récemment, celui de Ramez Naam, "Nexus" (Presses de la Cité), explore aussi le thème du trans-humanisme / post-humanisme d’une manière fort différente : une nano-drogue se répand, nexus, qui permet aux cerveaux de s’interconnecter. Pour certains, dont Kade, biologiste de génie, et ses copains tout aussi doués et idéalistes, il s’agit là d’une opportunité à saisir pour faire faire un bond en avant à l’humanité, alors que pour d’autres, dont Warren Becker, directeur adjoint de l’ERD, une agence gouvernementale américaine chargée d’interdire toute technologie de changement du corps humain, en particulier en utilisant des biotechnologies et des implants sur ses agents..., c’est totalement inacceptable. L’affrontement est inévitable et c’est alors qu’intervient la géniale et mystérieuse Shu, plus grande neurologue de la planète, au service du gouvernement chinois. Va se dérouler autour de Kade, et avec Kade, un grand jeu d’ombres et de faux-semblants, aux enjeux colossaux, où tout est permis alors que personne n’est ce qu’il semble être ou l’est-il vraiment afin de mieux se dissimuler... Là encore, quelle est la meilleure réponse pour le devenir de l’humanité ?
 
Nexus Ramez Naam
 
Avec "Les Âmes envolées" de Nicolas Le Breton (Les Moutons électriques), nous découvrons cette France et cette Europe d’avant 1914, à la veille du conflit, au ciel encombré de dirigeables de toutes tailles grâce au génie de M. Giffard et au talent visionnaire de Napoléon III. Le roman commence avec l’intervention de Louis Lépine, préfet de Paris, pour arrêter la dangereuse bande à Bonnot, ces aérostatiers bandits particulièrement dangereux. A partir de là l’auteur va nous entraîner dans un roman plein de fougue et de brio, écrit volontairement, et avec talent, à la manière de ces feuilletons populaires du début du siècle, tous les clichés étant utilisés avec finesse : les héros - Louis Lépine et la baronne de Laroche - sont de vrais héros bien français comme d’ailleurs Gustave Le Bon ou Elisée Reclus (et inattendus ce qui est encore plus réjouissant), les Anglais sont arrogants mais honorables, les Allemands plus boches que nature, les traîtres maîtres du déguisement, lâches et assassins, les matelots et les militaires français des exemples de courage (sauf un ou deux officiers naturellement), le génie français est bien entendu universel, les Indiens énigmatiques, l’Himalaya insondable. Ajoutez-y des dirigeables, des engins étranges et des automates, des sociétés secrètes dont la fameuse Société Thulé si chère à Jacques Bergier, le vril, l’occultisme, la science triomphante ( mais parfois dévoyée, le personnage d’Alexis Carrel est une belle réussite), de beaux combats aériens, de beaux paysages, nos comptoirs français des Indes et Shangri-La, un zeste de sensualité et une pincée d’humour et, vous l’aurez compris, de rebondissement en enlèvement, de crash d’aérostat en possession médiumnique, voilà un roman que, comme moi, vous ne lâcherez pas une fois commencé. Et, cerise sur le gâteau, le livre est en lui-même un objet superbe !
 
Les¨ämes envolées de Nicolas Le Breton
 
Autre roman plein de dirigeables, mais là dans un monde futur victime de catastrophes climatiques et écologiques, que celui de Camille Brissot : "Dresseur de fantômes" (L’Atalante) est un premier court roman très réussi. L’auteure nous fait partager la quête de Théophras, chasseur de reliques du monde ancien pour de riches amateurs, le seul à continuer à voir le fantôme de Valentine, son amour, qui fut empoisonnée par le Collectionneur, pour découvrir mobile et assassin et se venger. Accompagné du petit Tom, il va traverser l’océan sur le bateau à roues à aubes du capitaine Peck : Camille Brissot nous dépeint un univers étonnant et plein de poésie dans sa différence - ces Fils des courants qui ont muté et surfent sur les vagues par exemple ou les Indiens que rencontrera Théophras - avec, en pièce de résistance, cet extraordinaire cirque aérien qu’est l’AeroCircus. C’est aussi une belle histoire d’amour et de vengeance, aux personnages attachants et à l’humour subtil.
 
Dresseur de Fantômes, Camille Brissot
 
Nous connaissons tous Stephen Baxter pour ses romans de hard science. "Anti-glace" (Le Bélial) est un roman écrit en 1994, qu’il nous a donc fallu attendre vingt ans : avec son talent habituel, Baxter nous livre un roman steampunk remarquable où les Anglais, grâce à la découverte d’un gisement d’un matériau remarquable en Antarctique, l’anti-glace, source d’énergie incommensurable domptée par le grand savant Josiah Traveller, sont devenus la première puissance mondiale, situation que vivent mal les deux ennemis traditionnels de l’Angleterre que sont la France et la Prusse. A travers les mémoires d’un jeune diplomate britannique un peu benêt, Ned Vicars, nous allons suivre la destinée de Traveller, inventeur de génie, victime des activistes français et conquérant malgré lui de la Lune. Baxter a écrit un roman plus vernien et wellsien que ceux de Verne et de Wells (toujours cette rivalité franco-anglaise), on sent qu’il s’est amusé à l’écrire, avec tous les poncifs nécessaires et attendus, que ce soit au niveau des personnages - l’inventeur universel, le domestique dévoué, le journaliste acharné, le Français raffiné et nationaliste enragé, la Française séductrice, l’Allemand arrogant - ou des situations - la rivalité séculaire France-Angleterre et les clichés qui en découlent, y compris le sentiment de la supériorité britannique en toutes circonstances face au génie français - mais c’est aussi une réflexion sur la guerre et ses horreurs, sur la puissance et ce que l’on peut/doit en faire. Voilà un très bon roman agrémenté d’une très belle couverture de Manchu !
 
Anti-glace de Stephen Baxter
 
Je profite de cette colonne pour réparer une injustice à l’égard d’Ayerdhal : en début d’année paraissait "Bastards" (Au Diable Vauvert), je le lisais quelque temps plus tard et n’en ai pas parlé car je l’avais trouvé extraordinaire mais je ne trouvais pas la bonne manière de l’aborder car il s’agit sans doute du roman d’Ayerdhal le plus abouti. Il nous entraîne à New York où Alexander Byrd, Prix Pulitzer victime du syndrome de la page blanche, se voit proposer par un agent du FBI, petit ami d’une de ses relations, de se pencher sur un fait divers curieux : celui d’une vieille dame du Queens qui, agressée par trois voyous, en a éliminé deux avec un sarcloir alors que le chat qu’elle transportait dans son cabas a tué le troisième, avant de reprendre tranquillement son chemin et disparaître. Il va ainsi découvrir petit à petit que "Cat-Oldie" - le surnom donné à cette vieille dame - a eu un parcours tout à fait original depuis le début du siècle précédent, passant par plusieurs agences plus que secrètes américaines, parcours qui lui réservera encore plus de surprises, ainsi qu’à nous, lorsqu’il va finalement rencontrer la femme connue sous le nom de "Bond, Janet Bond"... sans parler de ses filles, superbes et à la grâce toute féline, dans le magasin d’antiquités caverne d’Ali Baba qu’elle possède. Ayerdhal réussit un mariage parfait entre le thriller classique - action, enquête, suspense, services secrets et tueur aussi impitoyable qu’efficace - et l’urban fantasy dans ce qu’elle a de plus sophistiquée - histoire secrète très jungienne, je vous laisse la surprise de découvrir qui sont les "bastards" du titre - en plus de 500 pages denses et prenantes, qui m’ont valu une nuit blanche, impossible de reposer le livre. De plus le roman est plein d’humour et de clins d’oeil (comme à "Chapeau melon et bottes de cuir" et au Petit Chaperon Rouge avec "Mère-Grand", explication drôlatique p. 338), avec l’intervention de Norman Spinrad ou de Jerome Charyn dans l’enquête - ce sont de bons amis d’Alexander Byrd et de l’auteur -, mais cela n’empêche pas Ayerdhal de nous livrer ses réflexions et ses vues sur les problèmes qui l’interpellent depuis longtemps : le pouvoir, la gouvernance, la finance, (cf. entre autres p. 447 mais je ne veux pas spoiler...), la tolérance - qu’elle concerne les préférences sexuelles, les drogues récréatives ou simplement le laisser-vivre en général. Ne passez pas à côté de l’un des meilleurs et plus beaux romans de l’année !
 
Bastards d'Ayerdhal
 
Il ne faut pas oublier non plus, pour tous les amateurs de belle fantasy - la vraie, celle de l’époque où on l’appelait encore "heroic fantasy" - et pour tous les admirateurs, dont je suis, du très grand écrivain que fut Poul Anderson un roman traduit pour la première fois en français : "L’Epée brisée" (Le Bélial). Merci à Olivier Girard de nous faire découvrir, après soixante ans d’attente (!), cette épopée digne des sagas nordiques que connaissait bien et qu’adorait Poul Anderson : elle se déroule d’ailleurs dans les territoires conquis par les Danois sur les Saxons en Grande-Bretagne après la chute de Rome, lorsque les elfes commencent à reculer sous la pression du christianisme et que le duc Imric, chef des elfes, s’empare du fils d’un conquérant danois, lui laissant à la place un changeling qui grandira dans la famille humaine. A partir de là, et annoncés par le présent des dieux à l’enfant enlevé pour son baptême - lorsqu’un nom lui est donné -, à savoir une antique épée de fer brisée en deux, des événements dignes d’une tragédie antique vont inéluctablement s’enchaîner, dans le sang, la rage, la fureur berserker, la vengeance, la jalousie et l’amour. Comme le dit Poul Anderson dans son avant-propos, il s’agit d’une geste, genre épique dont on ressent le rythme qui berçait le récit lorsqu’il était raconté par les scaldes après les banquets et qui continue de nous emporter aujourd’hui encore. Traduit parfaitement bien par Jean-Daniel Brèque, avec une préface de Michael Moorcock et une belle couverture de Nicolas Fructus, une oeuvre à découvrir !
 
L'Epée Brisée de Poul Anderson
 
Et comme nous sommes dans la période qui précède Noël, les éditeurs nous ont aussi gâté en matière de beaux livres dont certains sont absolument magnifiques et, je dois le dire, soyons bassement matériels, avec un rapport qualité-prix qui les rendent peu chers par rapport à ce qu’ils vous offrent.
Tout d’abord, un "must" absolu : "Tout le steampunk !" d’Etienne Barillier - l’un des maîtres du vaporisme français - et Raphaël Colson (Les Moutons électriques). Je le dis de suite à ceux qui avaient déjà acheté (entre autres à cause de mon coup de coeur de février 2010) "Steampunk. L’esthétique rétro-futuriste", il ne s’agit pas d’une simple édition révisée. Le livre est grandement augmenté - entre autres grâce à la participation d’Arthur Morgan, autre grand vaporiste français devant l’Eternel -, il nous offre une encore plus complète " vision historique de l’apparition et de l’évolution du steampunk et de ses différentes variantes possibles." Nous y retrouvons, outre la littérature des domaines francophone et anglophone, le Japon dans tous ses états steampunk, la BD, les jeux de rôles, les films et séries télévisées et, toujours aussi surprenant et étonnant, art et mode de vie steampunk, plus nombre d’interviews d’auteurs du genre. De plus, le livre est un "hard cover" à l’iconographie somptueuse et particulièrement bien choisie, à la typographie et au design intérieur soignés, ce qui en fait un bel objet de bibliothèque. Que peut demander de plus le lecteur ?
 
Tout le steampunk d'Etienne Barillier
 
Il y a deux ans sortait le premier tome de "Uderzo L’intégrale 1941-1951", par Philippe Cauvin et Alain Duchêne (Editions Hors Collection) : ils viennent de sortir le tome 2 "Uderzo L’Intégrale 1951-1953" (Editions Hors Collection avec les Editions Albert René). A nouveau un travail magnifique, des reproductions soignées : l’intégrale de "Belloy" (scénario de JM Charlier), les débuts de "Oumpah-Pah" (avec René Goscinny comme scénariste) et les deux séries de "Jehan Pistolet" avec Goscinny ainsi que la série "Marco Polo (scénario d’Octave Joly). Les auteurs nous font aussi découvrir l’intégrale de tous les dessins illustrant deux séries de "Bonnes Soirées" : la chronique "Qui a raison ?" et l’amusant "Sa Majesté Mon Mari". Et, bien entendu, les textes et les photos accompagnant les dessins sont passionnants à lire, nous montrant la richesse du travail d’Uderzo. Je ne peux donc que reprendre ce que j’écrivais il y a deux ans : "Certes le prix de cet énorme volume, plus de 400 pages grand format, pourra paraître un peu élevé à certains (69€) mais considérant la somme de travail et la qualité des reproductions du livre, il faut féliciter l’éditrice pour avoir eu l’audace de le présenter à un prix tout à fait raisonnable : le rapport qualité-prix est imbattable et Noël n’est pas loin..."
 
Uderzo L'Intégrale 1951-1953
 
Autre beau livre qui vient de sortir, pour les 50 ans de la série-culte en Angleterre et qui commence à le devenir en France, celui de Marcus Hearn consacré à "Doctor Who, les archives" (Akileos). Organisé de manière chronologique, année par année depuis 1963, dans une version plus complète dans notre langue que celle sortie en anglais, voilà une mine incomparable de renseignements sur le bon docteur, ses différentes incarnations, les épisodes, la manière dont la série a été réalisée etc... L’iconographie est d’une richesse prodigieuse, d’autant plus que l’auteur a fait le tour des grands collectionneurs - il n’existe aucun musée consacré à la série - pour photographier et présenter dans le livre les props, les costumes, les produits dérivés etc... J’ajouterai que l’éditeur le propose à 35€, ce qui n’est pas cher par rapport à la qualité des 320 pages grand format de ce bien joli livre. Que vous soyez un fan du docteur ou, comme moi, intéressé à découvrir ce phénomène de société télévisuel, voilà le livre à lire pour éviter de demander : "Docteur Qui ?"
 
Doctor Who, les archives
 
Quant au "Cabinet du Docteur Black, le travail égaré du Docteur Black" par E.B. Hudspeth (Le Pré aux Clercs), il s’agit de l’un de ces livres comme je les affectionne : la biographie du célèbre docteur Spencer Black, chirurgien américain du XIXème siècle aux travaux aussi controversés que ceux de son homologue anglais contemporain, le Dr. Moreau... Outre sa biographie complète, est reproduite dans son intégralité l’oeuvre majeure du docteur, à savoir le "Codex Extinct Animalia" avec ses planches dignes de Buffon ou d’Audubon : les planches anatomiques consacrées à la "Siren Oceanus", au "Satyrus Hircinus", au "Ganesha Orientis" et autre "Centaurus Caballis" sont remarquablement dessinées et détaillées. Un beau travail de recherche et un bel objet à lire, indispensable sur les rayonnages de toute bibliothèque de fantastique qui se respecte (surtout pour 26€) !
 
Le Cabinet du Docteur Black
 
Si vous êtes comme moi un inconditionnel de la première trilogie de "Star Wars", vous prendrez un immense plaisir à parcourir et lire "Le making of Star Wars" de J.W. Rinzler (Akileos), 350 pages grand format consacrées exclusivement au premier film, "Star Wars". C’est un récit presque au jour le jour du tournage et de la réalisation du film, bourré de détails et d’anecdotes, entre autres sur les aspects techniques comme la réalisation des décors, des armes et des vaisseaux. Inutile de préciser que c’est aussi une mine inépuisable de photos et de dessins avec en bonus, dans l’édition à 55€, les "storyboards" des différentes versions envisagées, un vrai bonheur à la fois historique et esthétique.
 
Le making of Star Wars
 
Enfin, pour terminer ici cette longue liste de beaux et gros livres, un que je suis en train de lire mais je veux déjà partager avec vous mon enthousiasme : celui de Xavier Fournier, "Super-héros, une histoire française" (Huginn & Muninn) qui est une histoire de la genèse des super-héros, qui commence dans la littérature populaire du XIXème siècle (des personnages comme le comte de Monte Cristo ou Rocambole) puis les Judex et autres Nyctalope au début du XXème siècle avant d’arriver aux BD avec des personnages parfois célèbres en leur temps mais tombés dans les oubliettes depuis bien des années. L’auteur a fait des recherches extrêmement pointues qui aboutissent à une somme inégalée à ce jour dans notre langue, démontrant aussi l’influence encore méconnue des Français sur les Américains (nous avons oublié aujourd’hui le rayonnement et l’importance de notre culture en ces années). Un pan important de notre histoire à redécouvrir grâce à Xavier Fournier (pour 39,99€) !
 
Super-héros, une histoire française
 
J’ai gardé pour la toute fin le cadeau à se faire car c’est véritablement un cadeau que nous fait Jérôme Baud, l’éditeur passionné des Editions Armada : pour 8€ (même pas le prix d’une place de cinéma, à peine celui d’un poche) vous pouvez vous offrir les "Carnets de croquis" de Philippe Caza ! Pas besoin de vous en dire plus, vous pouvez y aller de confiance, vous ne serez pas déçu, c’est du Caza, c’est beau.
Je vous souhaite à tous un joyeux Noël, plein de bonnes lectures.
 
Carnets de croquis : Philippe Caza
 
Jean-Luc Rivera

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