Alan Moore : Morceaux choisis
de Alan Moore
aux éditions

Sous-genres :
  • Comics

Auteurs : Alan Moore
Date de parution : 0000 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Divers
Titre en vo :
Parution en vo : mai 2015

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Après les premiers extraits de la réédition de La Voix du feu dans la collection Helios et un tour d’horizon des adaptations des romans graphiques de Alan Moore au cinéma, voilà une sélection de ses oeuvres les plus marquantes.

Alan Moore est un des monstres sacrés du monde des Comics. Ses Watchmen font aujourd’hui parties des œuvres cultes au même titre que le Sandman de Neil Gaiman, le Dark Knight de Franck Miller ou encore L’Arkham Asylum de Grant Morisson. Voilà quelques morceaux choisis de ses (nombreuses) œuvres...

V pour vendetta (1982-1988), dessin : David Lloyd

1980 : une guerre mondiale à éclaté, la bombe atomique a été lâchée et a détruit une grande partie de l’Europe. L’Angleterre à survécu mais un parti fascisant en a pris le pouvoir. Violence, épuration ethnique, chasse aux sorcières... Un climat de terreur et de répression règne sur le pays. Un anarchiste surnommé V va alors s’opposer au régime et soulever la population face à cette oppression.

Moore prend pour cadre l’Angleterre qu’il connait bien pour dépeindre cette dystopie sombre et violente. Véritable pamphlet contre la dictature, appel à la révolte, V pour vendetta traduit l’engament politique d’Alan Moore. Nul super héros dans ce roman graphique, seulement des femmes et des hommes qui se battent sans super-pouvoir aucun si ce n’est celui de leur volonté.

Plus qu’un personnage, V est un mentor qui transmet son combat à Evey, la jeune femme qu’il a recueilli, et à travers elle à tous les résistants. V incarne une liberté qu’une simple balle ne suffit pas abattre.Allan Moore dénonce dans V pour Vendetta le totalitarisme mais aussi la ségrégation ethnique ou sexuelle. Des combats qu’il mène encore aujourd’hui à travers par exemple ses interventions scolaires àa Northampton natale pour expliquer l’importance d’enseigner l’histoire gay dans les écoles :  

 Watchmen (1986-1987) dessin : Dave Gibbons

Watchmen est une uchronie dans laquelle les Etats unis ont gagné la guerre du Vietnam grâce à Dr Manhattan, le seul et unique super héros de la Terre né d’un accident nucléaire dans les années 1960. D’autres super-héros, bien humains ceux-là essayent de trouver leur place et leur légitimité dans un monde qui les rejette. Ils doivent renoncer à leurs acticités de justiciers, jusqu’au jour où l’un d’eux, Le comédien, est assassiné. Les Watchmen se retrouvent alors pour mener l’enquête.

Les Watchmen est l’œuvre qui a installée la notoriété d’Alan Moore. Série dense et exigeante, elle enchaine faux article sur une Amérique en pleine guerre froide gouvernée par Nixon et les récits torturés de ses six protagonistes vieillissants. Véritable coup de poing au scénario maitrisé, le lecteur plonge dans ces twisted eighthies sous le dessin d’un Dave Gibbons aux couleurs acidulés. Comme dans V pour vendetta, le destin des hommes est entre leurs mains. Il n’y ni dieu, ni super-héros, seulement leur propre folie et leur propre peur pour les détruire eux-mêmes.

 From Hell ( 1991-1998) Dessin : Eddie Campbell

Cette série en noire et blanc est d’abord paru en 10 livrets avant de connaitre une édition intégrale à la fin des années 1990. 1888 : Jack l’éventreur commence à perpétrer ses meurtres à Londres. Nous allons suivre en parallèle l’enquête de l’inspecteur Aberdeen et les pérégrinations londoniennes de Sir William Gull, le médecin de la reine.

From Hell s’appuie sur l’histoire de Jack l’éventreur pour décrire la société londonienne et retracer l’histoire de la femme dans les sociétés occidentales. Allan Moore introduit une dimension mystique dans le récit à travers le personnage de Sir William Gull. Londres devient vivante, une ville parsemée de symboles ésotériques qui délivre ses messages à qui sait les décrypter. Les croyances et les pratiques magiques de Moore transparaissent dans From Hell. La recherche documentaire conséquente est livrée en annexe du roman graphique. Plus qu’un simple travail de référencement, elle fait partie intégrante du récit pour Moore et Campbell.

Top 10 (1999-2001) Dessin : Gene Ha et Zander Cannon 

Top 10 est le surnom du commissariat de police de Neopolis, une ville dans laquelle tout le monde possèdent des supers-pouvoirs : habitants, force de l’ordre, et même animaux de compagnie... La série n’est composée que de 12 numéros, d’un spin off de 5 numéros : Smax et d’un numéro spécial Top 10 Forty Niners qui revient sur la genèse de Neopolis.

Là encore, Alan Moore utilise des super-héros pour mieux faire ressortir leurs faiblesses et leur fragilité humaines. Ce sont bel et bien les problèmes et les tabous de notre société qui sont abordés dans Top 10  : la ségrégation raciale, les pratiques sexuelles, les préjugés moraux. Neopolis est une réflexion sur le "Vivre ensemble" dans une société composée d’individus qui sont d’abord des hommes et des femmes avant d’être des super-héros. Les thèmes de l’inceste et de la zoophilie abordés dans la série ont été à l’origine de nombreuses critiques de la série dans la presse et les médias.

 La League des gentlemen extraordinaires (2000-2003) Dessin : Kevin O’Neill

Cette série steampunk met en scène des personnages de la littérature de la fin du XIX siècle et début du XX siècle : le capitaine Némo (20 000 Lieux sous les mers de Jules Verne), Mina Harker (Dracula de Bram Stocker), l’homme invisible (H.G Wells), le docteur Jekyll (Robert Stevenson) et Allan Quatermain... Ce groupe improbable de héros va devoir affronter des ennemis toujours plus redoutables, du docteur Fu Manchu aux Extra-terrestres de la Guerre des mondes dans un reflet déformé et uchronique de notre propre univers. La série se poursuit avec des épisodes qui abordent l’évolution des personnages à travers tout le XX siècle.

La Ligue des gentlemen extraordinaires est d’abord un hommage à la littérature populaire du début du XX siècle. Les intrigues pulps, les clins d’œil aux œuvres de Jules Verne et de H.G Wells et la réutilisation inventive d’extraits connus de la littérature de l’époque (Guerre des mondes..) sont autant de détails ciselés avec minutie par Moore et O’Neill. Les tomes qui prolongent la série sur le XX siècle sont autant de prétextes à intégrer de nouvelles figures de cette littérature populaire.

Mais La Ligue des gentlemen extraordinaires est, encore une fois, le prétexte pour Moore de mettre en avant des super-héros aux failles bien humaines : une Mina Harker rongée par son passée avec Dracula, un homme invisible qui utilise son pouvoir pour abuser de jeunes filles, un Docteur Jekyll qui se transforme de plus en plus souvent en Mister Hyde pour laisser libre cours à sa colère... La ligue se colore de noir et de rouge sang dans ses passages les plus violents. Plus qu’un simple récit, c’est aussi un univers entier que Moore et O’Neill s’attachent à dépeindre, notamment à travers leur Black Dossier, véritable bible de références pour cette uchronie steampunk.

 ...et tout le reste...

The killing Joke qui met en scène un Batman face à un Joker qui revient sur ses origines, Neonomicon basé sur l’Appel de Cthulhu, Les filles perdues, coécrit avec sa femme Melinda Gebbie,  où des héroïnes de fiction explorent leurs sexualités, son roman La voix du feu où il revisite l’histoire de sa Northampton natale... L’œuvre de Moore est abondante. Vous pouvez en redécouvrir une partie ici avec une série de vidéos ou encore là à travers une critique de certains de ses comics moins connus. Enfin, pour se tourner vers l’avenir, une interview plus récente où Moore parle de ses projets récents à venir, notamment son très attendu roman Jérusalem.

 

 

 

Jean-Laurent Del Socorro