Les Souterriens
( Le Monde de Fernando 1 )
de Hervé Thiellement
aux éditions Amalthée
Genre : SF
Sous-genres :
  • Anticipation

Auteurs : Hervé Thiellement
Couverture : Thiriet
Date de parution : mars 2005 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 222
Titre en vo : 1

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Une fable post-apocalyptique à la fantaisie un peu absurde

Né en 1948 en Centre Afrique, Hervé Thiellement a derrière lui une brillante carrière de chercheur et d’enseignant en génétique végétale. Si la liste de ses publications dans ce domaine est plutôt fournie, Les Souterriens est son premier livre de fiction qu’il présente comme un « roman feuilleton (puisque divisé en 6 épisodes) d’anticipation post-atomique ». Un tome 2, Les Hybrides, est prévu et relatera, toujours en 6 épisodes, les aventures de la seconde génération de colons.

« C’est peut-être difficile à admettre, mais la mort de cons inconnus ne perturbe pas vraiment ceux qui ont besoin de dormir »

Fernando est un clone issu d’un militaire et conçu par le Programme pour vivre sous terre puisque un échange de missiles radio actifs entre Chine et Etats-Unis a irradié la surface et en a radié toute vie ordinaire pour plusieurs milliers d’années. Las de ronger des rats nains blancs et de devoir disputer les tunnels aux super taupes, Fernando a envie de gagner l’air libre et de voir s’il est viable. Il entraîne quelques volontaires dans cette expédition : une ursule, une carole, un jules et un gaston. Des alliés inattendus se joindront à leur groupe pour jeter les bases d’une civilisation nouvelle… et interspécifique !

Une intrigue très classique mais un ton atypique

La communauté que décrit ce roman s’inspire de notions très diverses et ce faisant joue avec quelques systèmes philosophiques : la cité platonicienne avec une partition et une organisation des tâches en fonction des dons de chacun (ici déterminés par les caractéristiques de l’original des clones), l’idylle rousseauiste du retour à la nature et à la bonté originelle. Comme un Edmond Hamilton, dans La Vallée de la Création, Hervé Thiellement imagine une utopie où le loup peut être un homme pour l’homme ou presque… toutes les espèces vivent en intelligence. Il explore aussi le cheminement vers une personnalité propre et individuelle d’êtres élaborés sur le même modèle et leur accès à une existence soumise aux caprices de la nature et plus aux routines du Programme.

Taupe là !

Mais foin de considérations élevées ! Pour être honnête, c’était la super taupe dessinée au dos du livre qui m’avait donné envie de lire ce roman, son petit côté ornithorynque (et d’ailleurs elle s’appelle Toto comme un certain héros de BD de cette espèce !), son œil placide m’avaient interpellée. Et m’avait promis un divertissement un peu décalé, plaisant bien qu’un peu incongru. Ces promesses sont tenues avec des personnages auxquels on s’attache jusque dans leurs bizarreries (qui vont chercher très loin dans la fantaisie génétique à cause du cumul de mutations post-apocalyptiques avec des croisements inattendus !), des phénomènes étranges inexpliqués (comme l’impossibilité de l’informatique en surface) et une succession d’aventures liées à la découverte d’un nouveau monde.

Ce livre ne séduira pas les lecteurs en quête d’un très grand style ou de situations totalement inédites. Il charmera par contre ceux qui adhèrent à cette attitude prônée par Wolof, le loup chef de meute : « Profite du paysage, du climat, de l’ambiance entre amis des nuits au clair de lune, de l’aventure de la vie. »

Nathalie Ruas