Interview 2017 : Maitre Sinh pour Tschai, la planète d’aventures
de Jack Vance
aux éditions
Genre : Interview
Sous-genres :
  • Jeu de rôle

Auteurs : Jack Vance
Date de parution : octobre 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Les éditions Mnémos et 500 nuances de Geek (500NDG) s’associent autour de l’univers de science fiction Tschaï de Jack Vance autour d’un livre illustré Tschaï, retour sur la planète de l’aventure et d’une jeu de rôle dédié à cet univers. Maitre Sinh répond à nos questions sur ce double projet.

Les éditions Mnémos et 500 nuances de Geek (500NDG) s’associent dans une campagne sur Ulule pour refaire découvrir l’univers de Cycle de Tschai. Pouvez-vous nous présenter cette tétralogie de science fiction de Jack Vance s’il vous plaît ? 
 
Maitre Sinh : Ah. Justement, on ne la présente pas plus que, disons, Star Wars par exemple ! C’est une tétralogie de Jack Vance écrite entre 1968 et 1971 et sortie presque immédiatement en français. Dans le domaine de la littérature de SF, c’est l’archétype du « divertissement de qualité » et de tout ce qui fait le charme et l’intérêt de la SF.
 
L’histoire en elle-même est simple : après la réception d’un message en provenance d’une mystérieuse planète, une mission d’exploration est envoyée. Seul rescapé d’un crasch, le héros découvre que cette planète est regie par des races aliens très anciennes, qui y ont apporté dans un lointain passé des humains ayant évolués en multitude de cultures… 
 
Il va donc errer sur cette planete à la recherche d’un moyen de repartir, et bouleverser l’ordre établi partout ou il passe.
 
 
Le projet prévoit plusieurs éléments : un livre édité par Mnémos, et un jeu de rôle par 500 nuances de Geek . Concernant le beau-livre Retour sur la planète de l’aventure, il fait partie de la collection Ourobores des éditions Mnemos. On a donc un livre avec des illustrations et des textes inédits qui explorent l’univers de Jack Vance, c’est bien ça ? Quels seront les auteurs et les illustrateurs ? 
 
 Oui, c’est une première collaboration entre Mnémos et 500NDG pour faire vivre des univers dans leur globalité, à cheval sur le beau livre, la littérature et le jeu.
 
Coté Encyclopédie, Mnémos à fait appel à des écrivains de l’imaginaire bien connus pour décrire ce qui se passe après le retour de Reith sur terre. C’est tout à la fois un débriefing, un nouveau regard sur ce monde et une « suite ».
 
Coté Jeu de rôle, c’est un game designer et spécialiste du système apocalypse notamment, Khleren, qui s’en charge. Les illustrations sont tirées à la fois de la bande dessinée Tschai de Li-an et des illustrations de Caza, donc un bon nombre d’inédites.
 
 
Vous proposez de votre côté un jeu de rôle Tschai. Est-ce un jeu inédit ? Qui les joueurs incarneront et quels seront les « scénarios types » du jeu ? 
 
Oui. C’est même une des premières publication françaises estampillées « Propulsé par l’apocalypse « , avec Medieval Mahyem que nous avons financé dans la campagne ulule précédente.
 
Les joueurs y incarneront au choix des personnages d’avant l’arrivée de Reith, ou au contraire pendant le retour de missions terriennes. On pourra incarner aussi bien un terrien qu’un des multiples peuples humains, en commençant bien sur par les plus emblématiques (les Hommes-Dirdirs, les Gzindras, etc…)
 
Hormis la campagne jumelée, y a-t-il des liens entre le jeu de rôle et le livre univers : Retour sur la planète de l’aventure ? Des scénarios où nous retrouvons les personnages du livre, des clins d’œil au jeu de rôle dans les textes de l’ourobores ? 
 
Le JDR permettra bien sur de rencontrer des personnages secondaire, mais je pense que ce qui fait le charme de Tschai, c’est le monde lui-même, ses villes, ses peuples, ses sociétés étranges. Tout ça y est, décortiqué et surtout, le « moteur vancien » de l’apocalypse permettra de remplir les blancs sur la carte sur le même modèle. De plus, si vous passez après Adam Reith, le MJ et les joueurs ont à déterminer et à explorer ce qui se passé, comment les évènements ont tourné….
 
 
Vous évoquez comme moteur de jeu un système existant Dungeon world. Vous pouvez nous expliquer ce que c’est ? Qu’est-ce qui fait selon vous le système idéal pour Tschai ? 
 
Dungeon World est un peu la « tête de proue » du système apocalypse. Je pense qu’il a battu tous les recours en termes de prix décernés, du boardgamegeek aux Ennies en passant par la GenCon, et bénéficie d’une communauté extremement active.
 
En apparence, c’est du JDR « normal ». Il y a un meneur de jeu, des joueurs, dés, des fiches de perso (avec des « caractéristiques, même), mais à la différence des autres JDR, le système ne cherche pas à déterminer la réussite ou l’échec en tant que tel, mais à déterminer « ce qu’il peut se passer d’intéressant ». Un jeu apocalypse est donc un immense « découpage » d’une fiction, action par action possible, avec ce qui peut se passer. 
 
C’est un jeu dont le système, entièrement qualitatif, va directement au but. Joueurs et MJ n’improvisent pas dans le vide mais font à chaque fois des choix, souvent difficiles, parmi des options. Beaucoup de joueurs disent à la lecteur « c’est ce que je faisais déjà en tant que MJ ! ». C’est exactement ça : le système c’est ce dont le MJ a besoin pour animer l’aventure.
 
Pour Tschai, nous allons poster des extraits, mais cela permet par exemple de ne pas rester coincé dans les détails d’un background établi et de développer les blancs sur la carte, grâce à des outils très précis. De « faire du Vance », quoi, à la volée.
 
 
Est-ce que je dois connaitre les romans pour jouer ?
 
Ce n’est pas nécessaire, pas plus que pour jouer à l’appel de Cthulhu par exemple. Mais disons que ça serait dommage de s’en priver !
 
D’ailleurs, le système, comme je l’ai expliqué, est une sorte « d’émulateur » du genre. Jetez les dés, vous allez vous retrouver face à des choix et des situations dignes de Vance…
 
Tschai, se sont aussi des visuels fort. Vous citez ceux de Caza qui illustrent les versions poches des romans chez J’ai lu. Vous en reprenez d’ailleurs certains pour le jeu de rôle. Il y aura des dessins inédits de Caza ? Ou d’autres illustrateurs ? 
 
La source d’illustration la plus importante disponible sur Tschai, sur cette planète, est celle issue du travail de Li-An pour la BD parue chez Delcourt, il y a une dizaine d’années. Elle regorge de paysages, de vues des villes, de descriptions des engins et des rues à nul autre pareil. Nous avons donc décidé de les reprendre. A cela s’ajoutent les illustrations de Caza, dont une bonne trentaine de dessins inédits, tirés d’une recherche effectuée pour un jeu vidéo qui n’a jamais vu le jour…
 
Chaque palier de votre campagne Ulule débloquent des suppléments pour Dungeon World. En quoi consistent-ils ? Qu’est-ce que ça apporte au jeu, à l’univers ? 
 
L’objectif de base était centré sur Tschai : Encyclopédie, Jeu de rôle et « Science Fantasy », un supplément pour Dungeon World permettant de dépasser Tschai pour créer sa propre planète et ses propres aventures « planet opéra »
 
L’objectif a été atteint très rapidement, et on a donc propose d’explorer d’autres facette de la fantasy pour Dungeon World, avec les tous premiers suppléments VF, pour ce jeu qui sont très attendus : No country for old Kobold permet de jouer ces bestioles, Inverse World est un gros pavé proposant un monde de terre creuse très fouillé, et A Sundered World est une somme « Gonzo Fantasy »
 
Ceci dit, là aussi, comme tous ces suppléments ont été financés assez vite, nous avons décidé de revenir sur Tschai pour le reste de la campagne…
 
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouvel objectif ?
 
Comme l’indique le nom de 500 Nuances de geek, le JDR n’est qu’une partie de notre intérêt pour l’imaginaire.
 
Je m’occupe entre autres de plusieurs projets audiovisuels de longue haleine, en particulier celui d’une version spéciale de La planète sauvage, le long métrage d’animation de SF culte (et plus largement, de la mise en valeur du "patrimoine" du réalisateur, René Laloux, notamment le film « Gandahar » sont il sera question plus tard). Fabrice Blin, réalisateur et spécialiste de l’animation, est également de la partie, ainsi que Gregory Lê, dont vous avez pu découvrir les beaux dessins dans la précédente campagne apocalypse (!).
 
Il était donc naturel, pour nous, dès le départ, d’imaginer l’idéal : Tschai en long métrage d’animation !
 
Nous en avions discuté avec Caza, dont Tschai est un vieux rêve, et qui est prêt à nous soutenir en tant que conseiller artistique, en permettant l’utilisation de son graphisme, sur lequel le film serait basé. L’ayant droit de Jack Vance a aussi donné son feu vert à cette démarche.
 
Et comme il nous reste plus de la moitié du temps devant nous pour cette campagne, nous avons finalement décidé de revenir sur Tschai avec une vraie ambition. 
Plusieurs paliers intermédiaires permettent donc maintenant de financer des éléments d’étude pour un possible film d’animation : personnages, faune, flore, technologie, scènes clefs, mise en couleur, etc…cette étude fait l’objet d’une nouvelle contrepartie, pdf et papier, et sera reprise partiellement dans le JDR.
 
A ce stade, c’est d’abord une étude. Mais qui sait ? Cela va avant tout dépendre de la capacité des fans de SF et d’animation, rôlistes ou pas, à se mobiliser…