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Le Hameau des Chênes
( Travis
6 )
de
Christophe Quet
et
Fred Duval
Le retour de Travis pour un second cycle en trois tomes
Fred
Duval et Christophe Quet se rencontrent grâce à Fred Blanchard et Olivier Vatine,
directeurs de la collection Série B chez Delcourt. Les deux auteurs rouannais
se lancent alors dans l’aventure Travis, série de science-fiction qui a
rapidement trouvé ses marques. Si Christophe Quet ne dessine que cette série,
Fred Duval en scénarise d’autres. Les deux genres qu’il affectionne tout particulièrement
sont le western, sa première bande dessinée, 500 Fusils (Delcourt), en
était un et la science-fiction. La même année, Vatine et Blanchard lui confient
la série dessinée par Gess, Carmen Mc
Callum (Delcourt) dont l’héroïne deviendra l’alter ego de Travis. Les
deux héros seront au centre du premier volume des Récits
de Carmen + Travis qui promettait beaucoup pour un résultat plus que décevant.
A noter également, la très bonne série Mâchefer
(Vents d’Ouest), avec Vastra, qui vient de s’achever avec le troisième album et
le premier tome d’Hauteville
house (Delcourt), dessiné par
Thierry Gioux, plébiscité par le public dès sa sortie. Ce second cycle de
Travis sera composé de trois albums et un coffret est proposé dès le début
avec deux emplacements libres. Enfin, un album hors-cycle de Travis et
dessiné par Fred Blanchard sortira en octobre 2004.
Retour sur
Terre
2053, Oncle Terry fête son départ à la retraite, 30 ans passés
au service de l’aérospatiale çà mérite un petit pot d’adieu. La fête est à peine
terminée qu’Oncle Terry demande à Travis de l’emmener sur une autre station orbitale
qui l’a pris à l’essai. Cependant son ami ne l’entend pas de cette oreille et
oblige le vieux Terry à se rendre sur Terre afin de revoir son père avec qui il
s’est brouillé il y a des années. Dans le même temps, le Hameau des Chênes, un
ancien lotissement pavillonnaire, est menacé par le consortium de travaux publics
Vitruvia. Ce lotissement construit au début du XXIème siècle, devenu insalubre
et où ne réside plus que des squatteurs, doit être rasé au profit de l’extension
de l’astroport privé de l’Est parisien. Une seule chose empêche sa destruction
définitive : un propriétaire habite encore sur le terrain et celui-ci n’est autre
que le père de Terry. Les habitants résistent tant bien que mal mais pour combien
de temps ?
Un bon début de cycle qui ne laisse présager que du bon
Il faut le dire, on était resté sur les genoux à la fin du premier cycle de Travis.
On se demandait bien comment les auteurs parviendrait à redonner de la fraîcheur,
une pertinence et un renouveau à un second cycle. Pari gagné pour les auteurs
puisque ce premier tome fonctionne aussi bien que les précédents. On ne change
pas une recette qui marche. L’univers reste rigoureusement le même, bien que l’intrigue
se passe ici sur Terre, aux environs de Paris. Duval sait toujours aussi bien
doser action et humour, scènes dramatiques et scènes plus légères. L’intrigue
qu’il tisse ici a comme d’habitude un petit fond de social avec des personnages
charismatiques, pauvres mais débrouillards d’un côté et un méchant consortium
Vitruvia plein de fric et ne rechignant pas sur la méthode forte de l’autre. Cela
pourrait paraître caricatural mais le tout est sauvé par Travis véritable
personnage transfuge, héros sans peur mais pas forcément sans faiblesse. Les bons
sentiments font partie intégrante du succès de Travis ainsi que l’humour – les
auteurs exploiteront-ils un peu plus le « couple » Dammers et Jojo ? –. Quant
au dessin, rien à redire, Quet a un très bon coup de crayon aussi efficace dans
les scènes d’action que pour « poser » un décor. Les amateurs de Travis
seront certainement ravis de ce second cycle qui démarre sur les chapeaux de roue
et qui ne promet que du bon. Pour ceux qui découvrent seulement la série, mieux
vaut lire d’abord les cinq tomes précédents pour se familiariser avec le personnage,
plutôt que de se lancer dans ce triptyque sans filet.
Charlotte Volper
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