L’Ensorceleuse
de Elizabeth Hand
aux éditions Denoël
Genre : Fantastique

Auteurs : Elizabeth Hand
Traduction : Brigitte Mariot
Date de parution : avril 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 416
Titre en vo : Mortal Love
Parution en vo : 2004

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Ensorcelant ? Pas vraiment...

De Elisabeth Hand on ne sait pour l’instant pas grand-chose chez nous. L’Ensorceleuse n’est que son deuxième roman à être traduit en français après L’Eveil de la Lune en 1999 chez Pocket. Elle en a pourtant une demi-douzaine à son actif aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, tous auréolés de succès selon la quatrième de couverture… (Qui a dit « évidemment » ?)

Daniel, Tristan, Iseult et les autres…

Daniel est un journaliste en congé sabbatique. Il s’est donné un an pour écrire un livre autour de l’histoire de Tristan et Iseult. Un travail qu’il a choisi de faire en Angleterre, à Londres plus précisément, où il est hébergé par son ami Nick qui exerce la profession de rock star. Un soir celui-ci lui présente une de ses ex-conquêtes : Larkin. Le courant entre les deux passe aussitôt. Mais tout aussi brusquement, Nick change d’attitude et prévient Daniel que Larkin est étrange, voir dangereuse, lui laissant entrevoir un mystère insoupçonnable. Des mises en garde que l’apprenti écrivain va s’empresser de ne pas écouter.

Parallèlement, un siècle et quelques plus tôt, le jeune peintre Radborne débarque lui aussi à Londres avec l’espoir d’y connaître le succès. Lorsque le docteur Learmont lui propose un emploi dans son « hôpital » psychiatrique perdu dans le pays de Galle, il se dit qu’il tient peut-être sa chance. Son travail, tenir compagnie à certains patients, doit même lui laisser du temps libre pour peindre. Mais comme pour Daniel, le mystère et l’étrange vont rapidement le rattraper sur fond de légendes et de féerie.

Un sujet rebattu, une intrigue qui traîne en longueur

Avec ce roman, Elisabeth Hand a décidé de construire une intrigue selon deux axes : le merveilleux s’invitant dans la vie des deux héros (chacun en prenant lentement conscience au fil des événements) et deux intrigues décalées dans le temps qui se répondent. Deux axes pas franchement novateurs mais qui peuvent être de bons points de départ pour un roman. Malheureusement Elisabeth Hand a la mauvaise idée de vouloir en faire un peu trop dans le mystérieux et tarde à appeler un chat un chat. Elle joue avec ce mystère, l’approchant sans cesse, mais refusant obstinément d’éclairer ses deux héros qui peinent à comprendre. C’est d’autant plus lassant que nous lecteurs, on sent rapidement où elle veut en venir. Et plus l’intrigue avance, plus le décalage est grand (notamment lorsque certains personnages veulent « tout expliquer » aux héros et n’expliquent rien, alignant des propos sibyllins et peu clairs, les laissant dans le flou le plus total). C’est agaçant et un rien frustrant car au final, les longueurs s’accumulent et on se perd en chemin en attendant LA grande révélation, malgré un style plutôt correct et une bonne entame de son histoire. Dommage. Le résultat est un peu loupé.

Jérôme Vincent