5022 - La Suite en Egypte
de Trévor Narg
aux éditions Thélès
Genre : SF

Auteurs : Trévor Narg
Date de parution : novembre 2005 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 283
Titre en vo :

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Poétique, beau et vide...

Trevor Narg est dans la vie comme ses romans : un peu brouillon, dispersé mais passionné par tout ce qu’il fait. Depuis l’ingénierie des Travaux Publics jusqu’à l’écriture, en passant par le dépôt de brevets écologiques, il essaie de faire passer les messages qui lui paraissent les plus importants, particulièrement concernant le futur de notre planète et l’impact de l’Homme sur l’éco-système.

Aller-Retour Egyptien

Lucas est envoyé en Egypte par sa supérieure, Lea. Il est chargé d’observer les travaux des scientifiques réunis là-bas pour y observer les phénomènes étranges qui s’y déclenchent, perturbant les communications mais permettant à la vie d’apparaître à nouveau au grand jour.

Après un voyage riche en émotions, il arrive en Afrique et en découvre les beautés, Pyramides, Temples et villes désertées. Il y retrouve Drou, l’ami avec lequel il communique depuis longtemps, cette fois en chair et en os. Ensemble, ils vont vivre passionnément ce bref séjour sur la rive Sud de la Méditerranée.

Etrange Objet !

Ce livre est quelque chose d’à part, une entité qui peut difficilement être comparée à d’autres œuvres littéraires.

Il est parfois des livres qui se démarquent, qui subliment l’intention de l’auteur et portent le lecteur, l’entraînant dans une magie extraordinaire. Souvent, ils deviennent des classiques, révérés et référencés pour longtemps. Ces ouvrages ont tous deux points en commun : tout d’abord, ils sont difficiles d’accès, « se méritent » et demandent un effort pour être appréhendés dans leur globalité. Ensuite, la dernière page refermée, le lecteur a le sentiment d’avoir appris, d’avoir grandi grâce au puissant contenu du texte.

5022 partage avec ce type d’œuvre le premier point. Il est écrit d’une manière spéciale, avec une approche hallucinante de la grammaire et de la ponctuation française. Il est déjà difficile de terminer la première page tant les phrases sont destructurées, mêlées et articulées artificiellement. Toutefois, peu à peu il est possible de s’habituer à cette lecture qui semble nous glisser des crocs-en-jambes à chaque ligne. Au fil du livre le lecteur se prend au jeu de ce rythme décousu, il prend la mesure de la musicalité du texte, de la poésie dégagée, non tant par le contenu et le sens que tout simplement par l’acte de lecture lui-même.

Mais la comparaison s’arrête là. Car, et c’est là où le bât blesse, ce livre est vide. Vide d’histoire, vide de narration, vide de sens...

Trevor Narg semble avoir eu, à l’origine, l’idée de s’attaquer à un sujet grave, important et urgent : l’impact de l’Homme sur sa Planète et les conséquences dramatiques qu’ont ses actes sur la Vie et le fonctionnement de la Terre. Or sur les 283 pages de ce tome, moins d’une dizaine abordent réellement ce point. Le reste se partage entre celles qui décrivent les merveilles de l’Egypte des Pharaons et des scènes de sexe.

Nous glisserons sur le dernière genre, qui manque d’intérêt et devient très vite ennuyeux malgré l’énergie mise par l’auteur dans ses descriptions colorées qui reflètent peut-être une part d’ambivalence dans la personnalité de l’écrivain.

Par contre, il est clair que l’auteur aime l’Egypte, ses habitants et le travail réalisé par les bâtisseurs des anciens temps. Emplis de poésie et de lyrisme, les chapitres dans lesquels Lucas et son amant Drou visitent les vestiges des temps anciens sont magnifiques, magnifiés par l’écriture si particulière de Narg.

Un calque artificiel

A mon humble avis, nous avons ici un livre écrit relativement correctement, mais pour de fausses raisons. Si Trevor Narg s’était contenté de promener ses personnages dans l’Egypte contemporaine et de les faire vibrer aux beautés des pierres et des hommes, il aurait mieux fait.

Le calque de la science-fiction n’apporte rien, il ne fait que brouiller le texte et compliquer inutilement l’histoire. Il est vite clair que, finalement, ce n’est pas le vrai sujet du livre, qu’il n’est là que comme prétexte au travail d’écriture, de support, un peu comme ces traits de crayons sur les croquis que l’on oublie d’effacer une fois les couleurs mises en place.

En tant qu’oeuvre poétique, c’est une réussite. Mais il lui manque tout un aspect narratif, une cohérence qui aurait pu en faire un roman complet.

Jean Rébillat

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