ITW Pierre Gévart
de Pierre Gévart
aux éditions
Genre : SF

Auteurs : Pierre Gévart
Date de parution : décembre 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage :
Titre en vo :

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Si la revue Galaxies poursuit sa route, c’est grâce à cet homme : Pierre Gévart !

Actusf : Commençons par le commencement, Galaxies est mort, vive Galaxies ! Parle nous de cette renaissance. Quelle en est l’histoire ?
Pierre Gévart : La nouvelle, il y a quelques mois, de la disparition annoncée de Galaxies science fiction, l’excellente revue de Stéphanie Nicot, m’avait plongé comme beaucoup d’entre nous dans la tristesse et le manque. Au fil des années, et de ses 41 numéros publiés, Galaxies s’était imposée comme une revue de référence, accessible à la fois au fan et au spécialiste, précieux par le choix des textes publiés (et combien de découvertes nous a-t-il réservées !), par le sérieux et la pertinence des dossiers et des analyses. Et Galaxies science fiction allait disparaître ! Aussi, quand Stéphanie Nicot m’a interrogé, à Nantes, sur ma disponibilité à reprendre la rédaction en chef, et après avoir pris un temps de réflexion, j’ai décidé de lui répondre positivement.

Actusf : Qui es-tu ?
Pierre Gévart : Commençons là aussi par le commencement : je suis né en 1952. Sous mon nom ou sous celui d’Hugo van Gaert, j’ai publié un certain nombre de textes. J’ai eu la chance d’être chargé de l’organisation de la convention nationale française de 2006, et, dans un futur proche, de celle de 2009. J’organise le concours Pépin et le concours « Géante rouge » chaque année. J’ai également, certains le savent, créé et lancé le fanzine Géante rouge, qui en est à son neuvième numéro. J’anime un site personnel (http://page-sf.monsite.orange.fr) Et puis, bien entendu, j’aime la science-fiction, même si je n’aime pas que cela.
 
Actusf : Quel est le nouveau projet ? Quelles sont ses nouveautés ?
Pierre Gévart : Rupture et continuité, identité et différence, fidélité et nouveauté. Mon but n’est ni de continuer sans rien changer, ni de tout bouleverser. Les lecteurs, du moins ceux que j’ai pu discrètement interroger jusqu’ici, ont cette double volonté : retrouver au plus vite leur revue, s’y reconnaître, y reprendre leurs repères, et puis être étonnés, trouver de la nouveauté, explorer d’autres approches. Je vais essayer de résoudre cette équation !
Concrètement, j’envisage des rubriques nouvelles, par exemple sur les revues de SF étrangères, sur le cinéma de SF, etc. Tout cela arrivera petit à petit et prendra sa place au fil des numéros.
 
Actusf : Quels liens y aura-t-il avec l’ancienne version de Galaxies  ? En terme
juridique et en terme d’équipe ?
Pierre Gévart : Juridiquement, Galaxies science fiction a cessé son exploitation, et il n’y aura donc aucun lien juridique. La revue dont le n°1 paraîtra en mai prochain ne sera pas une reprise. Le titre montrera certes qu’il s’agit bien d’un passage de témoin, mais sans plus. Galaxies nouvelle série n°1 ne sera pas Galaxies science-fiction n°43. La structure (associative) ne sera pas la même. Il s’agit bien de commencer une nouvelle aventure.
Quant à l’équipe, les membres de l’équipe dissoute qui le voudront seront les bienvenus, mais il y aura de nouvelles têtes, ce ne sera donc pas la même équipe.

Actusf : Est-ce que ce sera le même format, le même type de sommaire ? Allez-vous reprendre la numérotation ?
Pierre Gévart : Le format sera sensiblement le même. Les collectionneurs pourront sans problème ranger les numéros à côté des anciens, même si la revue prendra un peu d’aise dans sa largeur, sans doute. La mise en page sera nouvelle, nous sommes en phase de mise au point avec une professionnelle de la presse nationale qui met au point un nouvel habillage.
Pour le sommaire, et s’il ne s’agit pas de reprendre de manière déguisée l’ancien Galaxies, il ne s’agit pas non plus, par principe, de faire systématiquement autre chose. Stéphanie Nicot, dans le N°42 de sa revue m’avait gentiment chambré sur le modèle adopté pour Géante rouge, avec des nouvelles, un dossier auteur, et une partie éditoriale. Il est vrai que la formule est efficace, et que telle sera la structure de base de Galaxies nouvelle série. Mais comme tout le reste c’est une formule qui peut évoluer avec le temps. Je ne veux pas m’enfermer dans un cadre figé !
Pour la numérotation, je pense avoir été clair : le numéro de la revue qui paraîtra en mai prochain sera bien le numéro 1 d’une nouvelle série !

Actusf : Quelle sera la ligne éditoriale ?
Pierre Gévart : Il y a d’abord une chose que je veux dire : Galaxies nouvelle série ne sera pas un Géante rouge aménagé, ou une mutation de Géante rouge. Géante rouge est un fanzine, et correspond à un créneau précis. Si l’exigence de qualité y est aussi présente, il est là pour donner à de jeunes auteurs un espace, ce que ne peut faire une revue plus professionnelle. En ce domaine aussi, les choses seront claires : dès le prochain numéro de Géante rouge apparaîtra le nom d’un rédacteur en chef délégué, fredgev, qui deviendra le rédacteur en chef à plein dès le n°11, qui paraîtra en juin 2008. Je ne dirigerai pas les deux revues en parallèle, et me consacrerai à plein à Galaxies nouvelle série.
Ma volonté, mais ce n’est là rien de nouveau, sera de donner à lire des textes de qualité, d’offrir des dossiers et des rubriques permettant de prendre du recul par rapport à l’actualité, tout en restant ancré dans cette actualité, et puis bien sûr de revenir aussi sur des écrivains consacrés. Les premiers numéros le montreront, avec un dossier sur Reynolds (n°1), sur le retour du Space opera (n°2), sur Mauméjean (n°3), sur Vonarburg (n°4), et d’autres encore. Les idées ne manquent pas !

Actusf : Qu’en est-il des abonnements ? Les anciens abonnés recevront-ils Galaxies nouvelle version ?
Pierre Gévart : Juridiquement, Galaxies nouvelle série n’est en rien lié par les engagements pris par Galaxies science fiction. Pourtant, et grâce à la souscription volontaire en cours, tous les abonnés à Galaxies science-fiction dont l’abonnement n’était pas terminé bénéficieront, sur leur demande, d’un service d’abonnement complémentaire de Galaxies nouvelle série à concurrence des numéros qui leur restaient à recevoir. Rien ne nous y oblige, sinon la volonté d’aller jusqu’au bout de ce passage de témoin. Et nous le ferons.
 
Actusf : Stéphanie Nicot aura-t-elle un rôle dans la nouvelle version ?
Pierre Gévart : En d’autres termes, est-ce que je suis un homme de paille ? Ceux qui me connaissent savent ce qu’il en est ! Non, les choses sont bien claires, et Stéphanie l’a annoncé dans son interview : elle a d’autres projets, d’autres envies, et si je n’exclus pas sa participation occasionnelle, comme la prise en charge d’un dossier en 2009, car nous nous entendons plutôt bien, il s’agit réellement d’un passage de témoin.
Dans un passage de témoin, il faut un preneur, et je suis celui là : la course sera ma course, un passeur, et Stéphanie est celle-là, et surtout une parfaite entente entre les deux, et nous avons celle-là aussi.

Actusf : Vous avez lancé une souscription pour une nouvelle équipe de "fondateurs". Quel est l’accueil et as-tu aujourd’hui réunis les 50 donateurs pour relancer la revue ?
Pierre Gévart : C’est surtout Stéphanie qui a lancé cette souscription, en souscrivant elle-même. Et bien entendu, je souscris également. Mais nous ne sommes pas les seuls. Alors que mon nom n’était pas encore connu, nous avons déjà reçu plus de trente engagements. Je pense qu’il ne sera pas très difficile de réunir les vingt autres. La chose est dite : Galaxies va reparaître !

Actusf : Quel est ton sentiment ? Heureux de cette reprise ? Prêt à partir pour douze
ans ?
Pierre Gévart : Douze ans, Stéphanie l’a dit, c’est peut-être un peu long. Mais nous n’en sommes pas là. Pour le moment, oui, je suis heureux. Même si cela me force à quitter un peu plus tôt que prévu d’autres travaux, même si je me doute bien que ce n’est pas ainsi que je vais rattraper tout mon retard d’écriture personnelle. Mais heureux.
Impressionné aussi. Galaxies, ce n’est pas rien. Je mesure aujourd’hui la responsabilité qui pèse sur mes épaules. Elle est à la mesure des attentes, de l’œuvre déjà accomplie, de tout ce qui est à bâtir. C’est assez exaltant aussi, comme tout défi. Et c’est un défi, un vrai et beau défi. Je remercie encore Stéphanie Nicot de me l’avoir lancé !

Jérôme Vincent