aux éditions Denoël ,
collection Lunes d’Encre
Sous-genres :
- SF
Auteurs :
Ray Bradbury
Couverture :
Sparth
Date de parution : novembre 2007
Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 752
Titre en vo : Fahrenheit 451 - The Martian Chronicles - The Golden Apples of the Sun
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Réédition conjointe de trois grandes œuvres de Bradbury, après plus de cinquante ans
C’est donc avec une appréhension certaine qu’on ouvrira ce gros volume de 740 pages, composé par Denoël, pour regrouper Fahrenheit 451, Les Chroniques martiennes et Les Pommes d’or du soleil. Ces trois chefs-d’œuvre du maître auront-ils, eux, résisté au passage du temps ?
Trois ouvrages juxtaposés
Sont réunis sous la même couverture, trois ouvrages disponibles séparément par ailleurs.
Fahrenheit 451, paru initialement en 1953, est précédé de la « préface à l’édition du cinquantième anniversaire ». L’auteur y expose les conditions d’écriture de ce qui devait devenir son grand roman, ainsi que les raisons pour lesquelles il ne l’a jamais retravaillé.
L’histoire, moins scientifique que ce que peut laisser supposer son titre, est celle de Guy Montag, pompier. Sa mission, à une époque où lire est un délit, est de brûler les livres et les maisons qui les contiennent. Suite à sa rencontre avec Clarisse, une jeune voisine aux habitudes étranges, il commence à s’interroger sur le bonheur, sur sa fonction et sur la littérature.
Viennent ensuite Les Chroniques martiennes (première publication en 1951).
Entre roman et recueil de nouvelles, ce livre raconte la conquête, la colonisation, puis la destruction de Mars par les hommes. Les récits, courts, décrivent une planète rouge physiquement impossible mais à laquelle on adhère, tant sont réalistes et crédibles les faits humains qui s’y déroulent.
Les Pommes d’or du soleil, nouvelles rassemblées sous ce titre en 1953, se cueillent sans quitter des pieds le plancher des vaches. Parfois teintées de fantastique, d’autres fois situées dans le futur, elles ont, le plus souvent, pour théâtre, l’Amérique des années 40-50 avec ses habitants ordinaires.
Des thématiques transversales
Quelques thèmes ressortent par le jeu du dialogue entre les textes ainsi accolés.
Le feu, bien sûr, élément pour lequel la fascination de Bradbury ne fait aucun doute, n’est plus regardé de la même façon après la lecture de Fahrenheit 451. Là, puissance de destruction, ailleurs, énergie de création ou métaphore de l’amour, il brûle toujours avec un éclat magique.
La liberté d’échapper à la technique (télécommunication, domotique, autoroutes) et à l’enfermement dans le monde des adultes revient aussi, assez régulièrement, comme un refrain, comme un avertissement : « ne pas oublier d’être libre ».
Mais l’épine dorsale de ce livre est constituée par les rapports humains. Préjugés, différences, entre les hommes et les martiens, les hommes et les femmes, les blancs et les noirs, les bons citoyens et les autres, les fous et les normaux... et surtout, autant de tentatives de communication entre les deux univers ainsi délimités que de récits.
Compte tenu de l’universalité des questions abordées dans ces textes, on réalise qu’ils ne seront périmés que lorsque le feu aura disparu et que l’humanité aura accédé à la paix et à l’entente.
En conclusion
On ne lit pas Bradbury de la même façon à douze ans, qu’à trente ans ; une évidence qui méritait bien d’être soulignée. D’autre part, en raison des thèmes éternels des textes considérés, de la poésie et du caractère hautement métaphorique de l’écriture de Ray Badbury, Fahrenheit 451, Les Chroniques martiennes, Les Pommes d’or du soleil, souffrent la lecture, la relecture et procurent au lecteur un plaisir intact.
Pas d’hésitations. Bradbury reste un auteur d’actualité à redécouvrir et à faire découvrir à ceux qui seraient passés à côté.






