La Nébuleuse d’Andromède
( 1 )
de Ivan Efremov et Pierre Gévart
aux éditions Eons ,
collection Futurs
Genre : SF

Auteurs : Ivan Efremov , Pierre Gévart
Date de parution : mai 2005 Inédit
Langue d'origine : Russe
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 372
Titre en vo : Tumannosti Andromedy
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : janvier 1957

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Il était une fois un communisme triomphant...

Ivan Antonovitch Efremov (1907-1972) a été paléontologue spécialiste des dinosaures, mais également écrivain. Il a publié plusieurs récits de voyage sur ses fouilles paléontologiques, ainsi que plusieurs nouvelles d’anticipation politique, un roman d’aventure (La Lame du Rasoir), des romans historiques, et plusieurs romans de science-fiction : la description d’une utopie communiste, La Nébuleuse d’Andromède (1957), et son pendant, L’Heure du Taureau (1969), ainsi qu’un roman d’aventure (Aux confins de l’oecumène, 1949). La Nébuleuse d’Andromède avait déjà été publiée en francais, par des éditions russes, puis inaugurant en 1970 la collection Chefs d’oeuvres de la S.-F. des éditions Rencontres.

Cette nouvelle édition du roman est suivie d’une sympathique nouvelle de Pierre Gévart, Milioukov à la Loubianka (2005), où un auteur de science-fiction dans une Union Soviétique parallèle a imaginé et décrit notre réalité, et doit affronter la censure...

La vie est belle...

Le vaisseau spatial d’exploration au long cours Tantra attend son vaisseau ravitailleur, l’Algrab, qui devait lui amener l’anaméson nécessaire pour son voyage de retour. Mais l’attente se prolonge, et l’Algrab ne vient pas. Tenter le voyage vers la Terre, oui, mais les chances d’y parvenir sont bien faibles avec le carburant restant, et cela, en supposant que tout se passe pour le mieux. Erg Noor, le capitaine, décide cependant de tenter sa chance...

Sur Terre, tout va pour le mieux. L’humanité a atteint l’âge de raison, pourvoyant au bonheur de tous. Atteindre de nouveaux buts scientifiques, techniques ou physiques est devenu seul véritable objectif de la population, mais l’atmosphère de compétition, d’aggressivité a disparu. Et la Terre est entrée en contact avec des civilisation extra-terrestres par le biais de l’Anneau, un vaste réseau de communications où chaque message prend des années et nécessite une énergie colossale. Le directeur des stations externes (responsable des communications par l’Anneau, entre autres) Dar Véter s’apprête avec soulagement à céder sa place à Mven Mas. Il va pouvoir se consacrer à d’autres tâches, et à son amour pour la belle historienne Véda Kong. Mais Mven Mas poursuit un rêve qui va l’emmener plus loin que même lui ne l’aurait imaginé...

Un classique, mais qui fait bien son âge...

La première publication de ce roman remonte à 1957, et ca se voit. Les descriptions techniques, que ce soit en biologie ou en physique, sont irrémédiablement datées, et le mot parsec (la distance Terre/Soleil, qui n’a pas grand usage hors du système solaire, étant trop petite) est employé de manière récurrente pour désigner une unité nettement plus grande (mais il est possible qu’il s’agisse d’une erreur de traduction ?). Surtout, l’auteur décrit avec enthousiasme (ce roman date du début de l’âge d’or de la science-fiction soviétique -1956-1968-, une période où l’illusion d’une réussite totale du système n’avait pas encore été entachée par trop de révélations désagréables...) sa vision originale d’une utopie communiste ayant presque atteint la perfection (il reste cependant suffisemment à découvrir et à atteindre pour que les hommes puissent tendre vers quelque chose d’encore meilleur), où le bonheur est atteint par le travail, où tous sont beaux, sportifs, et parfaitement formés sur le plan mental également, une société parfaitement égalitaire et responsable qui va beaucoup plus loin dans l’application de l’idéal communiste que les implémentations de l’époque soviétique. Un triomphe total de l’homme, qui modifie la nature selon ses besoins, et élimine totalement tous les détails gênants comme parasites et prédateurs... Une telle foi dans la nature humaine est parfaitement louable, mais le lecteur ne peut que se demander ce que deviennent les gens qui ne rentrent pas dans ce cadre, et les très courts aperçus de leur sort sont loin d’être rassurants, bien que Ivan Efremov se montre remarquablement évasif sur ces points, ce qu’il corrigera partiellement dans L’Heure du Taureau.

Une étrange poésie se dégage par moments du récit, et en particulier des descriptions des petits instants de la vie de tous les jours, et vient contrebalancer l’excès d’enthousiasme et d’optimisme qui imprègne le récit. Une curiosité, mais le genre de curiosité indispensable à tous les amateurs de vieux romans d’anticipation politique, et qui serait probablement avantageusement complétée par la lecture du très différent L’Heure du Taureau...

Magda Dorner

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1 Message

  • La Nébuleuse d’Andromède 10 janvier 2010 12:38, par Benoît ’Mutos’ ROBIN

    Bonjour,

    Très bonne analyse sur le fond. Ce roman est d’un optimisme fou sur la nature humaine, tempéré vers la fin. Il utilise beaucoup de symbolisme communisme, peut-être trop explicite, mais c’est l’esprit de l’époque.

    Dans quelle mesure est-il sincère ou Efremov est-il passé sous les fourches caudines du régime pour pouvoir publier ses idées serait une question intéressante...

    Juste une petite erreur sur le parsec, qui vaut environ 4 années-lumière et qu’Efremov utilise judicieusement ^-^

    Roman réédité en 1970 dans la collection "Chefs d’œuvre de la Science-Fiction" des Éditions Rencontre, et qui a tout à fait la place dans ce panthéon de la SF !

    @+

    Benoît ’Mutos’ ROBIN

    Projet Hoshikaze 2250

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