aux éditions Denoël ,
collection Présence du Futur
Auteurs :
Algernon Blackwood
Couverture :
J.J. Boyer
Traduction :
Jacques Parsons
Date de parution : 1975
Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 192
Titre en vo : The Camp of the Dog
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Trois explorations des territoires de l’occulte
Dans la nature, le surnaturel revient souvent au galop
Dès la première nouvelle, Algernon Blackwood nous entraîne dans une étrange histoire mettant en jeu ses croyances concernant la métempsychose. Jones, modeste secrétaire dans une compagnie d’assurances, se souvient de ses vies antérieures. Un spectre issu de son passé le contacte pour l’inciter à se venger de la réincarnation d’un des anciens ennemis de l’employé. Avec Le Camp du chien, la novella qui donne son titre au recueil, nous découvrons le docteur John Silence, détective spécialisé dans les sciences occultes et doué d’étranges pouvoirs psychiques, dans la lignée de Carnacky et Harry Dickson, un personnage que l’auteur utilise dans un certain nombre de nouvelles. Il aura ici affaire à un animal nocturne qui semble être l’expression de forces surnaturelles difficilement contrôlables. Dans La Vallée perdue, deux médecins, frères jumeaux, découvrent que certaines légendes puisent parfois leur source dans le monde réel. Un séjour dans le Jura consacré à l’étude et la collecte des contes folkloriques locaux leur en apportera tragiquement la preuve.
Algernon Blackwood, gentleman extraordinaire
Fasciné par l’occultisme et les mystères au point d’avoir fait partie, comme d’autres auteurs fantastiques de l’époque (Gustav Meyrinck, Arthur Machen, Bram Stocker...) de la loge magique et controversée de la Golden Dawn, Algernon Blackwood ne pouvait que refléter dans ses récits l’expérience qu’il avait acquise dans ce domaine. Le corps astral, la réincarnation, la matérialisation d’un supposé fluide psychique sont les moteurs de ses nouvelles et il faut bien reconnaître que seul un conteur aussi talentueux que Sir Blackwood avait une chance de suspendre, au moins partiellement, l’incrédulité d’un lecteur moderne pétri de scepticisme.
Le goût prononcé de l’auteur pour la nature, la vie en plein air et les baignades dans les eaux glacées de la mer Baltique est un autre motif récurent. Pour Algernon Blackwood, le surnaturel n’est en effet que l’expression particulière des forces de la nature. Sur trois nouvelles, deux mettent en scène des campeurs et des sites naturels à la fois magnifiques et générateurs d’angoisse, ce que confirmera la lecture des trois autres recueils parus dans la même collection, Élève de quatrième... dimension, Migrations et Le Wendigo, tous aussi recommandables que Le Camp du chien.
Ces trois longs récits possèdent en commun une ambiance singulière, ésotérique, qui s’installe lentement pour culminer dans les dernières pages. A l’instar de ceux de Lovecraft, un de ses plus fervents admirateurs, les récits d’Algernon Blackwood sont marqués par la croyance en l’existence d’un niveau de perception du réel seulement accessible à une élite d’individus particulièrement sensibles et, comme chez le Maître de Providence, le rêve se mêle parfois de manière inextricable à la réalité. Les lecteurs qui apprécient les récits fantastiques d’Edgar Poe ou d’Arthur Conan Doyle ne manqueront certainement pas d’ajouter Algernon Blackwood à leur panthéon personnel, si ce n’est déjà fait.






