Dimension Russie
de Viktoriya Lajoye et Patrice Lajoye
aux éditions Black Coat Press ,
collection Rivière Blanche
Genre : SF
Couverture : Vladimir Bondar
Anthologiste : Viktoriya Lajoye
Date de parution : avril 2010 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Anthologie
Nombre de pages : 288
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Une excellente anthologie

Victoriya Lajoye est traductrice, passionnée de littérature. Patrice est docteur en histoire des religions comparées et travaille au CNRS. Ils tiennent également un blog (http://russkayafantastika.hautetfor...) où ils donnent régulièrement des informations sur la littérature russe de fantastique et de science-fiction. Dimension Russie fait suite à Dimension URSS et vient compléter cette précédente anthologie, toutes deux offrant un bon panorama de la SF locale.
 
Un panel complet

Cette anthologie propose des textes variés, qui permettent de découvrir un pan de la littérature russe assez méconnu au final, même si nous avons eu la chance en France d’avoir eu des publications hors collections spécialisées. Une préface et une introduction (bien qu’un peu trop courtes peut-être) permettent de se faire une idée de la SF russe tout en faisant le point sur les publications en France.

Le tout est complété par un dictionnaire des auteurs, accompagné d’illustrations des revues dans lesquelles ils ont été publiés.

Des textes à la frontière

La plus grande partie des textes présentés témoignent un imaginaire riche et foisonnant, et se situent à la frontière des genres : quelques textes de science-fiction côtoient des récits qui lorgnent davantage vers le fantastique ou qui s’affranchissent des limites imposés aux genres. Le motif récurrent de ces textes étant la solitude, avec des récits qui ne s’éloignent jamais totalement du présent.

Parmi les textes à retenir, on notera Le Rayon vert de Pavel Amnouel, qui ne prend pas la Russie pour cadre, mais dont l’idée ingénieuse est traitée de manière très humaine… à la fois hommage à l’un des auteurs classiques de l’âge d’or, et une très belle histoire sur la perte et la façon d’y réagir. Les textes de Henry Lion Oldie (Relève-toi Lazar et Viens me voir dans ma solitude) sont étranges et décalés : empreints d’une atmosphère toute particulière, ils développent le thème de la solitude avec beaucoup de justesse.

On soulignera aussi un très bon texte de SF, La Sirène de Sergueï Pali, un récit très ironique et empreint de cynisme qui reprend de manière astucieuse le mythe de la sirène. Le Papillon et le Basilic de Iouli Bourkine vient conclure ce recueil dans un texte qui condense un peu tous les autres : des histoires à la frontière des genres, à l’imaginaire riche, mais qui n’oublient pas de traiter de problèmes actuels, dans des récits qui donnent toute leur place à l’homme et à ses contradictions.

Parmi les textes moins bons, il n’y a guère que Le Jeune Communiste de Mordovie, Sous-Marin Jaune, de Andreï Lazartchouk et Mikhaïl Ouspenski, dont l’idée de départ est bonne mais qui manque de dynamisme et dont le texte a tendance à traîner en longueur. Nul doute cependant que les amateurs des Beatles sauront l’apprécier à sa juste valeur.

On se trouve devant une anthologie solide, dont les choix de textes sont pertinents, et répondent à une démarche expliquée de manière claire dans l’introduction. Une excellente anthologie aux textes variés qui permet d’appréhender un pan assez méconnu de la littérature russe !

Tony Sanchez

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