Cytheriae
de Charlotte Bousquet
aux éditions Mnémos ,
collection Icares
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Fantastique
  • Horreur
  • Roman noir
  • Thriller

Auteurs : Charlotte Bousquet
Couverture : Elvire de Cock
Date de parution : mai 2010 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 298
Titre en vo :


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Qui sont réellement les monstres ?

Charlotte Bousquet, philosophe et passionnée par l’Imaginaire, a déjà plusieurs publications à son actif, tant pour la jeunesse qu’en littérature adulte, sous forme de nouvelles ou de romans. Son thème favori est la femme, particulièrement dans ses forces, ses faiblesses et ses fêlures. Avec Cytheriae, elle nous propose une nouvelle visite du monde déjà parcouru dans Arachnae.
 
 

 

 

Fin de ville

 


 

Cytheriae est une cité construite sur une lagune. Elle est vieille, minée autant par les eaux que par les hommes et leurs pires penchants. Dans ses palais abandonnés, le long de ses canaux sales et de ses ruelles borgnes traînent des monstres de tous types, humains ou démons. L’un d’eux, un hybride, est enfermé dans un labyrinthe et reçoit en pâture les condamnés à mort.

 

Dans le Sestier de Metida, la vie s’écoule lentement. Bien que souvent sordide, l’existence de chacun lui est chère, tout comme celle de ses amis. Quand d’étranges meurtres commencent à être perpétrés, plusieurs personnes s’en préoccupent, chacune à sa manière. Autant Polissena la policière qu’Angelo le nécromancien ou Orseo le chroniqueur cherchent à comprendre.

 

Dans une ville à l’abandon, où chacun tente de survivre, le mystère et l’horreur rôdent. Nolo, écrivaine publique, est peut-être la clé d’au moins une partie de la solution. Mais elle porte sur elle et dans son esprit les cicatrices d’un terrible passé. Peut-elle encore supporter cette charge après ce qu’elle a déjà enduré ?

 

 

 

Vous avez dit noir ?

 

 

 

Charlotte Bousquet a un don pour peindre les décors dans lesquels évoluent ses personnages, avec une nette préférence pour l’horreur quotidienne. Arachnae dessinait une ville corrompue et pervertie, Cytheriae nous évoque un quartier d’une Venise lugubre qui sombre dans les eaux et la folie avec la même inéluctable lenteur. En lisant, nous avons l’impression de marcher sur les pavés usés, d’entrer dans les vieilles cours en ruines ou de sentir la pestilence des canaux. De voir s’animer tout le Sestier et d’en sentir les souffrances. Tout un univers d’un gris si sombre qu’il en devient obscurité.

 

Ce qui éclaire l’histoire dans ces textes, ce sont les sentiments. Chaque personnage du roman a été ciselé, façonné par l’auteure pour laisser chacune de ses facettes apparaître à un moment où un autre. Même les pires monstres ont des désirs qui les embellissent, alors qu’aucune âme, aussi pure soit-elle, ne peut cacher sa part d’ombre, ses haines, ses envies ou ses souvenirs. Putes, maquereaux, gardes et coiffeurs vivent et rêvent pour nous. Et parfois meurent...

 

Une ambiance, des personnages... et une histoire. Car Cytheriae est aussi un polar. Une enquête criminelle complexe dans un écrin de pierre moussue, une recherche de la vérité qui par moment dérape et dérive vers d’autres questions sur la vie, l’amour... ainsi que d’autres éléments du monde que l’auteure a imaginé.

 

L’Archipel des Numinés, dans lequel se situent Arachnae et Cytheriae, est triste, gris, parfois démoralisant. Mais chaque fois c’est l’homme - ou plus souvent la femme - qui remonte le moral du lecteur. Il y a de l’espoir, toujours, une possibilité de bonheur, même éphémère, quelle que soit la profondeur de la déchéance, quel que soit le désespoir.

 

 

 

Une suite est prévue, continuant l’enquête menée dans ce très bon volume.

Jean Rébillat

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