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11 minutes en septembre

Sylvie Miller (Traducteur), Dominic Harman (Illustrateur de couverture), Brian Hopkins ( Auteur), Laurent Bourdier (Traducteur)
Langue d'origine : Anglais UK
Aux éditions : 
Date de parution : 28/02/2006  -  livre
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11 minutes en septembre

Brian Hopkins vous connaissez ? Non ? C’est normal. Malgré ses quatre Bram Stocker Award et ses sélections pour le Nebula, il n’a été qu’assez peu traduit en France. Seulement trois nouvelles depuis 2000 dans Ténèbres et Faeries. C’est peu pour cet américain né en 1960 et qui tisse des histoires fantastiques talentueuses et touchantes. C’est donc avec un vrai plaisir que l’on voit arriver un premier recueil dans l’Hexagone : 11 minutes en septembre.

La mort, préoccupation majeure

La mort est une préoccupation majeure pour Brian Hopkins. Mais pas pour l’effroi qu’elle peut susciter, plutôt pour la curiosité, le passage vers un autre monde et surtout pour la délivrance. Trois des huit nouvelles présentes dans le recueil se réfèrent au cycle des Observateurs. Un cycle qui met en scène des anges chargés d’observer la mort des humains pour témoigner à ceux de « là haut ». Un travail pénible et émouvant pour des anges souvent profondément touchés par la détresse des mourants mais qui ont pour consigne de ne pas intervenir... même si parfois, ils ne peuvent s’en empêcher. La nouvelle la plus marquante est sans doute celle de Cinq jour en avril, dans laquelle Brian Hopkins nous emmène sur le lieu de l’attentat d’Oklahoma City en 1995 avec l’étrange dialogue qui se noue entre une secouriste et un de ces Observateurs.Avec ces textes, il se place sous le signe de la sensibilité et de l’émotion. Brian Hopkins ne cherche pas à faire peur, plutôt à s’approcher du mystère de la mort et à toucher au lecteur. C’est une mission réussie pour ces trois nouvelles mais également dans les autres. Au Nord nous raconte l’effroyable balade d’un enfant aveugle et de son père dans une forêt en hiver. Avec Je marche au milieu des vivants (sans doute le meilleur texte) il nous emmène dans la section des comas dans un hôpital avec un malade qui reprend conscience sous une forme immatérielle. Et avec l’éternel Mascarade, il nous parle avec tact de la pédophilie et des ravages psychologiques qui durent bien des années plus tard.

Un grand auteur

La micro-édition (des livres tirés à quelques dizaines d’exemplaires) est aujourd’hui un secteur en plein développement (Dreampress, Eons, Rivière Blanche...). Un secteur qui permet de découvrir des livres et des auteurs que d’autres maisons d’éditions n’auraient sans doute pas pris le risque d’éditer. C’est le cas avec Brian Hopkins. Avec trois nouvelles seulement traduites jusqu’ici en français, on imagine mal qui aurait pris le risque de publier un de ses recueils chez nous. Dreampress le fait grâce à sa structure et c’est tant mieux. Les lecteurs assez curieux pour commander cet ouvrage ne seront pas déçus. Car Brian Hopkins a une vraie plume et une vraie sensibilité qui touchent direct au cœur. Les thèmes qu’ils développent sont passionnants. On aime la tendresse dont il entoure ses personnages et la douceur avec laquelle il s’approche avec respect et émotion de la mort. Et on espère que ce recueil donnera quelques idées à d’autres éditeurs et que l’on pourra à l’avenir lire d’autres romans et d’autres nouvelles en français de Brian Hopkins.

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