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1981-1987 - Voile vers Byzance

Langue d'origine : Anglais US
Aux éditions : 
Date de parution : 31/12/2005  -  livre
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1981-1987 - Voile vers Byzance

A mesure que se l'on suit le cours de ces nouvelles et que l'on avance sur Le Fil du Temps, l'exhaustivité tend à devenir le règle. Et tout d'abord on le regrette un peu.

Le retour de Silverberg


En 1981 Robert Silverberg n'est plus le prolixe mercenaire des années 60, capable d'accoucher avec une écœurante facilité de quatre histoires par semaine. Il a 47 ans, et il n'y a guère que deux ans, qu'après une retraite de six années, il a signé son retour par une première salve de nouvelles et un roman devenu depuis un classique : Le Château de Lord Valentin. Un succès éditorial qui semble avoir fait évoluer sa fiction vers des créations moins échevelées, au style plus directement accessible, et qu'il destine à quelques magazines de luxe qui "payent bien". C'est ainsi que les premiers récits qui ouvrent ce troisième volume de Nouvelles au fil du temps, ont presque tous été publiés dans Playboy, ou dans Omni. Hors romans, ils constituent la quasi-intégralité de la production de Robert Silverberg pour les années 81 et 82. Une production très mainstream et résolument tournée vers des thèmes faciles, capables de séduire un lectorat de yuppies bon teint. Onze nouvelles, sur des personnages en crise de quarantaine qui larguent les amarres pour tenter de se retrouver, et qui vont, bien entendu, se perdre un peu plus. Une série de textes finalement très en phase avec l'époque et qui se nourrissent aux deux mamelles de ces "années fric": superficialité et solipsisme.

Pastiches

Voilà pourquoi Le Chemin du retour nous cueille un peu à froid. C'est l'un de ces pastiches dont Robert Silverberg garde le secret jaloux : un sujet totalement improbable, mais porté par un style d'une déroutante élégance. Histoire de homards géants qui embraye sur une longue suite de nouvelles de très haute tenue. Multiples et sa réflexion sur la normalité, la belle histoire d'amour de Serpent et océan, océan et serpent, le très "50's" Symbiote et surtout l'envoûtante Voile vers Byzance, la magnifique novella qui donne son titre au présent volume. On y retrouve aussi quelques-unes des nouvelles les plus réussies qui avait été rassemblées dans Le Nez de Cléopâtre et dans Les Eléphants d'Hannibal, comme Basileus, ou Hardware.

"Il y perd sans doute en fraîcheur ce qu'il y gagne en maestria"

Bien entendu, chaque texte est toujours accompagné des commentaires du maître, plus cyniques que jamais. Il n'est plus seulement un auteur culte, il est maintenant un écrivain de best sellers, et l'on sent qu'il ne fait pas de manière pour s'adapter à son nouveau statut. Après tout n'a-t-il pas toujours dit qu'il était un professionnel ? Et il y perd sans doute en fraîcheur ce qu'il y gagne en maestria. Ainsi la nouvelle devient tour à tour pour lui un moyen facile de gagner sa vie, ou bien un exutoire à ses affres d'auteur à succès. C'est là qu'il livre le meilleur de lui-même. Ce meilleur que l'on retrouve sur plus des deux tiers de ce troisième volume des Nouvelles au fil du temps, dernier ouvrage faut-il le signaler encore - sur lequel aura travaillé son ami, le regretté Jacques Chambon.

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